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Le spectre du Vietnam hante les soldats US

Au onzième jour de leur offensive en Irak, les forces américaines se retrouvent dans une situation qui, pour certains observateurs, rappelle le spectre de la guerre du Vietnam. Avant le conflit, les analyses, se basant sur des « fuites » calculées, promettaient une victoire américaine rapide, saluée par des populations reconnaissantes et le début immédiat de la reconstruction. Mais rien ne s’est déroulé selon ce plan. Cependant, si le désert irakien fait penser à la jungle vietnamienne, personne ne se risque à prédire que le conflit actuel aura l’impact que le bourbier indochinois a eu sur toute une génération d’Américains, avec plus de 50 000 morts entre 1961 et 1973. Comme au Vietnam, les proclamations martiales et assurées sur l’effondrement attendu de l’armée irakienne font place à la détermination, face aux premiers revers. La guerre « durera le temps qu’il faudra », assure le président George W. Bush. Comme au Vietnam, les premiers GI’s tués ou prisonniers ont été filmés, même si la plupart des chaînes américaines se sont gardées de diffuser ces images. Et, comme à l’époque du Vietnam, une grande partie de l’opinion publique mondiale s’oppose à la guerre, manifestant dans le monde entier. Dans la « coalition des (pays) volontaires » que Washington affirme mener, plusieurs des grands alliés historiques des États-Unis manquent à l’appel, France et Allemagne en tête. Sur le terrain, l’armée américaine, comme au Vietnam, est allée au combat confiante en sa technologie et sa puissance de feu. Mais elle peine à s’adapter à un ennemi qui mène une guérilla à coups d’attentats-suicide et d’embuscades tendues par des combattants en civil qui s’abritent derrière la population des centres urbains. Le général William Wallace, commandant des forces terrestres en Irak, a abruptement résumé la situation en fin de semaine, reconnaissant que « l’ennemi combat d’une façon différente de celle retenue dans nos plans de guerre ». Comme leurs prédécesseurs du Vietnam, les généraux américains – qui, pour la plupart, commençaient leur carrière militaire à ce moment-là – assurent qu’ils n’ont pas sous-estimé l’ennemi... tout en se préparant à envoyer 120 000 nouveaux soldats sur le terrain. « Nous savons que nous devons être tactiquement patients (...) que les circonstances doivent être préparées à dessein et que notre ennemi a toujours son mot à dire dans la façon dont les circonstances évoluent », assénait vendredi le général Vincent Brooks, porte-parole attitré du commandement central. Le discours idéologique est lui aussi bien rodé, et toute résistance irakienne est « terroriste », comme la vietnamienne hier « communiste ». Dernière réminiscence indochinoise : la bataille annoncée « des cœurs et des esprits », les foules enthousiastes qui devaient accueillir leurs « libérateurs » américains, tardent à se matérialiser. Les responsables américains rejettent toute comparaison : « Je ne pense vraiment pas qu’il y ait le moindre parallèle entre cette opération et le Vietnam, » assurait samedi le général Victor Renuart, directeur des opérations. Les experts militaires rappellent d’ailleurs que les revers n’ont rien d’inhabituel, en début d’intervention. La presse américaine ne ménage toutefois pas ses critiques, accusant l’Administration d’avoir mal anticipé la réaction irakienne, voire d’avoir volontairement dissimulé les risques. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, accusé d’avoir sciemment limité les effectifs engagés dans les opérations, est lui aussi très critiqué. D’après les sondages, l’opinion publique américaine soutient dans sa grande majorité la guerre, mais s’attend désormais à ce que le conflit traîne en longueur et soit sanglant. Or, dans ce cas, les observateurs prédisent une opposition de plus en plus virulente à l’intervention, comme ce fut le cas pour le Vietnam.
Au onzième jour de leur offensive en Irak, les forces américaines se retrouvent dans une situation qui, pour certains observateurs, rappelle le spectre de la guerre du Vietnam. Avant le conflit, les analyses, se basant sur des « fuites » calculées, promettaient une victoire américaine rapide, saluée par des populations reconnaissantes et le début immédiat de la reconstruction. Mais rien ne s’est déroulé selon ce plan. Cependant, si le désert irakien fait penser à la jungle vietnamienne, personne ne se risque à prédire que le conflit actuel aura l’impact que le bourbier indochinois a eu sur toute une génération d’Américains, avec plus de 50 000 morts entre 1961 et 1973. Comme au Vietnam, les proclamations martiales et assurées sur l’effondrement attendu de l’armée irakienne font place à la détermination,...