La France est montée en première ligne en accusant sans détour lundi le chef de la droite israélienne Ariel Sharon d’être responsable de l’engrenage de la violence entre Palestiniens et Israéliens. Le président français Jacques Chirac a dénoncé «une provocation irresponsable» qui a déclenché «un embrasement prévisible», en évoquant – sans citer son nom – la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées. «Je souhaite que chacun comprenne qu’on ne lutte pas contre l’émotion d’un peuple avec des blindés et qu’il faut engager un processus où la raison retrouve toute sa place», a ajouté M. Chirac critiquant également le gouvernement travailliste d’Ehud Barak, à l’issue d’un entretien à l’Élysée avec la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright. Mme Albright a qualifié la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées de «tout à fait contre-productive», tout en excluant de se rendre au Proche-Orient pour le moment. Mais de tous les responsables occidentaux, c’est le chef la diplomatie française Hubert Védrine qui a été le plus direct. Lundi matin, il a condamné «sans réserve la provocation délibérée accomplie par Ariel Sharon, pour des raisons de politique intérieure, au moment le plus sensible des négociations de paix». En désignant ainsi directement Ariel Sharon, bête noire des Palestiniens et du monde arabe, M. Védrine s’est distingué, y compris des Européens, dans ses commentaires sur la vague de violence qui a déferlé depuis jeudi en Cisjordanie et la bande de Gaza, et qui a fait 50 morts. Quelques heures plus tôt, dans une déclaration publiée à Paris, les Quinze ont affirmé que les heurts, qui ont ensanglanté Jérusalem et les territoires palestiniens, étaient le résultat d’une «provocation», sans plus de précision. « Le moteur de l’Europe » L’explosion de la violence a été déclenchée jeudi par la visite du leader de la droite israélienne, Ariel Sharon, sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, le troisième Lieu saint de l’islam. Cette visite a été perçue par les Palestiniens comme une provocation. «Ces événements montrent à quel point une provocation intervenue dans un contexte tendu peut avoir des conséquences tragiques», avait souligné dans une déclaration la présidence française de l’UE, la deuxième en 48 heures. Plus virulente, la déclaration de M. Védrine constitue un point de vue plus indépendant que celui des Quinze qui nécessite un consensus, résultat de consultations, parfois difficiles, entre les capitales. Bien que l’UE soit absente des négociations de paix israélo-palestiniennes – aujourd’hui moribondes –, la France se positionne volontiers comme le «moteur» de l’Europe sur le dossier du Proche-Orient. Les pays du nord de l’Europe, notamment, adoptent en revanche une position plus modérée sur le processus de paix. Quant à l’Espagne, elle a proposé dimanche sa médiation pour aider à surmonter la crise entre Israéliens et Palestiniens. Israël a rendu la direction palestinienne responsable de l’explosion de la violence, l’accusant de vouloir l’utiliser «à des fins politiques». Lundi, la Maison-Blanche a indiqué qu’elle «dirigerait les efforts» pour enquêter sur les causes de l’escalade de la violence, ajoutant que les États-Unis aideront à organiser une réunion, à une date non précisée, du Premier ministre israélien Ehud Barak et du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat pour ramener le calme. M. Chirac quant à lui devait s’entretenir lundi soir à Paris avec le ministre palestinien de la Coopération Nabil Chaath.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La France est montée en première ligne en accusant sans détour lundi le chef de la droite israélienne Ariel Sharon d’être responsable de l’engrenage de la violence entre Palestiniens et Israéliens. Le président français Jacques Chirac a dénoncé «une provocation irresponsable» qui a déclenché «un embrasement prévisible», en évoquant – sans citer son nom – la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées. «Je souhaite que chacun comprenne qu’on ne lutte pas contre l’émotion d’un peuple avec des blindés et qu’il faut engager un processus où la raison retrouve toute sa place», a ajouté M. Chirac critiquant également le gouvernement travailliste d’Ehud Barak, à l’issue d’un entretien à l’Élysée avec la secrétaire d’État américaine Madeleine Albright. Mme Albright a qualifié...