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Moto Barry Sheene ne défiera plus la mort

L’Anglais Barry Sheene, qui a vécu sa carrière comme sa vie d’homme en trompe-la-mort, s’est plusieurs fois miraculeusement relevé d’accidents graves, mais a finalement cédé à un cancer auquel il aura longtemps résisté sur l’île continent où il avait émigré pour soigner... des rhumatismes. Lors de sa dernière sortie publique, à l’occasion du Grand Prix d’Australie 2002, Sheene est apparu souriant, voire insouciant sur un podium dressé à Phillip Island. Il n’a parlé que de moto et d’avenir au speaker qui l’interrogeait, puis s’est discrètement éclipsé. Véritable chevalier de la moto, Sheene en a aussi été l’enfant terrible. Tous les anciens, sur le paddock, se souviennent de ce pilote provocateur, qui avait percé son casque à hauteur de la bouche pour allumer fugacement une cigarette brune française pendant les arrêts lors des essais ou avant le départ d’un Grand Prix. C’est à ce goût immodéré du tabac que tous attribuent l’origine de la maladie qui l’a emporté. Mais le plus fort souvenir gravé dans la mémoire des aficionados reste sa témérité et sa vélocité. Né le 11 septembre 1950, à Holborn, quartier de Londres, Sheene a couru sur tout ce qui portait moteur. Il a bricolé lui-même des 50 cc et des 125 cc, abandonnées par les usines qui les avaient retirées de la compétition. Cela ne l’a pas empêché de gagner dans ces deux catégories, dès 1967, à l’âge de 17 ans, deux ans avant de remporter son premier championnat d’Angleterre 125 cc. Il accède au championnat du monde (125 cc) en 1970, sur Suzuki. L’année suivante, il remporte les Grands Prix de Belgique, de Suède et de Finlande, termine deuxième à deux reprises et quatre fois troisième pour monter sur la deuxième marche du podium de fin de saison, derrière Angel Nieto (Derbi). Peu à l’aise en 250 cc, où il ne remportera rien, c’est en 500 cc que Sheene a donné sa pleine mesure, avec 19 victoires, dont 18 sur Suzuki, marque à laquelle il est resté fidèle de 1974 à 1984, à l’exception d’une incartade peu fructueuse chez Yamaha en 1980, 1981 et 1982 (une seule victoire, au Grand Prix de Suède 19801). Un chiffre en dit long sur Barry Sheene : 217,30 km/h, la moyenne record à laquelle il a bouclé les 141,2 km du Grand Prix de Belgique 1977, sur le circuit de Spa-Francorchamps. Il avait parcouru son tour record à 220,721 km/h, soit plus vite que la pole position du Suisse Philippe Coulon (220,147 km/h). En 1975, Sheene se fracture le fémur gauche, les deux poignets, la clavicule et six côtes lors d’une chute à 300 km/h à Daytona (États-Unis). Il revient à la compétition en fin de saison et, en 1976, remporte cinq courses et le titre de champion du monde. Six victoires en 1977 l’assurent d’une seconde couronne, sa dernière. Car, en dépit d’un dilettantisme apparent, Sheene est le premier vrai professionnel du monde de la moto. À l’époque où, pour gagner peu, il fallait courir dans plusieurs catégories au cours d’un même week-end, l’Anglais a amené la fantaisie, le lustre provocateur des voitures de prestige, des mannequins et des parraineurs extérieurs dans les paddocks qui n’avaient connu que le cambouis et les marques de bougies ou d’huile. Le dandy au casque à tête de Donald a été décoré de l’Ordre de l’Empire britannique en 1978.
L’Anglais Barry Sheene, qui a vécu sa carrière comme sa vie d’homme en trompe-la-mort, s’est plusieurs fois miraculeusement relevé d’accidents graves, mais a finalement cédé à un cancer auquel il aura longtemps résisté sur l’île continent où il avait émigré pour soigner... des rhumatismes. Lors de sa dernière sortie publique, à l’occasion du Grand Prix d’Australie 2002, Sheene est apparu souriant, voire insouciant sur un podium dressé à Phillip Island. Il n’a parlé que de moto et d’avenir au speaker qui l’interrogeait, puis s’est discrètement éclipsé. Véritable chevalier de la moto, Sheene en a aussi été l’enfant terrible. Tous les anciens, sur le paddock, se souviennent de ce pilote provocateur, qui avait percé son casque à hauteur de la bouche pour allumer fugacement une cigarette brune...