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PEINTURE L’étrange découverte de deux Goya inconnus

Le catalogue raisonné du maître de la peinture espagnole Francisco Goya va bientôt s’enrichir de deux œuvres de jeunesse, assure la maison d’enchères madrilène Alcala Subastas, qui a présenté deux tableaux inconnus qu’elle a découverts « par hasard » chez un particulier et qu’elle compte vendre entre 1 et 5 millions d’euros au mois de mai. « Nous avons été appelés au domicile d’une famille qui voulait expertiser des tableaux de moindre valeur. En passant dans le couloir, je suis tombé en arrêt devant Tobie et l’ange et je l’ai désigné à un collègue qui m’accompagnait. On s’est tout de suite dit : “C’est un Goya, c’est sûr”. Nous avons averti la famille qui nous a montré un autre tableau qui était accroché dans une chambre à coucher : La Sainte Famille », raconte Richard Willermin, directeur adjoint de la maison et expert des peintures espagnole et italienne du XVIIe et XVIIIe siècle, mais pas spécialiste de Goya. « La famille ne se doutait pas que c’était des Goya. Cela pourrait déboucher sur la plus grande vente aux enchères de tableaux en Espagne », précise M. Willermin, à la fois juge et partie. « Je reconnais que c’est un peu délicat, mais nous ne ferions pas une telle publicité si nous n’étions pas absolument, je dis bien absolument sûrs que ces tableaux sont des Goya ». Les deux tableaux ne sont pas signés, « ce qui est fréquent dans les œuvres de Goya et surtout dans sa jeunesse», et aucune documentation ou lettre concernant Goya ne fait allusion à ces deux tableaux. Droit de préemption du Prado Toutefois, M. Willermin estime que Goya les a peints entre 1785 et 1790 en raison des ressemblances avec L’Annonciation (1785), Saint Bernard et saint Joseph (1787) et de L’apparition de la Vierge à Saint Julien (1790). Ces œuvres font toutes partie de la période néoclassique du peintre (1746-1828) sa « période la plus compliquée à reconnaître et bien différente de son ténébrisme postérieur et plus connu », selon M.Willermin. « Nous sommes dans l’hypothétique mais il pourrait s’agir d’une commande particulière, d’un triptyque ou diptyque, d’une famille en raison du thème de l’enfant et du noyau familial, ou aussi d’une commande pour un couvent de sœurs avec pour thème la virginité, la femme de Tobie ayant été mariée sept fois mais étant toujours restée vierge comme la mère du Christ qui a décliné sept offres de mariage », affirme M. Willermin. Il ajoute que les radiographies des tableaux ont permis de déterminer que le peintre a signé son œuvre sans dessin préalable mais avec simplement « quelques points de repère ». Selon lui, la maison d’enchères a soumis les tableaux au musée du Prado et ses experts ont « tous » estimé qu’il s’agissait de Goya mais n’ont pas eu le droit de se prononcer officiellement. Le musée a refusé de confirmer ou d’infirmer ces assertions, précisant qu’il « ne se prononce que sur ce qu’il y a dans ses murs et jamais lors d’opérations commerciales ». Selon Alcala Subastas, le Prado va certainement user de son droit de préemption lors de la vente aux enchères et ne tient donc pas à authentifier les œuvres pour ne pas faire grimper les prix.
Le catalogue raisonné du maître de la peinture espagnole Francisco Goya va bientôt s’enrichir de deux œuvres de jeunesse, assure la maison d’enchères madrilène Alcala Subastas, qui a présenté deux tableaux inconnus qu’elle a découverts « par hasard » chez un particulier et qu’elle compte vendre entre 1 et 5 millions d’euros au mois de mai. « Nous avons été appelés au domicile d’une famille qui voulait expertiser des tableaux de moindre valeur. En passant dans le couloir, je suis tombé en arrêt devant Tobie et l’ange et je l’ai désigné à un collègue qui m’accompagnait. On s’est tout de suite dit : “C’est un Goya, c’est sûr”. Nous avons averti la famille qui nous a montré un autre tableau qui était accroché dans une chambre à coucher : La Sainte Famille », raconte Richard Willermin,...