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« Bush contre Saddam » (Jean Guisnel - Éd. La Découverte) Ce livre qui colle de près à l’événement (il a été mis sous presse en février 2003) est le résultat de multiples enquêtes menées depuis des mois – parallèlement aux préparatifs de guerre – par Jean Guisnel, grand reporter au Point. L’auteur, qui a à son actif plusieurs ouvrages sur les questions stratégiques, dont Services secrets; Guerres dans le cyberespace; L’effroyable mensonge (toujours aux éditions La Découverte), explique pourquoi George Bush a trouvé en Saddam Hussein «le dragon à terrasser.» La guerre contre l’Irak ne se limite pas, selon Jean Guisnel, à une tentative de faire main basse sur les réserves de pétrole. Elle vise avant tout la recomposition de la carte du Moyen-Orient en vue d’assurer à long terme la pérennité d’Israël. Le journaliste livre, à l’appui, des révélations sur les armes de destruction massive en possession de l’Irak, comme sur les luttes et manipulations des faucons qui entourent le président américain, ou encore les techniques de désinformation et de propagande utilisées à travers la presse...(160 pages). Extrait : «... L’histoire se déroule au début des années 1980 et Ronald Reagan – qui a suffisamment fricoté avec les mollahs iraniens pour leur demander de conserver plusieurs dizaines d’otages américains jusqu’à ce que son élection contre Jimmy Carter soit acquise – entend alors mettre fin à sa collaboration avec les barbus. Il fait donc volte-face et va aider leurs pires ennemis, les Irakiens. (...) Lorsque les Irakiens commencent à se trouver vraiment mal en point, Ronald Reagan choisit un homme sans fonction officielle, le président de la firme pharmaceutique G.D. Searle & Co, pour aller discuter avec Saddam Hussein des moyens que les États-Unis peuvent mettre à sa disposition. La rencontre avec l’envoyé spécial américain a lieu le 20 décembre 1983, et le fait que Saddam Hussein soit déjà dépeint comme le boucher de son peuple et comme un possesseur incontrôlable de technologie nucléaire, soupçonné de surcroît de recourir aux gaz de combat, ne gêne pas cet Américain discret, qui sera alors filmé par la télévision irakienne serrant la main de son hôte. Cet envoyé très spécial s’appelle Donald Rumsfeld (...).» « Parle-moi » (Pascale Roze - Éd. Albin Michel) Pascale Roze, prix Goncourt 1996 pour Le chasseur zéro – qui a récolté également le prix du Premier roman – est un auteur intimiste. Dans Parle-moi, elle entraîne le lecteur dans un huis clos, entre deux sœurs. Le lieu : une maison de campagne, une nuit de juin. Les protagonistes: deux femmes d’une cinquantaine d’années qui, malgré le lien du sang, ne se ressemblent en rien. L’une est enseignante, célibataire et ne vit que pour ses élèves. L’autre est mariée, a des enfants, mais a investi tout son amour dans cette maison de campagne, dans ce jardin auquel elle consacre tout son temps. Leurs personnalités et leurs vies si différentes sont pourtant aliénées de la même manière par des souvenirs d’enfance traumatisants. Au cours de cette nuit, l’abcès sera crevé : entre secrets dévoilés et non-dits, tous les sentiments des deux sœurs vont se révéler: amour et complicité mais aussi haine et jalousie... (132 pages). Un roman intense, écrit dans un style à la fois dépouillé et mystérieux. Extrait : « Restons ensemble, ne nous couchons pas. Veillons toute la nuit, toi et moi. Frida frissonne. Elle s’assoit en tailleur sur les coussins avec sa tristesse à lui briser les poumons et regarde, en penchant la tête, sa sœur qui manie la pince à feu. Et les instants fragiles qui se sont glissés entre elles depuis le début de la soirée s’épanouissent en un grand et unique instant. Elles le sentent, et l’une autant que l’autre s’y laissent emporter. C’est la première fois. » « Le prince sur son rocher » (Frédéric Laurent - Éd. Fayard) De Rainier de Monaco, la plupart des gens connaissent surtout les déboires familiaux amplement relatés par la presse people. Mais derrière la silhouette patriarcale du veuf de Grace Kelly, derrière le cliché officiel du souverain et du «prince bâtisseur » se profile une personnalité beaucoup plus complexe. Du jeune prince effacé et influençable de ses débuts, Rainier est devenu, cinquante ans de règne plus tard, un véritable homme de pouvoir, mais aussi un redoutable homme d’affaires. Le pouvoir, il le gère parfois à la manière d’un autocrate. C’est ce que révèle le journaliste Frédéric Laurent dans cette biographie intéressante, bien écrite, mais qui n’a rien d’une biographie non autorisée. Et pour cause, l’auteur est un natif de Monaco, où sa mère vit encore (589 pages). Extrait : « (...) Le 29 janvier 1959, comme un vulgaire dictateur sud-américain, le prince a fait un pronunciamiento, un coup d’État “à la monégasque”, sans violence, bien sûr, mais en suspendant les libertés publiques fondamentales et en prononçant en particulier l’interdiction de toute réunion...» Mais encore : «... La crise libanaise a aussi contribué à la prospérité monégasque: Beyrouth ne pouvant plus remplir son rôle de coffre-fort du Proche-Orient, l’argent du Golfe s’est exilé en Suisse, mais une partie de la manne pétrolière a préféré le refuge ensoleillé du Rocher.» «Napoléon. L’énigme de l’exhumé de Sainte-Hélène » (Bruno Roy-Henri - Éd. L’Archipel) Il paraît que Napoléon n’est pas aux Invalides! Pour étayer ce qui, pour Bruno Roy-Henri, est une certitude, l’auteur, spécialiste de l’époque révolutionnaire et napoléonienne, a rassemblé patiemment durant des années des indices assez troublants. En 1840, vingt ans après la mort de l’empereur, son cercueil est exhumé et ouvert. Ses derniers compagnons découvrent avec stupeur que le cadavre est presque intact. Ce qui est pour le moins étrange, car au moment de l’inhumation le corps de l’empereur était déjà dans un état de putréfaction avancée. De plus, les vêtements et les médailles du défunt avaient été changés. Près de deux siècles plus tard, cette affaire continue de provoquer ponctuellement des débats. Certains historiens, dont Bruno Roy-Henri, affirment toujours – en dépit de toutes les preuves scientifiques qui démontrent le contraire – que l’empereur a été empoisonné et que les Anglais, sur ordre du roi dément George IV, aurait substitué à son cadavre celui de son intendant. À vous d’en juger (356 pages). Extrait : « Or, on interdit tout dessin, tout cliché photographique ! Certes ce sont – apparemment – les Anglais qui imposent ces exigences; mais pourquoi refuser à Durand-Brager d’être présent au moment de la reconnaissance du corps puisque c’est finalement là le but ultime de sa mission? Craindrait-on que l’homme du tombeau ne soit pas Napoléon ? Sur ce point, il faut donner raison à Georges Rétif de la Bretonne. Les précautions exigées par les Anglais ne plaident-elles pas dans ce sens ? N’ordonnent-ils pas que les travaux d’exhumation commencent à minuit, estimant sans doute que ceux-ci seront achevés avant le lever du jour ?» Z.Z.
« Bush contre Saddam » (Jean Guisnel - Éd. La Découverte) Ce livre qui colle de près à l’événement (il a été mis sous presse en février 2003) est le résultat de multiples enquêtes menées depuis des mois – parallèlement aux préparatifs de guerre – par Jean Guisnel, grand reporter au Point. L’auteur, qui a à son actif plusieurs ouvrages sur les questions stratégiques, dont Services secrets; Guerres dans le cyberespace; L’effroyable mensonge (toujours aux éditions La Découverte), explique pourquoi George Bush a trouvé en Saddam Hussein «le dragon à terrasser.» La guerre contre l’Irak ne se limite pas, selon Jean Guisnel, à une tentative de faire main basse sur les réserves de pétrole. Elle vise avant tout la recomposition de la carte du Moyen-Orient en vue d’assurer à long terme la pérennité...