Les propositions de la Fédération internationale de football (Fifa) et de l’Union européenne de football (UEFA) à la Commission européenne, désireuse d’abolir le système actuel des transferts, vont conditionner la gestion future des grands clubs, qui tirent d’énormes bénéfices des transactions sur les joueurs. Le 31 octobre, la Fifa et l’UEFA, qui ont constitué un groupe de travail présidé par le Norvégien Per Omdal, vice-président de la Fifa, doivent présenter des conclusions aux services de la commissaire européenne chargée du sport, Viviane Reding. Elle estime que le «montant des transferts actuels constitue une entrave à la libre circulation des travailleurs». Ce groupe se réunira vendredi à Zurich, au siège de la Fifa. Une motion commune pourrait être présentée. Depuis sa première séance de travail, le 13 septembre à Zurich, un accord est intervenu sur les points essentiels que constituent, entre autres, la protection des jeunes joueurs et l’encouragement à la stabilité des contrats ainsi que la demande d’une période de transition pour s’adapter au futur système. Jeudi et vendredi à Nyon (Suisse), le comité exécutif de l’UEFA sera consacré à ce thème. Libre circulation des joueurs Le 7 septembre, à Strasbourg, Mme Reding, qui notait «une réelle volonté de travailler ensemble pour aboutir dans les meilleurs délais», avait souhaité que les règles européennes de non-discrimination, libre concurrence et libre circulation «ne soient plus bafouées» et que, dans le même temps, «on tienne compte des spécificités du sport». La Fifa et l’UEFA doivent trouver un compromis satisfaisant pour l’Union européenne (UE), les puissantes ligues nationales, les clubs et les fédérations. Mais à terme, pour le président de la Fifa, le Suisse Joseph Blatter, le système des indemnités exorbitantes de tranfert est condamné. Le mode de transfert qui pourrait être retenu serait proche des contrats à durée déterminée. Ainsi, les joueurs s’affranchiraient-ils de leur employeur. Ils pourraient le quitter en s’acquittant d’une indemnité égale au montant des salaires restant à percevoir avant l’échéance légale de résiliation de leur contrat. «Personne ne parle de démanteler le système des transferts mais de l’adapter», a tenu à assurer Viviane Reding. Cette phrase a un peu rassuré les grands clubs dont le Groupement des quatorze clubs les plus puissants d’Europe (G14), qui ont été reçu le 25 septembre à Bruxelles par l’Italien Mario Monti, commissaire européen qui travaille en étroite collaboration avec Mme Reding. Apurement des comptes Mais ils ne voient pas cette perspective d’un bon œil car leurs plus fortes plus-values viennent des transactions sur les joueurs. Mais d’autres recettes, comme les droits TV et Internet, sont en pleine expansion. Lundi à Munich, les dirigeants du G14 ont arrêté six propositions visant à modifier l’actuel système des transferts, sans en révéler le contenu. «Nous voulons d’abord en discuter avec les instances directement concernées», a déclaré le vice-président du Bayern Munich, Karl-Heinz Rummenigge. Le G14 soumettra ses propositions à la Fifa, interlocutrice privilégiée de l’Union européenne via Mario Monti. Problème : ni la Fifa ni l’UEFA ne reconnaissent officiellement le G14. Enfin, la future réglementation européenne pourrait s’inspirer du modèle français de contrôle de gestion des clubs et la réforme en gestation pourrait déboucher sur un apurement des comptes des grands clubs couverts de dettes, comme le Real Madrid.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les propositions de la Fédération internationale de football (Fifa) et de l’Union européenne de football (UEFA) à la Commission européenne, désireuse d’abolir le système actuel des transferts, vont conditionner la gestion future des grands clubs, qui tirent d’énormes bénéfices des transactions sur les joueurs. Le 31 octobre, la Fifa et l’UEFA, qui ont constitué un groupe de travail présidé par le Norvégien Per Omdal, vice-président de la Fifa, doivent présenter des conclusions aux services de la commissaire européenne chargée du sport, Viviane Reding. Elle estime que le «montant des transferts actuels constitue une entrave à la libre circulation des travailleurs». Ce groupe se réunira vendredi à Zurich, au siège de la Fifa. Une motion commune pourrait être présentée. Depuis sa première séance de...