La douleur des familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis est venue bouleverser hier le procès du Marocain Mounir el-Motassadek, jugé à Hambourg pour complicité dans ces attaques kamikazes. La Cour a écouté, les larmes aux yeux, les témoignages poignants de six Américains qui ont perdu des proches ou ont été blessés lors des attentats. L’un d’entre eux n’a pu que livrer un témoignage écrit, après s’être fait excuser pour raison de santé. Mais les cinq autres n’ont pas hésité à regarder l’accusé droit dans les yeux. Au récit de Joan Molinaro, l’interprète de la Cour chargé de traduire ses propos n’a pu retenir ses larmes. La vision de son fils Carl, un pompier écrasé par la tour nord du World Trade Center, ne la quitte plus. Stephen Push, dont la femme Lisa a été tuée dans l’avion qui s’était écrasé sur le Pentagone à Washington, a raconté comment il est hanté par « les derniers trois quarts d’heure de la vie de ma femme ». « Je sais que sur certains des avions, les terroristes ont poignardé ou tranché la gorge de certains passagers et membres d’équipage. Je sais, d’après la répartition des sièges, que ma femme aurait été la passagère la plus proche des terroristes dans la classe économique », a-t-il dit. « Souvent, la nuit, je reste éveillé et je me demande si elle était blessée ou si elle a souffert pendant le reste du vol », a ajouté le fondateur de l’Association des familles des victimes du 11 septembre basée à Washington. Motassadek, 28 ans, étudiant en électrotechnique de l’Université de Hambourg, est accusé d’avoir été un « rouage essentiel » de la cellule de Hambourg, base-arrière des attentats qui ont fait plus de 3 000 morts. Selon l’accusation, il aurait approvisionné le compte de l’un des kamikazes, afin de payer les cours d’aviation de plusieurs d’entre eux, en connaissance de leurs plans. Depuis le début de l’instruction, il a reconnu avoir été dans un camp en Afghanistan et avoir fréquenté à trois des kamikazes, l’Égyptien Mohammed Atta, considéré comme leur leader, l’Émirati Marwan al-Shehhi et le Libanais Ziad Jarrah. Mais il nie avoir jamais été au courant des projets d’attentats. Le procès est désormais entré dans sa phase finale, en dépit de procédures de dernière minute engagées par la défense pour obtenir de nouveaux témoignages et l’accès à de nouveaux dossiers. Le verdict est attendu pour le début du mois de février.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La douleur des familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis est venue bouleverser hier le procès du Marocain Mounir el-Motassadek, jugé à Hambourg pour complicité dans ces attaques kamikazes. La Cour a écouté, les larmes aux yeux, les témoignages poignants de six Américains qui ont perdu des proches ou ont été blessés lors des attentats. L’un d’entre eux n’a pu que livrer un témoignage écrit, après s’être fait excuser pour raison de santé. Mais les cinq autres n’ont pas hésité à regarder l’accusé droit dans les yeux. Au récit de Joan Molinaro, l’interprète de la Cour chargé de traduire ses propos n’a pu retenir ses larmes. La vision de son fils Carl, un pompier écrasé par la tour nord du World Trade Center, ne la quitte plus. Stephen Push, dont la femme Lisa a été...