C’est Hussein Husseini qui parlait l’autre soir, à la télévision, d’une culture de la cordialité dans les rapports personnels entre les hommes politiques, fussent-ils adversaires, qui semble perdue. Une cordialité qu’on remplace par une culture du mépris, de la haine, du lynchage politique. Certes, l’installation de rapports haineux entre les membres de la classe politique ne date pas d’hier. Durant la guerre, le ciblage médiatique de certaines personnalités par les milices préludait parfois à leur assassinat. C’était le temps des milices. Or il semble que, sauf la balle et l’explosif, rien n’ait changé. Il y a toujours cet acharnement gratuit et injustifié à salir l’autre, à le discréditer, à mettre systématiquement en doute sa bonne foi et sa compétence. Seule la façon de le mettre hors-jeu a changé. Il n’est plus question de l’éliminer physiquement, mais tout le reste est permis. Nous en avons la preuve dans l’affaire du cellulaire. Nous l’avions, voici quelques semaines, dans l’affaire de la partielle du Metn-Nord. Nous y avons eu droit dans les années 90, quand on a évincé Sélim Hoss, Georges Corm ou encore quand on a empêché Georges Frem, ministre de l’Industrie, de faire son travail, sous la présidence d’Élias Hraoui. La haine pure et simple, le mensonge systématique, la déformation des faits feraient-ils partie de nos mœurs politiques ? Eh bien non ! Ils n’est pas permis de laisser des groupes, des personnalités de tous bords ou certains médias poursuivre leurs campagnes haineuses, sous prétexte qu’il ne s’agit pas de haine confessionnelle. Car, confessionnelle ou pas, la haine est la haine, et elle peut être très contagieuse. Le maniement des médias pour détruire une politique ou une réputation devrait être sévèrement sanctionné et faire l’objet d’une réglementation très stricte. Les pénalistes aussi bien que les moralistes vous le diront, la haine est le premier degré du meurtre. Sur un autre plan, et bien qu’il s’agisse d’un droit reconnu, en réclamant l’ouverture d’une enquête parlementaire ou en réclamant que l’Inspection centrale se saississe de l’affaire, on risque d’aller un peu vite en besogne et de priver Jean-Louis Cardahi de son droit à être cru sur parole. Si en matière pénale, le principe veut qu’un homme soit innocent jusqu’à preuve du contraire, a fortiori cette règle devrait s’appliquer en matière administrative. Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les chiffres du ministère des Télécommunications qui sont les bons, quels que soient les doutes qui pourraient être émis à leur endroit. La présomption d’innocence doit s’appliquer en matière administrative. Il semble, en fait, que le Premier ministre, en réclamant qu’on lui remette les chiffres officiels des recettes du téléphone cellulaire, ait fini par l’admettre. À la bonne heure ! Fady NOUN
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est Hussein Husseini qui parlait l’autre soir, à la télévision, d’une culture de la cordialité dans les rapports personnels entre les hommes politiques, fussent-ils adversaires, qui semble perdue. Une cordialité qu’on remplace par une culture du mépris, de la haine, du lynchage politique. Certes, l’installation de rapports haineux entre les membres de la classe politique ne date pas d’hier. Durant la guerre, le ciblage médiatique de certaines personnalités par les milices préludait parfois à leur assassinat. C’était le temps des milices. Or il semble que, sauf la balle et l’explosif, rien n’ait changé. Il y a toujours cet acharnement gratuit et injustifié à salir l’autre, à le discréditer, à mettre systématiquement en doute sa bonne foi et sa compétence. Seule la façon de le mettre hors-jeu a...