L’Union européenne souhaite développer ses relations énergétiques avec la Russie sur le long terme pour diversifier ses sources d’approvisionnement en pétrole et en gaz, dont elle sera de plus en plus dépendante. Le sujet figurera en bonne place au sommet UE-Russie, à Paris le 30 octobre, a indiqué hier un porte-parole de la Commission européenne, Gilles Gantelet. Le sommet sera précédé d’une réunion des deux parties au niveau des hauts fonctionnaires, le 12 octobre à Moscou. Cet intérêt renouvelé de l’UE pour la Russie et ses ressources énergétiques intervient à un moment où les prix mondiaux du pétrole sont particulièrement élevés et suscitent de nombreuses réactions d’inquiétude dans les pays occidentaux. Un document adopté hier à Strasbourg par la Commission européenne indique que la dépendance de l’UE à l’égard des importations de pétrole va encore augmenter, de 75 % aujourd’hui à plus de 85 % en l’an 2020. L’année dernière, 43 % de l’approvisionnement pétrolier de l’UE provenaient des pays de l’Opep, dont 30 % de la région du Golfe. La Russie fournit quant à elle 16 % des importations de l’UE. Le document européen, qui sera discuté lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE les 13 et 14 octobre à Biarritz, s’interroge sur les incertitudes géopolitiques autour du processus de paix au Moyen-Orient ou la situation en Iran et en Libye, autant d’éléments qui pourraient influer, selon Bruxelles, sur l’attitude future des pays membres de l’Opep. Dans le domaine des importations de gaz, la Commission européenne prévoit que la dépendance de l’UE va également fortement augmenter, passant de 40 % en 1998 à environ 67 % en 2020. La Russie, l’Algérie et la Norvège sont les principaux fournisseurs de gaz de l’UE. La Commission européenne considère cependant que le gaz naturel, «qui peut constituer un substitut au pétrole (...), doit inciter l’UE à renforcer sa coopération avec ses deux principaux fournisseurs, la Russie et l’Algérie, par la voie d’un soutien tant pour l’exploitation que l’acheminement de ce combustible». «La réhabilitation des réseaux pétroliers et gaziers de l’ex-URSS, et leur optimisation en vue de désenclaver les ressources russes ainsi que celles du bassin de la mer Caspienne, devraient contribuer à terme à l’amélioration de l’approvisionnement pétrolier d’une Union européenne élargie», note le document de la Commission. L’UE a souligné d’ailleurs qu’elle «devrait continuer à porter une attention particulière» au programme technique d’aide à l’acheminement énergétique Inogate (Interstate Oil and Gas Transport to Europe), appliqué aux États riverains de la mer Caspienne. Mais cette volonté européenne de développer un «partenariat stratégique» avec la Russie dans le domaine énergétique porte sur le long terme. Une source européenne indiquait mardi que le projet portait sur l’échéance d’une vingtaine d’années. On en est au stade de l’ébauche. Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, avait chargé le chancelier allemand, Gerhard Schröder, de sonder la réaction des autorités russes sur leur volonté de coopération, lors d’un récent voyage à Moscou.
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