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L’enfer de la drogue: «The 51st State» Sortie-catastrophe: «Below»(PHOTOS)

De retour au Liban, Dyma Demirdjian s’occupe de «Heaven», un film de Tom Tykwer qui semble l’avoir transportée au septième ciel. Autre nouvelle sortie: «The 51st State», de Ronny Yu, sans doute entièrement filmé sous l’emprise de la drogue. Sortie en catastrophe pour «Below», de David Twohy, parce que le film (qui n’était pas prévu) n’a pu être projeté pour la presse: nous y reviendrons (en principe) la semaine prochaine (détail: «Below» montre justement une catastrophe – en mer).
Sortie reportée pour «Anger Management», de Peter Segal: ce film – interprété par Jack Nicholson et Adam Sandler – est la seule nouveauté prévue pour le jeudi 12/6 (sauf surprise pas impossible!). Une «traversée du désert» normale pour la saison chaude?

Vol au-dessus d’un nuage

Heaven,
de Tom Tykwer

Le réalisateur polonais Kieslowski – auquel nous devons notamment Bleu, blanc, rouge – s’était lancé dans l’écriture d’une nouvelle trilogie: Le ciel, L’enfer, Le purgatoire, avant de décéder, en 1996. Heaven est le premier volet, réalisé par Tykwer, et qui s’inspire donc d’un scénario posthume. Philippa (Cate Blanchett) décide de se venger d’un trafiquant de drogue qui aurait «tué» son mari. Des innocents payeront pour son acte, faisant d’elle un bourreau anéanti par la culpabilité. Mais sa rencontre avec l’officier Filippo (Giovanni Ribisi) la transportera dans un monde riche en émotion et en spiritualité.
Heaven est un mélange de genres: il est à la fois film à suspense et histoire d’amour. Attention, dans «histoire d’amour», il ne faut surtout pas penser «fleur bleue», mais plutôt sacrifice de soi, pardon, quête d’idéal et de pureté. Les personnages principaux sont profondément unis par ces thèmes jusqu’à devenir une seule et même personne (prénom similaire, pureté du visage, physique androgyne). Le film avance, l’histoire meurt et laisse place à une poésie qui pourrait s’intituler «amour et spiritualité». Le réalisateur voit l’amour comme «un concept auquel on peut s’accrocher, une zone dans laquelle on peut rentrer, où l’on peut trouver la rédemption et où même les âmes perdues se libèrent». Ces thèmes abstraits, qui explosent à l’écran comme une évidence, sont reflétés par le caractère quasi intemporel des paysages époustouflants de la Toscane. C’est un paradis dans lequel nos héros habitent. Paradis qui n’est d’ailleurs pas terrestre mais plutôt céleste. Les somptueuses envolées de caméra rythment le film et nous tirent inévitablement vers les sommets. Les acteurs (Blanchett et Ribisi), exceptionnels, évoluent avec grâce et légèreté dans ce jardin d’Éden, et réussissent à nous emporter avec eux.

CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, ZOUK

Le kilt et la drogue

The 51st State,
de Ronny Yu

Complètement déjanté. Ahurissant et tordu. À croire que toute l’équipe du film était sous l’emprise de la drogue pendant le tournage. Attention: The 51st State ne fait nullement l’apologie des paradis artificiels (le spectacle qu’on tente de suivre sur l’écran n’y incite guère!). D’ailleurs les pilules multicolores qu’on manipule en cours de film et qu’on distribue en final à vastes poignées ne sont que des placebos. Disons que si vous étiez tenté d’expérimenter une drogue – n’importe laquelle – l’expérience du film pourrait vous suffire: on en sort vaguement déboussolé, comme ayant perdu tout contact avec le réel (et, après tout, cela ne coûte que le prix d’un billet de cinéma).
Premier mystère du film, en forme de surprise (ou l’inverse): Elmo, le chimiste (!) trafiquant de drogue, anti-héros du film, arrive à Liverpool arborant un kilt écossais. Comme il s’agit de Samuel L. Jackson, acteur noir, la tenue fait encore plus bizarre. En tout cas, le personnage (déjà outré) que jouait le même Jackson aux côtés de John Travolta, dans Pulp Fiction, de Quentin Tarantino (en 94), apparaît, par comparaison, quasiment angélique. Impossible de résumer l’intrigue-passe-partout du film de Ronny Yu (cinéaste de Hong Kong). On renonce à savoir qui veut tuer qui et pourquoi, les dialogues sont scatologiques et le tout à l’avenant. Au passage, on relève des méchancetés anti-cuisine-anglaise (entre autres) qui ont dû amuser le public français. Au dernier plan du film, Samuel L. Jackson s’éloigne et, filmé de dos, enlève son kilt et tout le reste avec, en somme, une mise à nu du scénario.
On termine avec deux aperçus critiques de la presse française:
– Cahiers du cinéma: «Ce film s’inscrit dans la catégorie “grotesque mais pas dénué d’intérêt” (...) The 51st State est un mélange de Shaft version 2002 et de Trainspotting... Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.»
– Première: «On pourra y prendre un plaisir certain. Car, en matière d’action et de cadrage, Ronny Yu n’a plus à faire ses preuves... Le film fait régulièrement des étincelles, le charisme imposant de Samuel L. Jackson aussi... Alors, oui, tout cela reste hautement anecdotique. Est-ce vraiment un problème?»
Conclusion: non, ce n’est pas un problème. De toute façon, il ne pourrait y avoir de solution.

EMPIRE/DUNES/SODECO/
GALAXY, ESPACE


De Cannes à Beyrouth?

La sélection officielle, à Cannes 2003, ayant été passablement «élitiste», rares sont les films qui pourront être vus au Liban. Du moins parmi ceux en compétition: on voit mal Elephant, de Gus Van Sant (Palme d’or), Dogville, de Lars Von Trier, ou encore Les invasions barbares, de Denys Arcand, retenus par des distributeurs libanais. Par contre, Mystic River, de Clint Eastwood (très bien accueilli), a une chance – et on se plaît à l’espérer.
Hors compétition, on sait déjà que Fanfan la Tulipe, de Gérard Krawczyk (avec Vincent Perez et Pénélope Cruz), sortira chez nous.
Parlant de films français, plusieurs titres sont «possibles». On peut citer – bien sûr sous toute réserve: Les côtelettes, de Bertrand Blier, avec Philippe Noiret et Michel Bouquet – La petite Lili, de Claude Miller, avec Ludivine Sagnier, Bernard Giraudeau, Nicole Garcia, Jean-Pierre Marielle et Julie Depardieu – Swimming Pool (La piscine), de François Ozon, avec Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier – et Les égarés, d’André Techiné, avec Emmanuelle Béart.
Mais, rappelons-le, il ne s’agit là que de pronostics.

LIVRES ET REVUES

• Cinéma allemand
Comme déjà signalé ici même, le Goethe Institut de Beyrouth nous a fait parvenir dernièrement un exemplaire de l’ouvrage remarquable (en anglais) consacré par Hans Günther Pflaum aux «German Silent Movie Classics». C’est-à-dire à la grande époque du cinéma expressionniste allemand, du Cabinet du Dr Caligari (Robert Wiene – 1919) à Asphalt (Joe May – 1928), en passant par Nosferatu, le Dr Mabuse, les Nibelungen, Metropolis et Faust. Abondamment illustré, c’est un livre de référence incontournable. Il est par ailleurs précisé que tous ces titres sont disponibles (en vidéo-VHS) à la bibliothèque du «Goethe Institut Inter Nationes» (avis aux cinéphiles!). Tous nos vifs remerciements.
• Cahiers du cinéma
La plus importante des revues spécialisées du septième art – avec Positif, sa rivale! – vient de publier (en avril dernier), sous le titre L’Atlas du cinéma, un n° hors série bilingue (français – anglais) sur l’état présent des cinémas dans le monde. Les responsables (à féliciter) en sont Charlotte Garson et Charles Tesson. Un autre document indispensable pour tous ceux et celles qui ont affaire, d’une manière ou d’une autre, avec le cinéma. Ou qui l’aiment, tout simplement.
N.B.: à propos de Hong Kong, rappelons le suicide récent de la star-vedette masculine Tony Leung. De L’amant (J.-J. Annaud) à In the Mood For Love (W. Kar-Wai), il avait toujours fait forte impression.

Ciné-clubs

• Ciné-club de l’École supérieure des affaires
Suite du cycle «Aperçu iranien»: Les enfants du ciel, un film réalisé par Majid Majidi (1997), avec Amir Naji, Mir Farrokh, Bahare Seddigi (titre anglais: Children of Heaven – durée: 1h30). Rien à voir, de près ou de loin (on s’en doute!), avec Les enfants du paradis français. Toujours est-il que les cinéastes iraniens focalisent leur attention, sans se (nous) lasser, sur le monde des enfants. En voici un nouvel exemple, avec ce film à l’histoire simple, vraie, non dénuée d’humour. Et aussi, à sa manière, très significative.
Esa, rue Clemenceau, mardi 10, à 20h30.

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
De retour au Liban, Dyma Demirdjian s’occupe de «Heaven», un film de Tom Tykwer qui semble l’avoir transportée au septième ciel. Autre nouvelle sortie: «The 51st State», de Ronny Yu, sans doute entièrement filmé sous l’emprise de la drogue. Sortie en catastrophe pour «Below», de David Twohy, parce que le film (qui n’était pas prévu) n’a pu être projeté pour la presse: nous y reviendrons (en principe) la semaine prochaine (détail: «Below» montre justement une catastrophe – en mer).Sortie reportée pour «Anger Management», de Peter Segal: ce film – interprété par Jack Nicholson et Adam Sandler – est la seule nouveauté prévue pour le jeudi 12/6 (sauf surprise pas impossible!). Une «traversée du désert» normale pour la saison chaude?Vol au-dessus d’un nuageHeaven,de Tom TykwerLe réalisateur...