Les appels à la coalition anglo-américaine en Irak se multipliaient hier pour qu’elle assure provisoirement la sécurité dans le pays, où le chaos régnant empêche l’acheminement de l’aide humanitaire. Pour le chef de la diplomatie allemande, Joschka Fischer, les alliés sont « les seuls à même » de stabiliser la situation en Irak afin de faciliter la distribution de l’aide humanitaire. Mais cette phase d’urgence devra être suivie d’une seconde, de transition, sous l’égide de l’Onu, a-t-il affirmé. Depuis Douchanbé, son homologue russe, Igor Ivanov, a estimé que l’Irak « vit déjà dans une grande mesure une catastrophe humanitaire ». « L’Onu mène déjà un travail considérable dans ce domaine. Une résolution spéciale sur ce sujet a été adoptée, donnant au secrétaire général de l’Onu des pouvoirs spéciaux pour réaliser un programme alimentaire en vue de répondre à des problèmes humanitaires aigus », a-t-il souligné. Mais « une responsabilité particulière pour régler les problèmes humanitaires repose sur les forces qui se trouvent en Irak, les forces de la coalition », a dit M. Ivanov. Mêmes échos de Berne, où le ministère suisse des Affaires étrangères avait appelé dès jeudi dans un communiqué les puissances occupantes en Irak à « assurer l’ordre et la sécurité de la population irakienne, des organisations humanitaires, des médias et des étrangers ». Au Caire, Hosni Moubarak a quant à lui pressé vendredi l’Onu d’intervenir en Irak afin de faire cesser le chaos. En termes très diplomatiques, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan s’est dit « certain » que les conventions de La Haye et de Genève « seraient respectées », rappelant que « la coalition avait la responsabilité du bien-être de la population dans les régions » qu’elle contrôle. Aux termes de la quatrième convention de Genève, les puissances occupantes ont la responsabilité du maintien de l’ordre et la sécurité des populations civiles. Même à Londres, le trublion du gouvernement de Tony Blair, la ministre au Développement international Clare Short, a appelé les forces américaines au rétablissement « d’urgence » de la sécurité à Bagdad, notamment autour des hôpitaux dont certains ont été victimes de pillages. « Des efforts vont clairement être faits (à Bagdad) pour nous assurer que les hôpitaux fonctionnent aussi bien que possible », a semblé répondre un porte-parole du Premier ministre, se disant confiant d’un retour au calme dans la capitale irakienne. Selon lui, le calme est maintenant revenu à Bassora, la grande ville du sud du pays investie au début de la semaine par les Britanniques. Le porte-parole s’est voulu rassurant : l’approvisionnement en nourriture est meilleur qu’avant le conflit dans sept des neuf principales zones urbaines du pays. L’approvisionnement en eau n’est critique dans aucune de ces villes et s’est amélioré dans la moitié d’entre elles, a-t-il affirmé. Pourtant, Bagdad était livrée vendredi aux pillards sans provoquer la moindre réaction de la part des forces américaines, et la situation semblait particulièrement précaire dans les hôpitaux. Les soldats ont dit ne pas avoir reçu l’ordre d’intervenir.
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