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Actualités - Chronologie

Banques La Dresdner employait un détective pour localiser les fuites d'infos

Le petit village kenyan de Ngecha, berceau traditionnel d’artistes anonymes, est le refuge un peu misérable d’un groupe de peintres impressionnistes et abstraits, dont certains s’exportent, qui disent lutter contre le dédain de leurs compatriotes. W. Brush, de son nom d’artiste, secoue ses dreadlocks grisonnantes d’un air dépité. «Ils ne comprennent rien à l’art, ils ne donneraient même pas une vache pour l’un de ces tableaux», se lamente-t-il à propos d’éventuels riches mécènes kenyans qu’il désespère d’intéresser un jour. L’homme, la cinquantaine, se complait à évoquer ses heures de gloire hors de son pays, des expositions à Philadelphie et Atlanta (États-Unis) en 1983 et 1998, et en Autriche en 1994, tout en disposant fièrement ses innombrables œuvres colorées devant sa bicoque en bois et en tôle. Il assure vendre quatre à cinq toiles par an, principalement à des étrangers, pour des prix qui vont de 15 000 à 200 000 shillings kenyans (de 190 à 2 500 dollars environ). Cela le place très largement au-dessus de la moyenne de ses compatriotes, dont le revenu annuel moyen par habitant ne dépasse pas les 500 dollars. Une vie simple «Je pourrais me payer une maison mieux que celle-ci mais je ne veux pas, je veux vivre une vie simple, au sein d’une communauté de gens très pauvres», explique-t-il. Le soir, il peint à la lumière d’une lampe à paraffine, la plupart des baraques de Ngecha, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Nairobi, ne recevant ni électricité ni eau courante. Vantant sa vie de reclus à nourrir ses lapins, il en rajoute peut-être quand il se dit «internationalement connu», mais il est incontestablement une star à Ngecha, avec son look rasta au beau milieu d’humbles paysans. «Ce qu’il m’a appris n’a pas de prix et je ne pourrai jamais le lui rendre», assure Beatrice Bema, 25 ans, ancienne coiffeuse de Nairobi qui a tout laissé tomber pour devenir artiste-peintre après 15 jours de cours avec W. Brush, qu’elle contemple pleine d’admiration. Mais, comme la plupart des vingt artistes qui se sont groupés au sein de l’association de la Galerie d’art de Ngecha, créée il y a cinq ans par W. Brush et cinq autres «pionniers» – Sane Wadu, Eunice Wairamu, Chain Mohandi, Sebastian Kiarie et King Dodge –, Beatrice concède qu’elle ne parvient pas à vivre de ses peintures. Cette association, qui n’accueille que des artistes originaires de Ngecha, propose une minuscule pièce à ses membres dont les œuvres tapissent entièrement les murs, loin de la vie citadine. llluminés sans talent La dominante est un mélange parfois curieux d’impressionnisme, de semi-abstrait et abstrait, voire de cubisme, mâtiné de peinture naïve africaine. Certains sont des illuminés gouailleurs et sans grand talent mais d’autres, plus effacés au sein de cette «communauté», sortent du lot, comme Meek Gighugu, qui vit depuis un an à Paris de ses œuvres, ou comme Daniel Kinyanjui, 30 ans, qui a remporté, en 1996 avec un compère de Ngecha, un concours qui l’a propulsé dans des galeries au Danemark. «Nous sommes alliés parce que nous avions tous le même problème : les revendeurs, qui nous exploitent vraiment trop», qu’il s’agisse des galeries ou des boutiques d’artisanat, explique Francis Mbugua, le doyen de la «communauté» à 55 ans. D’une manière générale, les artistes sont mal considérés au Kenya mais cela est pire dès qu’on touche à l’art moderne, assurent les membres de l’association de Ngecha, village dont on dit qu’il a une longue tradition de musiciens, peintres et sculpteurs, mais dont la renommée n’a guère dépassé les frontières de la région. «Les Kenyans ne nous comprennent pas du tout, pas du tout», souffle W. Brush. «Je suis né artiste, j’ai reçu ce don du Créateur», dit-il en narrant son parcours du combattant : «Au début, en 1985, les premiers Kenyans qui sont venus voir mes toiles, même les jeunes, disaient que j’étais fou, que j’étais anormal».
Le petit village kenyan de Ngecha, berceau traditionnel d’artistes anonymes, est le refuge un peu misérable d’un groupe de peintres impressionnistes et abstraits, dont certains s’exportent, qui disent lutter contre le dédain de leurs compatriotes. W. Brush, de son nom d’artiste, secoue ses dreadlocks grisonnantes d’un air dépité. «Ils ne comprennent rien à l’art, ils ne donneraient même pas une vache pour l’un de ces tableaux», se lamente-t-il à propos d’éventuels riches mécènes kenyans qu’il désespère d’intéresser un jour. L’homme, la cinquantaine, se complait à évoquer ses heures de gloire hors de son pays, des expositions à Philadelphie et Atlanta (États-Unis) en 1983 et 1998, et en Autriche en 1994, tout en disposant fièrement ses innombrables œuvres colorées devant sa bicoque en bois et en...