«Je ne pense pas que le fait d’être Américaine ait quelque chose à voir. Cela n’a rien à voir avec la situation actuelle entre Français et Américains.
Parfois, les gens veulent simplement que l’outsider gagne. Mais ce n’est pas la faute du public si j’ai perdu », a avoué honnêtement la cadette des sœurs Williams, 21 ans, retenant difficilement ses larmes, après que ses attitudes eurent dressé contre elle le difficile public parisien toujours prêt à soutenir David contre Goliath.
Même si sportivement elle a reconnu que la victoire de la Belge est méritée – « Je n’ai pas fait un grand et beau match » –, la tenante du titre a affirmé que « c’est vraiment dur d’arriver en demi-finale et de devoir affronter un public hostile ».
Cette hostilité, exacerbée par un visage fermé par la concentration, remonte à l’année dernière lors d’une finale remportée contre sa sœur aînée Venus.
Un certain nombre d’observateurs avait alors soupçonné Richard, le père des deux joueuses, d’avoir décidé du sort de la rencontre.
Jeudi, le public parisien, qui comporte désormais beaucoup plus d’invités à un spectacle par des sociétés au lieu des traditionnels amateurs de sport, lui pardonnait difficilement d’avoir humilié en quarts de finale Amélie Mauresmo.
La Française fondait en effet beaucoup d’espoirs de brandir cette année le trophée du vainqueur, 20 ans après Yannick Noah, premier succès d’une période faste pour le sport français.
Cette cruelle défaite va faire réfléchir Serena sur la façon « d’être un peu plus forte la prochaine fois ». « Je n’ai pas besoin d’un psy, c’est une certitude. Il faut toujours être prête à tout. Je ne l’étais pas aujourd’hui », a-t-elle analysé avec justesse.
« Le tennis est ma priorité. Cela n’a pas changé. Je dois juste travailler quelques petites choses », a conclu celle qui reste pour le moment numéro un mondial, ajoutant avoir hâte de retrouver Wimbledon – où le public ne siffle pas, surtout avant les services – pour oublier son mauvais rêve parisien.


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