L’ancien bâtiment de l’Université Saint-Joseph. Une aile adjacente à l’église est en pleine restauration. Les locaux de l’Université pour tous seront désormais plus vastes, capables de recevoir plus d’étudiants. En l’espace de trois ans, l’Université pour tous, avec ses cours destinés à ceux qui veulent apprendre quel que soit leur âge ou leurs diplômes, a acquis un succès certain. L’idée, une première dans les universités francophones au Moyen-Orient, est celle de Mounir Chamoun, vice-recteur à la recherche à l’Université Saint-Joseph et directeur académique de l’Université pour tous. «Le succès de l’Université pour tous traduit un besoin qui existait auprès de beaucoup de Libanais», indique-t-il. Un besoin de s’instruire, de faire passer intelligemment le temps, un besoin peut-être encore de se sentir protégé (au moins l’espace de deux heures par semaine) à l’intérieur des murs d’une institution universitaire dont les cours ne sont pas sanctionnés par des examens. N’est-ce pas le rêve des étudiants de tous les âges ? Profiter des avantages de l’enseignement en éliminant ses contraintes. Des contraintes qui se traduisent par des examens, des matières que l’on n’apprécie pas spécialement et la présence obligatoire à un cours même s’il commence à 7h30. À l’Université pour tous, les étudiants de tout âge sont nommés «des auditeurs et des auditrices». Ces dernières sont plus nombreuses que leur camarade de classe du sexe opposé. Ici, on est reçu dans un cadre agréable par Mme Viviane Moretti, directrice administrative de l’institution. C’est elle qui évalue les nouveaux venants à partir d’une petite interview. En effet, à l’Université pour tous on ne présente pas de CV. Aucun diplôme n’est requis pour suivre un ou plusieurs cours. Il suffit d’avoir plus de 20 ans et de maîtriser la langue française. Les enseignements sont sanctionnés par une attestation pour tout cours entièrement suivi. L’auditeur ou l’auditrice peut choisir ses horaires et le (ou les) cours qu’il (elle) veut suivre. À la première rentrée (en janvier 1998), l’Université pour tous a reçu 276 auditeurs pour 6 matières. Trois ans plus tard, l’année dernière donc, le nombre des auditeurs atteignait les 473 pour 11 matières proposées. Cette année, qui sera entamée le 13 novembre prochain, on prévoit 500 étudiants pour 18 matières. Pour la rentrée de l’an 2000, l’institution propose six nouveaux cours, notamment la bioéthique, la culture et la foi, le droit, le théâtre, la littérature et le dessin. Élargir l’horizon Qui sont les personnes qui fréquentent l’Université pour tous ? Tous ceux qui désirent élargir leurs horizons. L’on peut être femme au foyer, médecin, politicien, ou encore jeune étudiant ailleurs. Tous ne peuvent plus ou pas, faute de temps et de train de vie, effectuer encore une fois un véritable parcours académique. Ce sont surtout des femmes jeunes (la moyenne d’âge des étudiantes étant de 43 ans) et des personnes avancées en âge (plus de 65 ans). En janvier 1998, date de la première rentrée, un certain nombre de personnes s’était inscrit pour faire passer le temps. Comme si l’on allait au club ou au brunch. «Heureusement, les classes se sont élaguées toutes seules ; auditrices et auditeurs ont compris qu’ils ne peuvent fréquenter l’Université pour tous qu’afin de s’instruire», indique Mme Moretti. L’Université pour tous a ses fidèles. Au cours de l’année précédente par exemple, 50 % des étudiants étaient des anciens. Certains suivent le même cours durant deux années consécutives. Explications : le contenu d’une UV ayant un thème précis change à chaque rentrée. «Une différence de plus entre un enseignement universitaire classique et l’Université pour tous», relève M. Chamoun. Ainsi, chaque année un enseignant devrait préparer sur le même thème un cours différent. Il a également un autre défi à relever : intéresser tous les étudiants de sa classe. Des auditeurs d’âge, de niveau académique et de style de vie différents. Au cours des années précédentes, l’Université pour tous a compté des auditeurs célèbres, notamment Samir Frangié, Michel Samaha, Robert Frangié, l’épouse de l’ancien ambassadeur de France Daniel Jouanneau, et beaucoup d’autres encore. Quels sont les cours les plus prisés ? La psychologie donnée par Mounir Chamoun a rassemblé l’année dernière 110 auditeurs, suivie du cours d’histoire dispensé par Raoul Assaf avec 70 étudiants. Cette année, l’Université pour tous dispense 18 cours intitulés notamment, musique, santé – hygiène – prévention, bioéthique, actualités politiques, philosophie, gemmologie – peinture – porcelaine, culture et foi, droit, architecture – architecture d’intérieur, économie, archéologie, histoire, théâtre, mystique-religion, musique littérature, psychologie-éducation et dessin. La majorité des cours est dispensée de 11 à 13 heures. Les autres, ceux qui comptent plus d’hommes, de 16 à 18 heures et de 18 à 20 heures. Les inscriptions se poursuivent jusqu’au 31 octobre au secrétariat de l’Université pour tous, rue de l’Université Saint-Joseph. Pour plus d’informations contactez le (01) 326469.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien bâtiment de l’Université Saint-Joseph. Une aile adjacente à l’église est en pleine restauration. Les locaux de l’Université pour tous seront désormais plus vastes, capables de recevoir plus d’étudiants. En l’espace de trois ans, l’Université pour tous, avec ses cours destinés à ceux qui veulent apprendre quel que soit leur âge ou leurs diplômes, a acquis un succès certain. L’idée, une première dans les universités francophones au Moyen-Orient, est celle de Mounir Chamoun, vice-recteur à la recherche à l’Université Saint-Joseph et directeur académique de l’Université pour tous. «Le succès de l’Université pour tous traduit un besoin qui existait auprès de beaucoup de Libanais», indique-t-il. Un besoin de s’instruire, de faire passer intelligemment le temps, un besoin peut-être...