Les négociateurs des deux Chambres du Congrès américain sont parvenus à un accord pour octroyer une aide fédérale de quelque trois milliards de dollars aux compagnies aériennes, en grave difficulté financière, a-t-on indiqué de sources parlementaires. Cette aide est destinée à amortir la forte baisse du trafic et des réservations résultant des craintes d’actes terroristes liées à la guerre en Irak et dont l’impact sur le secteur aérien pourrait être catastrophique. Le groupement américain du transport aérien (ATA), qui représente les principales compagnies, a chiffré à au moins 4 milliards de dollars le montant minimum d’une aide fédérale. Le Sénat et la Chambre, tous deux à majorité républicaine, avaient adopté la semaine dernière, à la demande du président George W. Bush, une rallonge budgétaire de près de 80 milliards de dollars pour financer le conflit en Irak, les premiers efforts de reconstruction et des aides à des pays alliés. Ils y avaient inclus une aide pour les compagnies aériennes. Le Sénat avait voté une enveloppe de 3,5 milliards de dollars, alors que la Chambre avait octroyé 3,2 milliards de dollars. Les deux Chambres sont finalement tombées d’accord sur un texte de compromis prévoyant une enveloppe d’un montant de 3 milliards de dollars, qui doit encore être soumis à la signature du président George W. Bush. Sur ce montant, 2,4 milliards de dollars seront versés en tant qu’aide directe dans les 30 jours, notamment pour rembourser les coûts supplémentaires de sécurité. Le restant doit couvrir des compensations pour les salariés du transport aérien ayant perdu leur emploi et prolonger de dix ans l’assurance fédérale couvrant les risques liés à des conflits. La Maison-Blanche avait critiqué le Sénat et la Chambre la semaine dernière après l’adoption d’une aide de cette ampleur aux compagnies aériennes, la jugeant excessive. Mais des responsables parlementaires, dont le chef de la majorité républicaine de la Chambre, le Texan Tom Delay, a indiqué cette semaine lors d’une conférence de presse que l’Administration Bush avait fait savoir qu’elle ne s’opposerait pas à l’aide que voterait le Congrès. Après les attentats du 11 septembre 2001, les compagnies aériennes avaient déjà obtenu une assistance fédérale de 15 milliards de dollars, dont 5 milliards d’aide directe et 10 milliards sous forme de garanties de crédit. Le gouvernement fédéral, comme les analystes du secteur, estiment que le transport aérien souffre surtout de problèmes structurels, comme la surcapacité, ses coûts d’exploitation - notamment salariaux - trop élevés et une restructuration insuffisante. Les transporteurs ont, depuis le début de la guerre, réduit leurs capacités de 6 à 12 % et supprimé quelque 10 000 emplois, selon des analystes. Avant même le déclenchement de la guerre, l’ATA avait affirmé que les pertes des compagnies aériennes devraient se monter à 10,7 milliards de dollars cette année et qu’un conflit en Irak pourrait par entraîner la disparition de 70 000 emplois de plus. Depuis le 11 septembre 2001, les transporteurs aériens ont déjà supprimé plus de 100 000 postes de travail et accusé des pertes cumulées d’un montant record de 18 milliards de dollars.
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