Chaque président américain a sa guerre. C’est ce qu’affirme un ancien président du Conseil, en citant des ouvrages d’historiens ainsi que les écrits de Mohammed Hassanein Heykal. Cet ex-dirigeant donne, par ordre chronologique, de multiples exemples : c’est par la guerre que George Washington et Abraham Lincoln ont réalisé l’indépendance puis l’unité des États-Unis. Qui ont été partie dans les deux conflits planétaires du XXe siècle. Entre-temps, ils ont combattu pour rafler les ressources de l’Amérique latine. Chaque président savait que pour marquer sa période, pour s’imposer politiquement il lui fallait guerroyer. Truman s’y est livré en Corée. Eisenhower, après avoir commandé en chef les armées alliées durant la Seconde Guerre mondiale, fait paradoxalement exception dans la liste. C’est-à-dire qu’il préférait éviter d’envoyer les boys au front. Et préférait utiliser les services spéciaux, les complots, pour frapper les mouvements de libération dans le tiers-monde. Il a ainsi balayé le régime en place au Guatemala avant de s’en prendre à Mossadegh, en Iran. Kennedy, quant à lui, a tenté sa chance dans la baie des Cochons à Cuba. Ayant échoué, il a imposé un blocus dans la mer des Caraïbes, avant de menacer l’URSS d’une guerre nucléaire dans l’affaire dite des missiles de Cuba. Il a accentué l’immixtion US au Vietnam. Où Johnson a ensuite conduit les opérations, attaquant le Nord par de lourds bombardements aériens, sous prétexte d’une agression contre la flotte américaine dans la mer du Tonkin. Toujours selon l’ancien président du Conseil, les Américains ont initié une guerre secrète au Moyen-Orient en 1967 pour aider Israël contre les Arabes, plus particulièrement contre l’Égypte de Nasser. Nixon, de son côté, a étendu les hostilités en Asie du Sud-Est, du Vietnam au Laos et au Cambodge. Avec le concours de son bras droit, le secrétaire d’État Kissinger, il a engagé des guerres et des putschs en Afrique comme en Amérique latine, Allende du Chili en payant le prix de sa vie. Le summum pour le tandem Nixon-Kissinger a été d’intervenir dans la guerre arabo-israélienne de 1973. Forçant Sadate à accepter le cessez-le-feu, ce qu’il a justifié dans une lettre à Hafez el-Assad où il notait que « je peux combattre Israël, mais pas les USA ». Carter, qui est pourtant le seul président américain à avoir décroché le prix Nobel de la paix, a entamé un affrontement armé avec l’URSS en Afghanistan. Avec son brain-trust, il avait forgé la théorie d’armer les islamistes pour chasser les Soviétiques. Ces mêmes islamistes sont maintenant traités de terroristes par les Américains. Reagan a lancé un ouragan sur Panama pour dégommer Noriega, avant d’ordonner l’invasion de Grenade. Un show télévisé destiné en fait à couvrir la piteuse retraite des Marines du Liban, après l’attentat contre leur casernement qui en avait fauché des dizaines. Bush le père, pour sa propre démonstration de force, a organisé la première guerre du Golfe et débarqué en Somalie pour une occupation au nom de prétendus motifs humanitaires. Clinton, de son côté, a voulu prouver sa virilité en faisant pleuvoir des bombes sur Bagdad, sur Khartoum et sur une résidence de Ben Laden près de Kandahar. Enfin, Bush le fils déploie ses muscles en Irak. Sans hésiter à faire l’apologie de la guerre « qui, dit-il, constitue un moyen pour les nations de découvrir les ressources de leur force intérieure avant leur force extérieure. Car, elle est le lien le plus étroit pour forger leur unité et la meilleure sauvegarde pour leur cohésion ». L’ancien président du Conseil cité pense, pour sa part, que la fonction des guerres n’est pas de résoudre les problèmes. Mais de briser les barrières, d’ouvrir les portes, de contrôler les rapports de force, pour que la politique puisse agir, atteindre ses objectifs. Mais pourquoi les USA recourent aujourd’hui aux armes et non plus aux complots pour renverser les régimes qui ne leur plaisent pas ? Pourquoi ne procèdent-ils pas comme du temps où un général Zahedi et un général Pinochet renversaient respectivement Mossadegh et Allende ? Au Kosovo contre Milosevic, en Afghanistan contre les talibans et maintenant en Irak contre Saddam Hussein, l’intervention se fait directe. Nul ne sait à qui ce sera le tour ensuite. Il est cependant évident que le 11 septembre 2001 apporte un début d’explication à la ligne US. Cette puissance se considère autorisée à utiliser la force pour combattre le terrorisme, avéré ou présumé. Dès lors, chaque régime qui ne plaît pas à la Maison-Blanche est qualifié de terroriste. Bien entendu, plusieurs pays protestent en soulignant qu’à leurs yeux, ce n’est pas entre le terrorisme que les Américains veulent se battre, mais pour la promotion de leurs intérêts politiques et économiques. Les USA ont donc perdu leur pari initial, à savoir que les autres les suivraient comme en 91. La France, l’Allemagne, la Russie et la Chine craignent que l’invasion de l’Irak ne signifie la mainmise sur les immenses réserves pétrolifères irakiennes. Et partant, un contrôle quasi total de l’économie et du commerce mondiaux, pour bâtir l’empire US. En exploitant au maximum les effets du 11 septembre. Et à l’ombre d’une manipulation par le lobby sioniste dont des éléments noyautent l’actuelle Administration US. Émile KHOURY
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