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La question irakienne fait planer le doute sur l’avenir de la PESC

La crise irakienne a provoqué d’inquiétantes divisions au sein de l’Union européenne, qui laissent planer un doute sur l’avenir de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) des Quinze, estime l’IISS. Le rapport souligne les « développements contradictoires » qui ont jalonné la marche de l’UE depuis un an. « D’une part, l’Union européenne a presque élaboré sa première Constitution commune », notent les auteurs du rapport, relevant en outre l’« énorme magnétisme » que continuent d’exercer le marché unique et les institutions européennes. « Mais, d’autre part, la vision d’une Europe unie s’est brisée sur la question de l’Irak », qui a notamment opposé la France et l’Allemagne, hostiles à un conflit, au Royaume-Uni, aligné sur la position américaine, remarque le rapport. « Il n’y a eu aucune politique étrangère et de sécurité commune (PESC) sur l’Irak, et l’incapacité de l’institution à parler d’une seule voix sur un sujet aussi capital jette un doute sur la PESC », estime l’IISS. Même le moteur franco-allemand, qui a « presque toujours été source de progrès au sein de l’UE », n’a pas joué son rôle traditionnel sur l’Irak. « Une série de propositions bilatérales présentées par ces deux pays depuis 2002 se sont, semble-t-il, révélées néfastes pour la cohésion de l’UE », commente le rapport. Les auteurs citent notamment une déclaration commune franco-allemande, publiée le 22 janvier dernier et appelant à tout faire pour éviter une guerre en Irak. Une semaine plus tard, huit chefs de gouvernement européens, emmenés par le Britannique Tony Blair et l’Espagnol José Maria Aznar, répondaient par une lettre ouverte réaffirmant leur soutien aux États-Unis. L’IISS épingle la France à plusieurs reprises, notamment pour ses menaces de bloquer l’entrée dans l’UE des pays trop ouvertement favorables aux thèses américaines ou pour sa politique économique en matière de dépenses publiques, une « attaque frontale » contre les principes du Pacte de stabilité selon le rapport. L’IISS souligne aussi que les « profondes divisions » à propos de l’Irak vont obliger l’Europe à s’interroger sur son propre rôle et sur ses relations avec les États-Unis. Les pays européens sont confrontés à « deux problèmes » majeurs qui peuvent être résolus par « des décisions et une volonté politiques ». « Le premier, c’est la résistance persistante de la France aux structures d’intégration que Paris ne peut contrôler. Les Français vont devoir trouver un juste équilibre entre leur désir de contrôle au niveau national et la nécessité de rester un acteur influent et respecté », indique le document. « Le deuxième problème, perceptible à différents degrés sur tout le continent, est le manque de préparation des opinions publiques européennes au rôle actif que l’UE doit jouer dans le monde, conjointement avec les États-Unis, comme l’un des deux piliers du système international actuel », poursuit l’institut. Pour éviter l’écueil d’un « populisme creux » ou d’une « politique étrangère de protestation », l’Europe doit entamer un processus « post-Irak consciencieux de reprises des relations avec les États-Unis », analyse l’IISS. Le rapport suggère par ailleurs, « simultanément, un effort suivi pour rajeunir les institutions qui, par le passé, ont facilité un dialogue transatlantique constructif, mais qui ont subi de graves tensions et peut-être des dommages permanents pendant la crise irakienne ».
La crise irakienne a provoqué d’inquiétantes divisions au sein de l’Union européenne, qui laissent planer un doute sur l’avenir de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) des Quinze, estime l’IISS. Le rapport souligne les « développements contradictoires » qui ont jalonné la marche de l’UE depuis un an. « D’une part, l’Union européenne a presque élaboré sa première Constitution commune », notent les auteurs du rapport, relevant en outre l’« énorme magnétisme » que continuent d’exercer le marché unique et les institutions européennes. « Mais, d’autre part, la vision d’une Europe unie s’est brisée sur la question de l’Irak », qui a notamment opposé la France et l’Allemagne, hostiles à un conflit, au Royaume-Uni, aligné sur la position américaine, remarque le rapport. «...