Les SR français réfutent tout lien entre Zarkaoui et Bagdad
le 08 février 2003 à 00h00
Aucun lien n’a jamais pu être établi, au cours d’années d’enquête des services de renseignements français sur les mouvements islamistes les plus radicaux, entre le Jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, figure importante d’el-Qaëda, et le régime de Bagdad, ont affirmé de hauts responsables de la lutte antiterroriste à Paris. Cela contredit formellement, selon ces mêmes sources, les affirmations du secrétaire d’État américain qui, dans son réquisitoire mercredi contre Bagdad devant le Conseil de sécurité de l’Onu, avait assuré que l’Irak « héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab al-Zarkaoui, associé et collaborateur d’Oussama Ben Laden ». Colin Powell, à l’appui de ses propos, avait également montré un diagramme, censé représenter avec plusieurs photos « le réseau de Zarkaoui lié à l’Irak », sur lequel figuraient les portraits de deux islamistes arrêtés dans la banlieue parisienne en décembre dernier, le Franco-Algérien Merouane Benahmed et le Français d’origine algérienne Menad Benchellali. Là encore, les responsables de l’antiterrorisme français, parlant sous le couvert de l’anonymat, sont formels : « À aucun moment, l’enquête de la DST (direction de la surveillance du territoire, contre-espionnage français), à l’origine de ces arrestations, n’a établi le moindre lien entre ces deux hommes et al-Zarkaoui », ont-il affirmé. Des responsables des services secrets allemands ont de leur côté souligné, dans le quotidien Sueddeutsche Zeitung paru hier, que les indices utilisés par Colin Powell ont été gonflés à des fins politiques. Concernant le lien établi entre l’Irak et el-Qaëda, un responsable allemand explique : « Il a pu y avoir des contacts », relève un autre responsable allemand cité par le Sueddeutsche Zeitung. « Mais cela est parfaitement normal dans le monde arabe. Qu’il y ait eu des contacts ne prouve pas l’existence de liens. » Ces responsables ne mettent pas en cause la sincérité du secrétaire d’État mais plutôt la tendance de ceux qui ont préparé le dossier à envisager les éléments présentés sous une seule optique, « transformant des données brutes en preuves ».
Aucun lien n’a jamais pu être établi, au cours d’années d’enquête des services de renseignements français sur les mouvements islamistes les plus radicaux, entre le Jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, figure importante d’el-Qaëda, et le régime de Bagdad, ont affirmé de hauts responsables de la lutte antiterroriste à Paris. Cela contredit formellement, selon ces mêmes sources, les affirmations du secrétaire d’État américain qui, dans son réquisitoire mercredi contre Bagdad devant le Conseil de sécurité de l’Onu, avait assuré que l’Irak « héberge aujourd’hui un réseau terroriste meurtrier dirigé par Abou Moussab al-Zarkaoui, associé et collaborateur d’Oussama Ben Laden ». Colin Powell, à l’appui de ses propos, avait également montré un diagramme, censé représenter avec plusieurs photos « le...
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