Les négociations pour la prorogation des contrats de gestion des deux réseaux de téléphonie mobile sont sur le point d’aboutir. Au terme de quinze jours de négociations très dures, le ministère est enfin parvenu à conclure avec les deux compagnies de gestion, Cellis et LibanCell, un accord technique et financier quasi complet. Selon une source informée proche des négociations, il ne reste plus que des questions de finissage et de détails, et la signature pourrait avoir lieu aujourd’hui. Un seul détail, financier, demeure à négocier, assure-t-on au ministère. Il porte sur les redevances dues aux deux compagnies pour le coût de croissance des services des deux réseaux. Ce coût est estimé à 16 ou 17 millions de dollars et couvre les dix mois séparant les deux dates du 1er septembre, date du transfert de la propriété des deux réseaux à l’État, et du 30 juin, date d’expiration du contrat de prorogation qui doit être signé. Toutefois, certains des travaux de développement sont d’intérêt durable, et leur effet pourrait aller jusqu’à la fin 2003. L’un des points les plus difficiles à négocier a été l’installation d’équipements d’audit complet des communications sur les deux réseaux, un instrument de mesure indispensable exigé par le ministère. M. Salah Bouraad, PDG de Cellis, a exprimé son appréhension au sujet de cet équipement, dont il redoute qu’il puisse influer négativement sur le fonctionnement des réseaux. « Vous pensez bien que l’État, qui est désormais propriétaire des réseaux, ne va rien faire pour les exposer à quelque panne, a déclaré pour sa part une source fiable au ministère. Il va de soi que cette installation sera faite par une société internationale, dans des conditions de professionnalisme, excluant toute marge d’erreur. » Lynchage médiatique Mais si le ministre des Télécoms est presque au bout de ses peines, sur le plan des négociations, il continuait d’être hier la cible d’un véritable lynchage médiatique de la part des députés haririens. C’était hier au tour de Adnan Arakji, Bassem Yammout, Mohammed Kabbani et Walid Eido d’insulter un ministre, auquel ils reprochent d’avoir osé remettre le Premier ministre à sa place, oubliant que c’est le quotidien al-Mostaqbal, appartenant à M. Rafic Hariri, qui, le premier, s’est livré à la désinformation, en mettant en question les chiffres officiels du ministère des Postes et Télécommunications sur les rentrées du téléphone cellulaire. En l’espace de quelques jours, non moins de dix députés du bloc de M. Hriri s’en sont pris publiquement à M. Cardahi. M. Arakji a demandé hier des comptes au ministre pour une somme de 200 milliards de livres que son département devait assurer au Trésor, en l’an 2000. Une accusation à laquelle le bureau de M. Cardahi a répondu en précisant le montant que son ministère a versé au Trésor, en 2000, à 759 milliards de livres. Pour sa part, M. Yammout a été jusqu’aux menaces, affirmant que si M. Cardahi « continue de s’attaquer à la position du Premier ministre » et d’avoir le verbe haut, en s’adressant à lui, « il lui sera répondu par des insultes et au même niveau ».
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