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La dispute Ryad/Tripoli tourne à la crise diplomatique

L’altercation entre le numéro un libyen Mouammar Kadhafi et le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel-Aziz au sommet arabe, samedi, s’est transformée hier en crise ouverte entre les deux pays avec la décision de Tripoli de rappeler son ambassadeur à Ryad. En annonçant ce rappel, le Congrès général du peuple, l’équivalent du Parlement en Libye, a exprimé « son mécontentement de l’agression » du colonel Kadhafi par le prince Abdallah, a-t-on annoncé de source officielle. Cette instance va par ailleurs examiner l’avenir des relations entre les deux pays. L’Arabie pourrait répliquer par une mesure réciproque, a-t-on appris à Ryad. Le dirigeant libyen a par ailleurs proclamé hier au Caire sa détermination à se retirer de la Ligue arabe, estimant que l’appartenance de son pays à l’Union africaine suffisait, rapporte l’agence égyptienne Mena. Le colonel Kadhafi a souligné que « sa demande de retrait de la Ligue arabe est sérieuse et officielle », lors d’un entretien avec les rédacteurs en chef des journaux et des intellectuels égyptiens, selon la Mena. Lors du sommet, M. Kadhafi avait affirmé que le roi Fahd d’Arabie saoudite lui avait indiqué, après l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, que son pays était prêt « à s’allier au diable » pour se défendre contre la menace irakienne. Il a aussitôt été interrompu par le prince Abdallah qui lui a répliqué que « l’Arabie n’est pas un agent du colonialisme », avant de le traiter de « menteur » et de lui souhaiter la mort. À Ryad, le quotidien Okaz, qui reflète les vues officielles, a ouvertement appelé lundi à renverser le dirigeant libyen, affirmant que « le maintien de son régime (...) représente une menace plus réelle pour la nation arabe que celle des puissances étrangères arrogantes ». Depuis l’arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi à Tripoli en 1969, les relations entre la Libye et l’Arabie ont connu plusieurs crises. Mais elles s’étaient améliorées ces dernières années, à la suite d’une médiation saoudo-sud-africaine qui a permis à la Libye d’obtenir en avril 1999 une suspension des sanctions internationale qui lui étaient imposées en raison de son rôle présumé dans l’affaire de Lockerbie. Selon un diplomate à Ryad, la colère du prince Abdallah contre le dirigeant libyen s’explique par son allusion à un « alignement de Ryad sur les États-Unis (dans la crise irakienne) alors que l’Arabie saoudite tente de prévenir une guerre ». L’analyste politique saoudien Anwar Echki estime quant à lui que l’intervention du prince saoudien était nécessaire pour « empêcher Kadhafi de gâcher le sommet » et affirme qu’il avait réussi à le faire. Commentant l’incident, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, a souligné au quotidien saoudien al-Jazira d’hier que le temps des « flatteries » dans les relations entre pays arabes était révolu et que « chacun doit être tenu responsable de ses actes ».
L’altercation entre le numéro un libyen Mouammar Kadhafi et le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel-Aziz au sommet arabe, samedi, s’est transformée hier en crise ouverte entre les deux pays avec la décision de Tripoli de rappeler son ambassadeur à Ryad. En annonçant ce rappel, le Congrès général du peuple, l’équivalent du Parlement en Libye, a exprimé « son mécontentement de l’agression » du colonel Kadhafi par le prince Abdallah, a-t-on annoncé de source officielle. Cette instance va par ailleurs examiner l’avenir des relations entre les deux pays. L’Arabie pourrait répliquer par une mesure réciproque, a-t-on appris à Ryad. Le dirigeant libyen a par ailleurs proclamé hier au Caire sa détermination à se retirer de la Ligue arabe, estimant que l’appartenance de son pays à l’Union africaine...