Rechercher
Rechercher

Actualités

VIENT DE PARAÎTRE Quand la poésie se mêle de musique... (photo)

De la poésie. Un ouvrage de plus aux éditions Dar an-Nahar, dirait-on. Oui mais une poésie qui jette ses racines dans la musique. Concept original et un peu insolite (quoique la complémentarité entre rimes et sons soit bien solidement établie) qui vient en droite ligne d’Arabie saoudite par un homme de lettres voué à la critique musicale, Ahmad al-Wasel, dont c’est ici le second recueil. Après la publication, l’année dernière, de Jomoue akniaat (Masques multiples), le poète récidive l’aventure poétique et signe pour cette saison Hachim (Cassure,165 pages), où il est question surtout de musique. Dans un arabe châtié, ciselé de mains d’orfèvre, ces poèmes aux cadences libres et aux images surprenantes ont surtout la vocation de sonner comme une partition moderne. Avec des silences imprévisibles, des tensions secrètes, des stridences et des nervosités sans oublier parfois la part tranquille des rêves doux et heureux. Dense, souvent hermétique car d’une écriture altière, incantatoire dans son dire véhément, cette poésie s’inscrit sans nul doute dans un sillage moderne sans pour autant oublier la somptuosité d’une langue arabe révélant, à travers mots et vocables, les richesses d’une civilisation ancestrale. C’est justement ce mélange qui séduit et étonne. De son métier initial, c’est-à-dire la critique musicale, l’auteur ne semble rien renier, au contraire. Entre le fait de citer un Carreras ou d’évoquer une Whitney Houston, entre le solennel d’une musique classique et la frivolité des chansonnettes de variétés, voilà qu’émergent des vers d’une beauté étrange. De quoi parle un poète ? Avec cœur et sensibilité, de tout ce qui émeut, touche et trouble. Des impérissables sentiments humains, de l’azur, des nuages, d’un regard, d’un corps, d’un élan, du mystère de la nuit, d’un souflle, d’une modulation, d’une voix, d’un timbre, d’un air surpris dans le murmure du vent ou d’une tempête de sable… Images et sonorités aux raffinements multiples d’une arabité lointaine, car métissées de beaucoup de références occidentales et actuelles. Pour tous ceux qui veulent découvrir la poésie voyageant bien au-delà du royaume wahhabite, voilà une occasion en or pour parcourir ce livre aux subtilités calmement mesurées et qui sort sans nul doute des chemins battus. Un bel accord, léger et tendre, entre les mots et les sonorités. E.D.
De la poésie. Un ouvrage de plus aux éditions Dar an-Nahar, dirait-on. Oui mais une poésie qui jette ses racines dans la musique. Concept original et un peu insolite (quoique la complémentarité entre rimes et sons soit bien solidement établie) qui vient en droite ligne d’Arabie saoudite par un homme de lettres voué à la critique musicale, Ahmad al-Wasel, dont c’est ici le second recueil. Après la publication, l’année dernière, de Jomoue akniaat (Masques multiples), le poète récidive l’aventure poétique et signe pour cette saison Hachim (Cassure,165 pages), où il est question surtout de musique. Dans un arabe châtié, ciselé de mains d’orfèvre, ces poèmes aux cadences libres et aux images surprenantes ont surtout la vocation de sonner comme une partition moderne. Avec des silences imprévisibles, des...