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Les Marines font la chasse aux « trophées de guerre »

«Ces clopes puent le goudron », lance un Marine, la moue aux lèvres, en se servant dans un paquet de Sumer trouvé il y a deux jours sur le cadavre d’un soldat irakien. Des cigarettes locales, des casques vert olive, des bérets noirs, une baïonnette rouillée: tels sont quelques-uns des objets récupérés en douce par des soldats américains en Irak. Les trophées de guerre sont une tradition dans toutes les armées du monde. Et même si l’armée américaine interdit une telle pratique, les soldats, eux, font secrètement la chasse aux souvenirs. Certains Marines considèrent que ce comportement est immoral, mais d’autres estiment que malgré tout, ils ont bien le droit de rapporter « quelque chose » à la maison. En fait, la hiérarchie ferme les yeux, tant qu’il ne s’agit que de petits objets et qu’on ne touche pas aux armes ou aux munitions. « Je voulais rapporter des munitions à mon père », explique Alex Sanchez, 19 ans, première classe au 1er bataillon du 5e régiment de Marines. « Mais ce serait une honte, pour ce pourquoi nous combattons, en tant que Marines. Et il faut respecter les morts », dit-il. Certains de ses camarades partagent cet avis, mais parfois, la tentation est trop forte. « Je n’avais pas l’intention de prendre quoi que ce soit, mais à un certain moment, on se dit, après tout, c’est l’ennemi. Ça donne le frisson », explique un Marine qui a volé une ceinture sur le cadavre d’un soldat irakien. Et les Irakiens ne feraient-ils pas la même chose ? s’interrogent certains. Un Marine reconnaît qu’en passant devant le corps d’un soldat étendu près d’une moto, il a subtilisé un foulard vert. Un autre a même emporté un numéro de Playboy datant de 1999, trouvé là encore près du cadavre d’un soldat irakien. « Je ne culpabilise pas. Ils feraient la même chose avec nous », dit-il. Un Marine a trouvé une baïonnette près d’un soldat irakien tué d’une balle dans la tête. « Ça sentait la chair décomposée », avoue-t-il, mais « je voulais pouvoir rapporter un souvenir à la maison ». Un sous-officier ne cache pas que ses hommes font la chasse aux trophées, et s’il désapprouve, il reconnaît qu’il ne peut pas faire grand-chose, sauf s’il y a flagrant délit. « Si je ne vois rien, je ne vois rien », dit-il. « Si tu es à Iwo Jima (l’île japonaise où les Marines avaient remporté une célèbre victoire en 1945), tu emportes du sable avec toi. Si tu es en Irak, tu rapportes un béret », dit-il. Et pour montrer l’exemple aux plus jeunes, ce sergent affirme qu’il ira bientôt acheter un béret au marché, à Bagdad.
«Ces clopes puent le goudron », lance un Marine, la moue aux lèvres, en se servant dans un paquet de Sumer trouvé il y a deux jours sur le cadavre d’un soldat irakien. Des cigarettes locales, des casques vert olive, des bérets noirs, une baïonnette rouillée: tels sont quelques-uns des objets récupérés en douce par des soldats américains en Irak. Les trophées de guerre sont une tradition dans toutes les armées du monde. Et même si l’armée américaine interdit une telle pratique, les soldats, eux, font secrètement la chasse aux souvenirs. Certains Marines considèrent que ce comportement est immoral, mais d’autres estiment que malgré tout, ils ont bien le droit de rapporter « quelque chose » à la maison. En fait, la hiérarchie ferme les yeux, tant qu’il ne s’agit que de petits objets et qu’on ne touche pas...