Cinq équipes de tête, toutes regroupées en trois points, disputent ce soir la 26e journée d’une Ligue 1 de football qui entretient le suspense à défaut de dégager un grand favori. Le troisième, Marseille, accueille Le Havre, tandis que les quatre autres sont en déplacement : Auxerre (5e) à Sedan, Bordeaux (6e) à Lens et le Paris-SG (7e) à Bastia. Nice, le deuxième, seule équipe de tête à ne pas faire partie des favoris désignés en début de saison, se rend pour sa part à Troyes, lanterne rouge à la dérive. Face au Havre, malgré les trois victoires consécutives du club doyen, l’OM semble partir avec un net avantage, à moins d’accuser le coup après sa défaite à Bordeaux (3-1) dimanche soir. Car ce match a laissé des traces : Fabio Celestini a reçu un coup derrière le genou, articulation qui fait toujours quelque peu souffrir Frank Lebœuf, tandis que Manuel Dos Santos se plaint du tibia gauche et Lamine Sakho de son adducteur droit. Tous sont incertains. Par ailleurs, Pascal Johansen est suspendu et Fernandao forfait (nerf sciatique). Auxerre et Bordeaux reviennent De son côté, la meilleure défense de Ligue 1, Nice (18 buts), se déplace sans trop de crainte chez la plus faible attaque, Troyes (14 buts), qui a déjà un pied en Ligue 2 malgré la confiance affichée par l’entraîneur Faruk Hadzibegic. D’autant que l’ESTAC doit se passer de ses deux milieux de terrain défensifs, Frédéric Adam et Carl Tourenne, suspendus. La possibilité de se glisser dans le peloton de tête est réelle pour Auxerre et le revenant Bordeaux, qui bénéficient tous deux d’un match en retard. Auxerre, après trois journées peu prolifiques en points (2) comme en buts (0), s’est rassuré samedi face à Sochaux (2-0), au moment d’aborder un mois de février chargé (Ligue 1, 8es de finale de Coupe de France, 8es de finale de Coupe de l’UEFA). À contrario, Sedan, corrigé à Monaco (3-0), s’affiche en position de premier relégable. À Lens, Bordeaux va tenter de confirmer son excellent redressement de ces dernières journées (trois victoires de rang, cinq matchs d’affilée sans défaite). Mais attention aux Sang et Or (10es), qui ont récupéré au mercato leur ancienne idole, Tony Vairelles. L’attaquant, prêté par Lyon, pourrait être titularisé d’entrée. Avec 27 points, Ajaccio (17e) et Rennes (16e) flirtent avec la zone rouge. Mais leurs espoirs de grappiller quelques places à l’occasion de cette 26e journée sont maigres. Les Corses se rendent à Sochaux, dans un stade Bonal où les Lionceaux n’ont pas perdu cette saison (9 victoires, 3 nuls), tandis que Rennes se déplace à Nantes (12e) avec le pire total de défaites à l’extérieur en L1 (9). PSG avec Pédron Après un succès au forceps face à Strasbourg, sur un tapis de neige, le Paris-SG (7e), à égalité de points avec les Girondins (39 pts), s’en va disputer un match délicat, mais sous des cieux plus cléments, à Bastia. En grande forme depuis la reprise, les Bastiais ont pris l’habitude de faire plier les gros bras à Furiani. Marseille, Lyon et Auxerre peuvent en témoigner. Le PSG, qui peut compter sur sa dernière recrue, Stéphane Pédron, pour animer le flanc gauche, n’a cependant plus encaissé de but depuis cinq rencontres. Enfin, Montpellier reçoit Strasbourg. Les Héraultais, qui n’ont plus gagné depuis 10 matchs (record de L1), vont tenter de redresser la barre d’un navire qui coule lentement mais inexorablement vers la Ligue 2. La dernière rencontre, Guingamp-Lille, a été reportée en raison des conditions climatiques. Les Lillois avaient déjà été privés de terrain le week-end passé, à cause du report de leur rencontre à domicile devant Montpellier. Marseille en quête de rachat Après son échec bordelais, l’Olympique de Marseille aura à cœur, ce soir face au Havre, de se racheter en préservant son invincibilité au stade Vélodrome. Actuellement troisième du classement avec 42 points, les hommes d’Alain Perrin veulent surtout ne pas se laisser décrocher du peloton des prétendants – sept clubs qui se tiennent en trois points. « Pour rester en haut de tableau, nous devons nous imposer. Nous n’avons pas d’autres choix, l’entraîneur s’est d’ailleurs chargé de nous le rappeler », a expliqué l’attaquant Lamine Sakho, qui avait ouvert la voie du succès (3-1) en inscrivant le premier but de son équipe lors du match aller en Normandie. Il faudra pour cela que les joueurs marseillais soient plus présents sur les phases de jeu arrêté pour éviter d’encaisser de nouveaux buts sur corners, comme ce fut encore le cas à Bordeaux. « Le manque de concentration nous a durement sanctionnés depuis le début de la saison. C’est dommage car ces phases sont en définitive les plus faciles à contrôler », a affirmé Alain Perrin, le manager sportif du club. Invaincu depuis le début de la saison au stade Vélodrome, l’OM ne devrait toutefois pas se retrouver souvent en danger face au Havre, 14e avec 29 points, et qui possède l’une des plus mauvaises attaques du championnat. Le plus compliqué sera peut-être de trouver la faille dans un système normand très défensif. « Comme toutes les équipes qui nous rendent visite, les Havrais n’auront d’autre objectif que d’accrocher le point du match nul », a encore prévenu Sakho. Bordeaux à Lens pour confirmer Bordeaux, qui est en plein renouveau et reste sur quatre victoires consécutives dont la dernière face à Marseille (3-1) dimanche, passera un test important ce soir à Lens. « Ne nous emballons pas. Nous avons un match délicat à jouer mercredi à Lens. » Ces propos de l’entraîneur bordelais Élie Baup à l’issue de la victoire sur l’OM en dit long sur la prudence d’une équipe échaudée par un parcours en dents de scie, alors qu’elle se voyait en début de saison tout en haut de l’affiche. Revenus à trois points des leaders avec un match en retard à jouer à Strasbourg, les Girondins de Bordeaux peuvent, s’ils continuent sur la voie tracée depuis la fin du mois de décembre avec une victoire déclic contre le leader de l’époque Nice (4-0), se retrouver non seulement européens, mais peut-être en Ligue des champions. « Nous n’avons pas le temps de nous arrêter à cela. Il faut penser à ce match de Lens, une équipe très athlétique et qui ne va pas manquer de nous bousculer. Compte tenu des efforts consentis contre Marseille, j’ai des craintes sur la récupération », estime Élie Baup. Des craintes fondées par le resserrement voulu de son effectif au moment du mercato, mais ce type de groupe ressoudé en un 4-4-2 tourné vers l’avant a déjà donné un titre aux Bordelais en 1998-1999. Bordeaux, qui s’était égaré sur des voies qui ne lui correspondaient pas, s’est retrouvé en misant sur ses acquis. « Nous avons retrouvé nos valeurs de solidarité et d’abnégation, ainsi que la confiance », ajoute le coach bordelais. Il pourra en tout cas compter sur tout son effectif. C’est donc une équipe sans surprise qui foulera la pelouse du Stade Bollaert ce soir. Paris-SG à Bastia pour poursuivre sa remontée Le Paris-SG, annoncé en crise et perdu pour le titre avant la trêve, est revenu à trois points des premiers et peut espérer poursuivre sa remontée dans un haut de tableau très resserré en cas de victoire à Bastia, ce soir, lors de la 26e journée du championnat de Ligue 1 de football. Ce revirement, les joueurs de Luis Fernandez le doivent autant à l’absence de patron dans la L1, les cadors s’inclinant tour à tour, qu’à une solidité retrouvée. Seulement huitième défense du championnat avant Noël, Mauricio Pochettino et ses collègues ont rendu leur but inviolable depuis cinq journées. Une rigueur qui a permis d’exploiter au mieux les rares buts parisiens en championnat (trois pour trois victoires 1 à 0 et deux nuls 0 à 0), inscrits sans la vedette brésilienne Ronaldinho, laissée sur le banc des remplaçants par Fernandez. « On se sent plus costaud. En ce moment on est bien, mais il ne faut pas s’arrêter là. On peut être encore mieux mercredi soir si on obtient un bon résultat à Bastia », selon le défenseur Lionel Potillon, qui compte beaucoup sur l’art de la dernière passe de la recrue Stéphane Pédron pour améliorer l’efficacité offensive des siens. Bredouilles Lui, comme ses partenaires, sait que pour être champion, Paris ne doit plus laisser les points filer bêtement et doit l’emporter en Corse, comme la saison passée (0-1) : « Il ne s’agit pas de battre les grosses équipes et de baisser le pied contre les plus faibles comme on l’a fait lors des matchs aller », explique l’ancien Stéphanois. Le match face à Bastia, le 22 septembre au Parc des Princes (1-1), avait à cet égard été symptomatique, puisque les Parisiens, dominés par les Corses, avaient éprouvé toutes les peines du monde à égaliser par Paulo Cesar après l’ouverture du score de Lilian Laslandes qui effectue d’ailleurs son retour de blessure. Les récentes statistiques parisiennes ne sont pas de nature à inquiéter Bastia. « L’équipe est en confiance. Si on joue sur notre valeur, on est capable de battre n’importe qui, et sur un match on est capable de battre le PSG », prévient le milieu de terrain défensif bastiais Sébastien Piocelle. À l’exception de Lens en tout début de championnat (1-1), tous les ténors de la Ligue 1 sont repartis bredouilles de Furiani, où Auxerre, Lyon et Marseille se sont inclinés 2 à 0, Bordeaux (1-2) et Monaco (0-1) faisant à peine mieux.
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