Jeudi, 1h40. Quand je m’installe comme ça, au bout de la banquette, à moitié dans l’ombre au milieu d’une rumeur, c’est que je reprends mon activité préférée. Bientôt deux heures, ma vue et mon corps s’alourdissent, qui me parle là. Il y a si peu de gens que je reconnais, d’ailleurs il n’y a que le prolongement de moi qui se faufile jusqu’à ce que je suis, incurvée là, les bras le long des cuisses, avec les orbites seulement qui bougent. Quelques mots, je souris en me disant que le simple fait que cette bouche me parle me fait sourire et je remets mes pupilles, un rien dilatées, en mouvement. Caméléon en attente de la moindre petite bestiole nocturne. Dans cet increvable LB, les longs drinks s’alignent but I definitely enjoy solitude. L’instant va être long, alors j’ai tout mon temps pour mes petites élucubrations qui n’intéressent généralement que moi. Les autres adorent grimper des escaliers puis les redescendre, un sourire réconforté sur la trogne, commander des verres, mater un petit peu. Dans ces moments ils sont de passage au milieu de ces corps en morceaux, seulement parce que j’en attrape ce que je veux. Hop, la main qui gigote par-dessus les têtes, plus loin à trois heures, le type a décidé d’introduire toute la langue dans une oreille à boucle d’oreille ; derrière la mèche de ses cheveux, les gens de l’éternelle tchatche au bar, ils me déçoivent ceux-là. Je bois une longue gorgée d’un truc tiède attrapé sur la table devant moi. Une de mes abeilles, accrochée par un bourdon de passage, me sourit et à quatre heures, deux couples en uniforme interchangeable de couple – chemise blanche mal montée, cheveux lissés aux racines qui pleurent et talons cure-dents. La dichotomie béate quoi. Je m’en reflanque une rasade. C’est pas de ma faute si je suis stoned, c’est les autres là, au milieu desquels je cherche, derrière mon paravent de passe-muraille, la petite distorsion qui rallumera les étoiles mortes au plafond, trop bas. Yalla, haut les cœurs, je vais faire un petit tour du côté de la mezzanine. Rampe fraîche de l’escalier dans ma main et, bien sûr, le bernard-l’ermite regrette sa coquille parce qu’un bonhomme avec des shoes atroces me barre le passage. Je n’ai pas le choix, je dois lâcher les marches des yeux et me souvenir vite fait de la voix, de la forme du jean pendant que ça se met à m’empoigner par les épaules ah ouais, salut trucmuche, ouais y’a du monde ce soir, ouais j’ai un peu maigri, ouais je travaille toujours, ouais, ouais, ouais. Je sens un peu le “maaffan” sur la troisième marche alors on me laisse passer. Alors les poufs carrés, berlingots de lampes rouges et ce plafond toujours aussi bas. Au-dessus de la danse, des couverts délaissés, un petit bout de nuit me regarde dans les yeux. Tt, tt, je recule et je trébuche sur la marche, merde, merde, je tournicote comme une mouche noire dans un verre de bourbon, il est trois heures au poignet de mon X-man qui m’attrape gentiment et m’aide à redescendre en rigolant un peu mais sa claque, il l’a pas volée. On me rassoit sur la banquette avec une brand new vodka-seven up dans la “mimine” pour se remettre des émotions à l’étage. Et le manège désaccordé reprend. Jeudi, 5h25. Je ne me rappelle pas comment je suis rentrée chez moi. Diala GEMAYEL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Jeudi, 1h40. Quand je m’installe comme ça, au bout de la banquette, à moitié dans l’ombre au milieu d’une rumeur, c’est que je reprends mon activité préférée. Bientôt deux heures, ma vue et mon corps s’alourdissent, qui me parle là. Il y a si peu de gens que je reconnais, d’ailleurs il n’y a que le prolongement de moi qui se faufile jusqu’à ce que je suis, incurvée là, les bras le long des cuisses, avec les orbites seulement qui bougent. Quelques mots, je souris en me disant que le simple fait que cette bouche me parle me fait sourire et je remets mes pupilles, un rien dilatées, en mouvement. Caméléon en attente de la moindre petite bestiole nocturne. Dans cet increvable LB, les longs drinks s’alignent but I definitely enjoy solitude. L’instant va être long, alors j’ai tout mon temps pour mes petites...