Les ministres des Finances des pays les plus riches (G7/G8) devaient se pencher à partir d’hier à Paris sur une croissance mondiale toujours anémiée, dans un contexte assombri par la crise irakienne et les tensions entre les États-Unis et la France. Pour le ministre français des Finances, Francis Mer, qui préside la réunion, celle-ci permettra aux ministres des Finances et aux banquiers centraux du Groupe des sept (G7) pays les plus industrialisés « ensemble de faire le point » sur la situation économique mondiale. « Nous sommes des veilleurs et ensemble nous représentons d’une certaine manière près de la moitié de l’économie mondiale », a fait valoir le ministre hier, avant le début de la rencontre. Quelques manifestations antimondialisation sont annoncées, en marge de ces entretiens, qui auront lieu au ministère des Finances. « Le plus important pour nous (est) d’avoir davantage de croissance de l’économie mondiale », ce qui constituera « un des thèmes de la discussion » à Paris, indiquait jeudi à Londres le nouveau secrétaire américain au Trésor, John Snow, pour qui cette réunion est la toute première du genre. Un point de vue que partage le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, selon M. Snow qui l’a rencontré à Londres : « Nous avons partagé l’opinion que la croissance économique doit être le point de focalisation du G7 », a-t-il indiqué à son arrivée à Paris, en train Eurostar. Selon Francis Mer, les ministres vont essayer « ensemble de trouver les moyens de prévenir des situations plus dangereuses les unes que les autres ». La tâche est difficile : l’incertitude sur le déclenchement d’une offensive contre l’Irak pénalise gravement l’économie. Les marchés sont particulièrement nerveux, cherchant à anticiper les risques, les entrepreneurs diffèrent leurs projets d’investissement, les ménages sont de plus en plus moroses et les cours du pétrole flambent, aggravant les pressions inflationnistes. S’y ajoutent les tensions entre les États-Unis et la France sur la nécessité de faire la guerre à Bagdad, leurs bisbilles diplomatiques débordant sur la sphère économique avec des menaces de boycott des produits français outre-Atlantique. Si le G7/G8 s’essaie à l’exercice risqué des scénarios irakiens, pour évaluer les marges de manœuvre de chacun en termes de politique monétaire mais aussi budgétaire, la réflexion ne devrait pas être publique « pour ne pas devancer » l’issue de la crise actuelle, a-t-on averti au ministère français des Finances. L’Irak ne devrait qu’être à l’« arrière-plan » de la réunion, a indiqué John Snow. Pour Francis Mer, la guerre possible en Irak « n’est pas notre problème (...) elle ne relève pas de nos responsabilités ».
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