Les deux candidats à la vice-présidence des États-Unis, le démocrate Joe Lieberman et le républicain Dick Cheney, ont mené avec courtoisie et sérieux leur unique débat télévisé de la campagne à Danville (Kentucky, centre-sud). Les deux hommes, qui ont démontré leur expérience et leur connaissance des dossiers, notamment en politique étrangère (Irak, Proche-Orient et Yougoslavie), ont évité toute attaque personnelle. Ils ont respectivement ménagé les deux candidats à la Maison-Blanche, George W. Bush et Al Gore, dont ils ont naturellement vanté les mérites. Tombant d’accord sur plusieurs sujets – crise à Belgrade, interrogations sur le mariage homosexuel, refus de la discrimination raciale par la police et de l’inégalité des sexes –, ils ont, bien sûr, exposé de claires divergences sur la fiscalité et la redistribution du surplus budgétaire, le moral des forces armées, l’avortement, les retraites ou la politique énergétique. M. Cheney, ancien secrétaire à la Défense, et M. Lieberman, sénateur du Connecticut, sont apparus plus détendus que leurs «patrons», M. Bush et Gore, qui s’étaient affrontés lors du premier des trois débats présidentiels mardi dernier en un débat sans clair vainqueur. Interrogés par Bernard Shaw (CNN), MM. Lieberman et Cheney ont débattu de questions de politique étrangère jusqu’ici largement ignorées par les deux camps. Ils se sont réjouis du soulèvement populaire en Yougoslavie et ont souhaité la fin du régime de Slobodan Milosevic. «C’est une occasion pour les États-Unis, a dit M. Cheney, de tester le président russe Vladimir Poutine, pour voir si oui ou non il soutient les forces de la liberté en Europe de l’Est (...) ou s’il représente la vieille garde soviétique». Les deux hommes ont convenu qu’il fallait empêcher l’Irak – par la force selon M. Cheney – de reconstituer son arsenal. M. Lieberman a cependant regretté que l’Administration Bush – le père de l’actuel candidat dont M. Cheney fut secrétaire à la Défense – n’ait pas renversé Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe. L’amour, ma mère et moi… Joe Lieberman, juif pratiquant, a souhaité en raison de ses «amitiés en Israël et à travers le monde arabe jouer un rôle de premier plan pour amener la paix dans cette région sacrée du monde». M. Lieberman, 58 ans, n’a pas déçu les médias dont il est le chouchou ; il a parlé d’emblée de sa mère en plaisantant : «Elle m’a dit avant le débat : mon chéri, reste positif et sache que quoi que dise ton adversaire sur toi, je t’aimerai toujours». Il a aussi vanté le rêve américain en s’exclamant : «En Amérique, si vous avez la foi, si vous travaillez dur et respectez les règles, tout est possible : moi, le fils d’un ancien livreur de boulangerie, je suis devenu candidat à la vice-présidence». Mais la relative surprise est venue de M. Cheney, 59 ans, un homme critiqué pour son manque de charisme : il s’est montré très à l’aise et souriant. Il a même réussi à ne pas perdre le seul vrai échange critique concernant son enrichissement personnel à la tête d’une compagnie pétrolière. Estimant que Dick Cheney était «plus mûr, plus sûr de lui» que le gouverneur du Texas, le politologue Stephen Wayne s’est félicité d’un débat «fin et intelligent, où il n’y a pas eu d’erreurs». Selon lui cependant, les républicains après deux débats n’ont pas réussi à convaincre l’électorat de la nécessité d’un changement «avec une économie forte, la paix dans le monde et la criminalité en baisse». M. Gore, vice-président de Bill Clinton, dispose d’une légère avance dans les sondages, mais l’élection devrait se jouer le 7 novembre dans un mouchoir de poche.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les deux candidats à la vice-présidence des États-Unis, le démocrate Joe Lieberman et le républicain Dick Cheney, ont mené avec courtoisie et sérieux leur unique débat télévisé de la campagne à Danville (Kentucky, centre-sud). Les deux hommes, qui ont démontré leur expérience et leur connaissance des dossiers, notamment en politique étrangère (Irak, Proche-Orient et Yougoslavie), ont évité toute attaque personnelle. Ils ont respectivement ménagé les deux candidats à la Maison-Blanche, George W. Bush et Al Gore, dont ils ont naturellement vanté les mérites. Tombant d’accord sur plusieurs sujets – crise à Belgrade, interrogations sur le mariage homosexuel, refus de la discrimination raciale par la police et de l’inégalité des sexes –, ils ont, bien sûr, exposé de claires divergences sur la fiscalité et...