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George W. Bush, fils spirituel de Reagan mais plus conservateur

Fils spirituel de Ronald Reagan, George W. Bush se veut un président parfois plus conservateur, notamment sur le plan économique où il prône un laisser-faire à tout crin qui n’épargne aucun programme social. Son projet de budget pour l’année fiscale 2004 présenté au Congrès est la dernière expression de ce conservatisme pur et dur, estiment plusieurs experts comme Allan Lichtman, professeur de sciences politiques à American University. Ignorant l’explosion du déficit des finances publiques depuis qu’il est entré à la Maison-Blanche en 2001, due en partie à la réduction d’impôts qu’il a fait voter par un Congrès républicain, George W. Bush propose de poursuivre dans cette direction avec une élimination de la taxe sur les dividendes, une mesure qui favorisera les plus nantis, indique le spécialiste. En même temps, il demande une énorme augmentation du budget de la Défense et entend réformer profondément le système d’assurance-maladie des retraités, le « Medicare », en le privatisant partiellement. Quant aux autres programmes sociaux, George W. Bush veut les geler ou les diminuer. Il propose d’établir de nouveaux contrôles sur l’assistance aux pauvres et la distribution des repas subventionnés dans les écoles. « George W. Bush tente de mettre en œuvre des politiques que Ronald Reagan n’avait même pas rêvées », observe M. Lichtman. Comme M. Bush, Ronald Reagan s’était battu avec succès au début de sa présidence, en 1981, pour une réduction d’impôts, mais celle-ci était plus équitablement répartie entre les différentes tranches de revenus, rappelle-t-il. M. Reagan avait aussi accepté de revenir en arrière en acceptant des hausses d’impôts face à une aggravation du déficit budgétaire, relève Thomas Mann, un politologue de la Brookings Institution. Enfin Ronald Reagan, l’un des présidents les plus populaires de l’histoire américaine, n’avait jamais exprimé le désir de privatiser de grands programmes sociaux comme le « Medicare » même s’il s’est efforcé de réduire la taille du gouvernement, note cet expert, en estimant que « M. Bush est plus conservateur que Ronald Reagan dont il est l’héritier ». Le président George Bush père était progressiste comparé à son fils, s’accordent aussi à dire nombre d’observateurs. « L’ancien président Bush était beaucoup plus modéré que George W., plus ouvert, pas aussi idéologue », souligne le sénateur Robert Byrd, doyen démocrate du Sénat. Pour Allan Lichtman, « les actions et objectifs poursuivis par M. Bush représentent probablement les politiques les plus conservatrices depuis les années 20 » avant la mise en place des grands programmes économiques et sociaux de Franklin Roosevelt. Les politiques de M. Bush sont animées par toute la psychologie conservatrice en matière budgétaire et fiscale, à savoir « la redistribution des ressources aux plus riches et un assèchement des moyens budgétaires pour forcer à terme les démocrates à tailler dans les programmes sociaux pour contrôler le déficit », explique l’expert d’American University. Même les conservateurs les plus fervents se sont déclarés agréablement surpris des propositions de réduction d’impôts et de gel des dépenses proposées par M. Bush. « Je suis absolument ravi de voir qu’il va encore plus loin que ce que l’on attendait », a affirmé dans le Washington Post Dan Mitchell, un fiscaliste de « Heritage Foundation », un institut privé de recherche ultra-conservateur. Nuançant ces analyses, Stephen Hess, un expert de la Brookings Institution, juge que George W. Bush, « bien que très conservateur dans l’âme comme Reagan, a déjà montré qu’il était aussi capable de pragmatisme ». Il a notamment accepté, après y avoir été opposé, la fédéralisation du contrôle de sécurité dans les aéroports jusqu’alors effectué par des entreprises privées.
Fils spirituel de Ronald Reagan, George W. Bush se veut un président parfois plus conservateur, notamment sur le plan économique où il prône un laisser-faire à tout crin qui n’épargne aucun programme social. Son projet de budget pour l’année fiscale 2004 présenté au Congrès est la dernière expression de ce conservatisme pur et dur, estiment plusieurs experts comme Allan Lichtman, professeur de sciences politiques à American University. Ignorant l’explosion du déficit des finances publiques depuis qu’il est entré à la Maison-Blanche en 2001, due en partie à la réduction d’impôts qu’il a fait voter par un Congrès républicain, George W. Bush propose de poursuivre dans cette direction avec une élimination de la taxe sur les dividendes, une mesure qui favorisera les plus nantis, indique le spécialiste. En...