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Violon d’Ingres... Sélim Mouzannar, un hurluberlu(photo)

« La plupart des gens croient que je suis un hurluberlu ! Ça ne me gêne pas du tout. Mais ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas que ça… » élim Mouzannar est un agitateur public qui aime la dérision, « surtout lorsqu’il s’agit de choses sérieuses », et la provoc’, même s’il en abuse parfois. Mais c’est sans doute ce qui fait également son charme. Applaudi dans la vie pour ses drôles de performances, comme il l’a été durant vingt représentations de la pièce Panique au Plaza mise en scène par Nadine Mokdessi, en mars dernier, il ne rate pas une occasion de se faire remarquer. « Je reconnais que je déborde un peu, mais je me rattrape vite. » Alors de l’impro théâtrale au vrai théâtre, sur les planches d’une scène et avec un vrai public, le petit pas était rapidement franchissable et vite franchi. « Il me fallait une échappatoire. C’est une amie qui m’a encouragé à suivre les cours de l’atelier de Nadine. J’ai vite rejoint les rangs. Le théâtre m’est apparu comme une thérapie de l’esprit et du corps, et m’a aidé à explorer des choses en moi que je ne connaissais pas bien. Ça m’a soulagé. » Après un premier rôle furtif quand il était encore môme, dans Le Petit prince, « j’ai joué… le serpent ! », il fait une apparition remarquée dans la pièce Ils s’aiment puis dans Panique au Plaza, mises en scène par Nadine et au profit d’œuvres sociales. Il y aura aussi les petites improvisations que Sélim sert de temps en temps pour surprendre, voire secouer un public improvisé, telle cette saynète offerte en live, dans un restaurant du centre-ville, un soir de Saint-Valentin, avec la complicité de sa femme Raya, « mon port d’attache », et de connivence avec une actrice et les propriétaires des lieux. « Les gens ont pu voir une vraie scène de ménage entre moi et une femme qui n’était pas la mienne. Bien qu’on leur ait dit, à la fin, que c’était pour rire, beaucoup ont continué à crier au scandale, le lendemain ! » Sa passion pour le théâtre prend les couleurs de ces autres passions, les voyages, « j’ai fait le tour du monde, je connais l’Extrême-Orient par cœur », la marche, la nature, et l’essentielle, « ma vraie passion, c’est la vie ! Elle vient bien avant ma passion pour la bijouterie ». Démocratiser le métier Car son métier de bijoutier, il y est venu un peu par obligation, pour suivre le cours normal des choses. « Il y avait déjà une structure. J’ai été entraîné par le courant. » Quatre ans à l’Institut national de gemmologie à Paris, avec un détour par le Gemmological Institute of Antwerp et le voilà en partance pour Ryad où, durant quatre ans, il est chef de production en charge des ateliers du bijoutier Mouawad. C’est pour ce dernier également qu’il passera un an en Thaïlande avec pour mission d’y mettre sur pied des ateliers. « Puis, pour prendre du recul, j’ai passé trois mois dans une mine de rubis à Babôraï, à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Une très belle expérience », dit-il. Politiquement incorrect mais fondamentalement correct – il fait tout de même partie de la très respectable Association française de gemmologie et a longtemps été membre du conseil syndical des bijoutiers libanais, il se proclame clairement la bête noire de la famille. « J’ai voulu détruire le mythe des grandes familles de bijoutiers, comme la mienne, où la bijouterie devient un temple tellement silencieux que, si on jette une aiguille, on l’entend. J’ai tenté de démocratiser le métier. » Sélim, qui, exceptionnellement aujourd’hui, parle plus lentement et ne semble pas pressé de repartir, on ne sait où, poursuit : « J’ai raté ma vocation. J’aurais voulu être journaliste. » Et de rajouter, sans trop savoir s’il plaisante : « Je veux prendre ma retraite le plus tôt possible. Ou alors tourner la page et commencer autre chose. Je suis un homme curieux, dans l’absolu. » Ce n’est pas étonnant, après ce bavardage, qu’il confie enfin et en guise de conclusion : « J’aimerais au théâtre pouvoir interpréter un monologue. » Carla HENOUD
« La plupart des gens croient que je suis un hurluberlu ! Ça ne me gêne pas du tout. Mais ceux qui me connaissent bien savent que je ne suis pas que ça… » élim Mouzannar est un agitateur public qui aime la dérision, « surtout lorsqu’il s’agit de choses sérieuses », et la provoc’, même s’il en abuse parfois. Mais c’est sans doute ce qui fait également son charme. Applaudi dans la vie pour ses drôles de performances, comme il l’a été durant vingt représentations de la pièce Panique au Plaza mise en scène par Nadine Mokdessi, en mars dernier, il ne rate pas une occasion de se faire remarquer. « Je reconnais que je déborde un peu, mais je me rattrape vite. » Alors de l’impro théâtrale au vrai théâtre, sur les planches d’une scène et avec un vrai public, le petit pas était rapidement...