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Déprimés par la guerre, les faucons fuient l’Irak

Contrairement à une idée reçue, les faucons, les vrais, ne sont pas belliqueux : par centaines, ils fuient les combats en Irak pour se réfugier dans les cieux plus paisibles de la Turquie voisine. Les ornithologues turcs redoutent que la guerre ne bouleverse les cycles de migration, d’accouplement et de couvaison des faucons, aigles, milans et autres rapaces, au point de poser des risques pour la reproduction de l’espèce. « Ce genre de situation extraordinaire provoque un changement brutal de l’environnement des oiseaux, ce qui peut provoquer chez eux une sorte de déprime », affirme Mehmet Siki, zoologue à l’Université d’Izmir. Les rapaces de la région, explique-t-il, passent habituellement l’hiver en Irak, là où Tigre et Euphrate se rejoignent. En début d’été, ils remontent les deux fleuves pour s’installer dans le sud-est de la Turquie, certains allant jusqu’en Ukraine. « Cette année, ils ont entamé leur migration vers le nord dès le début de la guerre, en mars. Or une migration prématurée signifie qu’ils s’accoupleront plus tôt que prévu, voire qu’ils ne s’accoupleront pas du tout, et que leur rythme de couvaison pourra lui aussi s’en trouver changé », poursuit le zoologue. Plusieurs facteurs expliquent la fuite des rapaces, selon lui : le bruit des bombardements, la montée brutale de la chaleur et la pénurie des ressources alimentaires. Parce que, d’une part, les combats déclenchent des incendies qui ravagent les herbes, buissons et forêts, où ils trouvent d’ordinaire une grande partie de leurs proies, et parce que, d’autre part, les proies en question (poissons, grenouilles, rongeurs) sont elles aussi des « victimes collatérales » de la guerre. Or les rapaces préfèrent capturer leurs proies vivantes. « L’altération du cycle des faucons et des autres rapaces est d’autant plus dommageable qu’elle intervient au printemps. Ce moment est le plus important, le plus critique, parce qu’à cette saison, la nature n’est pas encore formée », renchérit le zoologue Ahmet Kilic, professeur à l’Université de Diyarbakir, dans le sud-est anatolien. « Ils quittent un endroit où ils ne trouvent plus de nourriture pour un autre endroit où il n’y en a pas encore non plus, ou très peu », souligne-t-il.
Contrairement à une idée reçue, les faucons, les vrais, ne sont pas belliqueux : par centaines, ils fuient les combats en Irak pour se réfugier dans les cieux plus paisibles de la Turquie voisine. Les ornithologues turcs redoutent que la guerre ne bouleverse les cycles de migration, d’accouplement et de couvaison des faucons, aigles, milans et autres rapaces, au point de poser des risques pour la reproduction de l’espèce. « Ce genre de situation extraordinaire provoque un changement brutal de l’environnement des oiseaux, ce qui peut provoquer chez eux une sorte de déprime », affirme Mehmet Siki, zoologue à l’Université d’Izmir. Les rapaces de la région, explique-t-il, passent habituellement l’hiver en Irak, là où Tigre et Euphrate se rejoignent. En début d’été, ils remontent les deux fleuves pour...