Rechercher
Rechercher

Actualités

CONCERT À l’amphithéâtre des sciences humaines (USJ) Le son nu du violon

Sous une flaque de lumière sur une scène nue, un musicien, Sorin Horlea, le violon niché entre cou et épaule, a offert aux nombreux mélomanes venus l’applaudir une prestation d’une grande sobriété sonore. Instrument de la plus extrême des solitudes et de l’errance humaine, le violon est le compagnon indéfectible des fêtes improvisées et des deuils inconsolables. Entre rires et larmes, le violon traduit la riche et infinie palette des émotions humaines. Au menu, un peu court mais varié, des pages de Bach, Paganini et Ysaye. Ouverture avec la Sonate en sol mineur (adagio, fugue, siciliana et presto) de Jean-Sébastien Bach où se déploie dans toute sa splendeur l’architecture fine et pure des partitions du cantor. Mêlant dans une rigueur absolue et avec un certain sens de la piété tous les attributs mystiques et humanistes de la Renaissance, cette narration aux couleurs éthérées et tout en contraste est le reflet d’un génie musical dont on n’a pas fini de subir l’éclatante séduction. Après un bref entracte, place au plus virtuose et magicien des compositeurs, celui qui donna toutes ses lettres de noblesse au violon et l’on nomme Niccolo Paganini. On l’écoute ici dans deux Caprices (n 18 et 23) où transparaît toute l’habileté à tirer les ressources les plus inattendues des cordes d’un violon. Brillante, pleine de mystère et de fantaisie, entre staccato et chromatisme échevelé, ces narrations révèlent surtout un tempérament de feu. Du bouillant Paganini, on passe aux teintes plus « pastellisées » d’Eugène Ysaye. Violoniste, compositeur et chef d’orchestre, Ysaye a joué un rôle essentiel dans le répertoire violonistique en assurant la transition du romantisme vers le XXe. Il a su faire évoluer la technique vers une virtuosité moins directe et moins démonstrative que celles des tourmentes romantiques et avec lui les cordes du violon ont vibré dans des tonalités plus impressionnistes avec quelques stridences douces, d’une modernité peu agressive. On l’écoute ici dans deux œuvres (Malinconia et la Sonate n3 ballade) teintées d’une frileuse mélancolie et enrobées d’une certaine tristesse malgré des accents parfois passionnés et véhéments. Les dernières notes sont accueillies par une grande et chaleureuse ovation. Un nouveau rappel accordé avec grâce et s’éloigne le violoniste en costume sombre, son indéfectible compagnon sous le bras … Edgar DAVIDIAN
Sous une flaque de lumière sur une scène nue, un musicien, Sorin Horlea, le violon niché entre cou et épaule, a offert aux nombreux mélomanes venus l’applaudir une prestation d’une grande sobriété sonore. Instrument de la plus extrême des solitudes et de l’errance humaine, le violon est le compagnon indéfectible des fêtes improvisées et des deuils inconsolables. Entre rires et larmes, le violon traduit la riche et infinie palette des émotions humaines. Au menu, un peu court mais varié, des pages de Bach, Paganini et Ysaye. Ouverture avec la Sonate en sol mineur (adagio, fugue, siciliana et presto) de Jean-Sébastien Bach où se déploie dans toute sa splendeur l’architecture fine et pure des partitions du cantor. Mêlant dans une rigueur absolue et avec un certain sens de la piété tous les attributs mystiques et...