Les enfants victimes d’une pression semblable à celle du chef d’entreprise face à son bilan déficitaire... La scène ressemble à quelque grand succès du cinéma italien du temps de Sica... Elle est pourtant intimement liée à la réalité actuelle quasi générale. Les parents n’ont même pas à faire des efforts de réminiscence tant cette scène est vécue par eux au quotidien... Contrôles, examens, compétition, obsession des notes sont à l’origine d’un psychodrame éprouvant et répétif, volontairement ignoré des termes de la pédagogie... Ce n’est en fait que très récemment que certains spécialistes se sont mis à axer leurs travaux sur ce problème aussi vieux que l’école... Deux récents ouvrages, «À quoi sert l’école» du psychologue Claude Bourkobza (Éditions Louis Audibert) et «Les enfants malades du stress» du Dr Gisèle Georges (Éditions Anne Carrière), mettent en évidence la dimension de la tension nerveuse imposée, son retentissement et ses diverses conséquences chez les enfants d’âge scolaire. Sans adhérer aveuglément à cette thèse, une réflexion à la lumière des connaissances actuelles s’impose. D’ailleurs, le journal mensuel «Santé Magazine» a consacré un dossier important à cet aspect de la formation des jeunes générations face à un savoir en pleine évolution qui s’enrichit en s’amplifiant de jour en jour. Penché sur son cahier, bouche entrouverte et doigts crispés sur le crayon, il livre une véritable bataille intérieure ignorée de l’entourage... Les sources des grandes tensions nerveuses, on le constate, démarrent dès la petite enfance... Mis à l’école trop tôt, les enfants, estiment certains spécialistes, sont insuffisamment matures pour vivre en groupe, s’accommoder de certaines situations et avoir envie de rencontrer les autres éléments... du groupe. D’où un certain malaise générateur de stress. Par la suite, tout au long de sa scolarité, l’écolier sera soumis à de multiples situations stressantes que l’entourage, autant scolaire que familial, minimise ou ignore, mésestimant les retentissements chez le petit apprenti... Pour le pédopsychiatre, les adultes envisagent la fréquentation de l’école comme un divertissement formateur, ayant oublié, après l’acquisition du grand contrôle de soi de l’âge adulte, leur propre lointaine épreuve initiale de la vie en groupe. Les enfants, à leur tour, en pleine situation d’apprentissage durant les premières années de leur vie, éprouvent une tension intense, égale sinon supérieure à celle de l’adulte face à une épreuve qu’il craint. Une liste longue et variée Il serait inutile d’énumérer la très longue liste d’événements «éprouvants» qui jalonnent une scolarité, dès la maternelle. Les notes, les relations avec les autres, les changements à chaque rentrée, la succession d’enseignants sont sans doute formateurs pour le jeune appelé à vivre au sein de la société, mais ils sont aussi à l’origine d’un stress fort et continu, mésestimé généralement par les adultes. La pression scolaire n’est pas moins forte que celle vécue au sein des entreprises. Sans compter l’angoisse engendrée par les examens, les notes, les exposés et les rivalités entre les camarades ou les problèmes avec les enseignants... L’épreuve des plus sensibles... Comme dans la société des adultes, certains «apprentis» sont plus vulnérables, plus facilement «touchés» que le reste du groupe par certaines circonstances. Les timides, les sensibles, les introvertis, les angoissés, ceux qui manquent de confiance en eux-mêmes vont développer des réactions aux traumatismes subis au cours des jours. Des troubles de sommeil, des maux de tête, une fatigue persistante, des oppressions respiratoires peuvent se traduire par un mal-être moral. Chez le petit écolier, les difficultés de concentration, de mémorisation, les changements inexplicables d’humeur peuvent aussi n’être que des réactions à un événement ou à une situation mal vécue, entraînant un traumatisme. À petite dose, le stress n’est pas néfaste. Il a toujours existé et il peut devenir un excellent facteur de réussite, un bon stimulant formateur. Mais le système éducatif est tel que l’apprentissage démarre très tôt. De leur côté, les notions devant être apprises s’amplifient de plus en plus. Sans compter le fait que l’anxiété sociale accroît chez les parents la valeur de la réussite scolaire, le volume des atouts et des notions à acquérir au mépris de la vraie personnalité de l’enfant. Sans oublier le rôle de l’entourage, des médias, de la publicité et d’autres facteurs générateurs de confusion, de perplexité, de crainte, bref du stress chez l’enfant perdu au milieu de tout ça... Parler de tout gentiment, calmement avec l’enfant relativise tout problème et peut l’aider à évacuer la tension. Combinée avec certaines règles d’hygiène de vie (alimentaiton, équilibre, sommeil suffisant, relaxation, distraction), cette attitude peut s’avérer efficace. Adultes Le risque de l’aide chimique Comment gérer ou vaincre le stress et la grande pression? Les seuls produits efficaces sont les tranquillisants et les bêtabloquants. Hélàs, leur emploi comporte des risques qui forcent à la prudence. Ils peuvent, en effet, créer une dépendance dont on connaît les redoutables séquelles... D’où le conseil de ne recourir jamais sans supervision et avis médicaux. Il est également déconseillé d’essayer, sous le conseil d’un camarade ou d’une amie, un tranquillisant la veille d’une épreuve redoutée (examen, confrontation, interview d’embauche). D’où le principe strict de n’avoir recours à ces produits, actifs sur le fonctionnement cérébral et l’humeur, qu’après l’avis et sous la surveillance du médecin traitant ou d’un spécialiste. Pour voir plus clair dans leurs gammes, voilà les deux classes de ces produits ainsi que leurs inconvénients. Les bétabloquants: ils agissent sur les effets corporels de la tension nerveuse: tremblements, transpiration intense, palpitations, dyspnées. En cas de troubles respiratoires (asthme en premier) ou cardiaques, ils sont totalement contre-indiqués. Les tranquillisants (ou anxiolytiques) appartiennent en grande majorité à la classe des benzodiazepines; ils apaisent l’anxiété. Mais leur effet sédatif diminue l’intensité de l’alerte cérébrale. Si on conduit un véhicule ou on doit passer une épreuve ou un examen, ils ne sont pas à conseiller... Café et anxiété Le café, sans être un médicament, stimule le rendement cérébral, mais gare à l’excès... La caféine qu’il contient, au-dessus de trois tasses, peut entraîner des palpitations et intensifier l’anxiété. En cas d’angoisse très forte mieux vaut éviter le café et préférer une bonne marche à l’air pur. La maîtrise de soi, en principe, ne s’achète pas en pharmacie. Sauf bien entendu dans les cas où le recours devient inévitable. Bien entendu, après un avis médical favorable. Jamais de son propre gré ou le conseil amical de quelqu’un «qui est passé par là...». Recherche Immunité naturelle contre le sida Une équipe de recherche américaine vient d’annoncer la découverte de l’origine de l’immunité naturelle contre le sida constatée chez quelques (rares) séropositifs (2% à 5%). Ces individus, quoique infectés par le virus VIH, n’accusent aucun symptôme ou une quelconque manifestation de cette maladie. Les chercheurs ont réussi à isoler un groupe de protéines, appelées «défensines-Alpha-1, Alpha 2, Alpha 3». Celles-ci s’avèrent capables d’inhiber la multiplication du virus, empêchant ainsi la progression de l’infection chez des séropositifs qui, quoiqu’infectés, ne développent jamais le sida. La communauté scientifique, depuis 1986, est au courant du fait que certains globules blancs du système immunitaire, les lymphocytes TCD8, produisent des substances chimiques capables d’inhiber la réplication virale du sida empêchant ainsi la progression de l’infection. Mais l’identité de ces agents n’était pas connue. Aujourd’hui, l’identification de ces trois protéines, anti-VIH, pourrait conduire sur la voie de nouvelles stratégies thérapeutiques. Les plus vulnérables Tous les enfants, un jour ou l’autre, sont confrontés au stress. Dans la vie scolaire, les circonstances qui favorisent la tension nerveuse sont fréquentes. Les plus vulnérables sont les timides, les introvertis, les angoissés. Ils sont plus souvent touchés, car ils sont plus sensibles que les autres à l’opinion des enseignants, de leurs parents, de leurs camarades, sans avoir une grande confiance en eux... Leur réaction à ce traumatisme peut être physique (troubles du sommeil, maux de tête, grande fatigue persistante, tics). Mais elle peut aussi être comportementale (difficultés de concentration, de mémorisation, inaction, brusques changements d’humeur, insolence)... Avances technologiques Les nouvelles prothèses de la hanche L’équipe du Pr Jérôme Chevalier, à Lyon (France), vient de mettre au point un nouveau matériau qui triple la durée des prothèses de la hanche. Jusqu’à présent, pour la fabrication des têtes des prothèses, l’alumine et la zircone étaient utilisées, deux céramiques. L’usure des surfaces frottantes limitait la durée de l’appareil, inconvénient qui forçait à leur remplacement. Le nouveau matériau présente une excellente compatibilité avec les tissus de l’organisme et une faible usure des surfaces. Ces prothèses ne sont pas toutefois totalement libres d’inconvénients. Des cas rares, il est vrai, ont été signalés de rupture d’alumine. Quant à la zircone, une dégradation plus ou moins lente s’opère au contact des liquides organiques imposant son retrait. L’équipe du Pr Chevalier vient de mettre au point un nouveau matériau où se trouvent incorporées des microparticules de zircone enfermées dans une matrice d’alumine. Le résultat réussit une solidité et une stabilité chimique idéales. Ce qui annonce une nouvelle ère pour l’appareillage de la hanche et du genou, libre de toute marge de durée limitée et apte à toute épreuve... Les aliments-médicaments Certains végétaux, tels le tournesol, le maïs, l’avoine, contiennent des composants lipidiques naturels qui diminuent l’absorption du cholestérol dans le tube digestif: les phytostérols. Dans l’alimentation, leur apport ne dépasse pas 200 à 400 mg par jour. Pris pourtant en quantité siffisante (1 à 2g par jour), ils abaissent notablement le taux du «mauvais» cholestérol sanguin, tout en augmentant le taux du «bon»... Les margarines enrichies en phytostérols permettent d’atteindre l’apport recommandé. La consommation quotidienne de 20g à 25g de l’une de ces margarines – soit 2 g de phytostérols – permet d’abaisser de 10 à 15% le taux du cholestérol sanguin en cas d’hypercholestérolémie. Il s’agit de nouveaux «aliments-médicaments» qui complètent ou remplacent les régimes classiques.
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