« La paix reste hors de portée » en dépit des deux sommets successifs parrainés par le président américain George W. Bush qui met les pieds pour la première fois dans le monde arabe, affirmait ainsi hier le quotidien gouvernemental Techrine. « Les plans examinés lors de ces rencontres insistent beaucoup plus sur les revendications israéliennes que sur l’objectif d’une paix juste et globale », estime Techrine. Le président du Parlement syrien Mohammed Naji Otri, dans des déclarations reproduites hier par l’agence officielle Sana, s’est de son côté chargé de rappeler la « position de principe » de son pays sur « une paix juste et globale basée sur les résolutions 242 et 338 » du Conseil de sécurité de l’Onu. Celles-ci stipulent le retrait d’Israël des territoires arabes occupés en 1967, dont le plateau syrien du Golan. « Aucun patriote n’accepterait une paix non souveraine ne restituant pas toute la terre occupée » aux Arabes, a poursuivi M. Otri, rappelant que « toutes les solutions partielles » proposées au Proche-Orient avaient échoué. Or, les communiqués américain et arabe, publiés à la fin du sommet de Charm el-Cheikh, ont ignoré la Syrie et le Liban.
« Les préambules erronés conduisent à des résultats erronés », commentait hier la radio officielle syrienne en constatant l’absence de trois parties (UE, Onu, Russie) du quartette aux sommets du Proche-Orient. Un diplomate occidental en poste à Damas juge toutefois « normal et non choquant » que la Syrie, toujours sceptique quant à la manière de traiter le problème du Proche-Orient, soit absente de ces sommets parrainés par les États-Unis. « Cela serait différent si le volet syrien était développé » par la suite comme le souhaite Damas, a noté ce diplomate. Les chefs d’État et de gouvernement du G8, réunis en sommet à Évian, avaient à ce sujet déclaré lundi qu’un règlement de paix au Proche-Orient devrait « inclure la Syrie et le Liban ». Le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère Javier Solana « réfléchit à l’élaboration d’une “feuille de route” Syrie-Liban », avait d’ailleurs reconnu pour sa part le président français Jacques Chirac mardi à Évian.

