Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont engagé hier une série de mesures contre d’éventuelles représailles terroristes après le début de la guerre contre l’Irak. « À cause de l’intervention militaire engagée contre l’Irak, des actions de représailles visant les citoyens et intérêts américains à travers le monde sont possibles », a indiqué le département d’État dans un communiqué. « Les manifestations publiques sont également susceptibles de provoquer des actes de violences visant des citoyens américains, des symboles des États-Unis ou d’autres intérêts américains et occidentaux », a ajouté le communiqué, qui fait référence à des menaces d’attentats au moyen d’« engins explosifs » ou d’« agents chimiques et biologiques ». Au Moyen-Orient, l’ambassade US à Ryad a conseillé hier aux Américains de veiller davantage à leur sécurité personnelle et de rester vigilants sans demander à ses ressortissants de quitter le royaume. À Bahreïn, les ambassades de Grande-Bretagne et des États-Unis ont respectivement élevé le niveau des mesures de sécurité et appelé les ressortissants américains à la vigilance. En Égypte, l’ambassade US a annoncé hier avoir sensiblement réduit ses activités après le déclenchement de la guerre contre l’Irak. À Amman, l’ambassade des USA a suspendu ses services au public jusqu’à nouvel ordre, en « continuant de fournir les services d’urgence aux citoyens américains ». De son côté, l’ambassade britannique à Amman est assurée par « un personnel réduit », le personnel non essentiel ayant évacué le pays en début de semaine. À Damas hier, les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne ont fermé leurs portes jusqu’à nouvel ordre. En Turquie, les États-Unis ont autorisé leurs diplomates « non essentiels » en poste et leurs familles à partir sur une base volontaire, a annoncé le département d’État. Toujours en Turquie, la sécurité des représentations américaine et britannique a été renforcée dans la ville d’Izmir. La plupart des pays européens ont aussi renforcé leurs mesures de sécurité pour prévenir d’éventuels attentats et protéger les intérêts des États-Unis et de leurs alliés. Du nord au sud de l’Europe, la sécurité a été renforcée en particulier autour des ambassades américaines et britanniques. À La Haye, l’accès aux ambassades des États-Unis, de Grande-Bretagne et d’Espagne est bloqué depuis hier matin par la police qui dévie la circulation. À Berlin, le périmètre autour de l’ambassade de Grande-Bretagne, près de la célèbre Porte de Brandebourg, là où passait autrefois le Mur, a été interdit à la circulation automobile et aux piétons. En Grande-Bretagne, des policiers armés ont été déployés autour de la base militaire de Fairford (ouest), où sont basés 14 bombardiers américains B-52 appelés à participer à la campagne aérienne contre l’Irak. La Belgique a également renforcé son dispositif de sécurité, notamment dans le quartier européen, où s’est ouvert hier soir un sommet de l’UE. En Espagne, les forces de sécurité espagnoles ont été placées en état d’alerte préventive. En France, 500 militaires supplémentaires devaient être affectés dès jeudi au dispositif antiterroriste, baptisé « Vigipirate », en vigueur depuis les attentats du 11 septembre et qui est désormais composé de 800 hommes. En Grèce, quelque 4 500 policiers étaient mobilisés à Athènes pour renforcer la protection de diverses cibles potentielles d’attentats terroristes, en particulier l’ambassade américaine. De nombreux pays d’Europe de l’Est et du Nord ont également renforcé leurs mesures de sécurité, notamment autour des ambassades des pays soutenant la guerre, comme c’est le cas en Suède, au Danemark, en Norvège, en Finlande, ainsi qu’à Moscou. Enfin, au Pakistan, la plupart des personnels de l’ambassade américaine devraient quitter le pays dans les jours qui viennent en prévision de réactions violentes après le lancement des opérations militaires américaines en Irak, a indiqué un responsable de l’ambassade.
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