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Actualités - Chronologie

Indonésie L'abandon des accusations contre Suharto mine la crédibilité du gouvernement Wahid

La décision des juges indonésiens d’abandonner les accusations contre l’ex-président Suharto mine la crédibilité du gouvernement d’Abdurrahman Wahid et sa volonté affichée de lutter contre la corruption, estimaient hier des analystes. Cette décision constitue aussi un revers symbolique, notaient certains quotidiens, dans un pays où le système judiciaire est considéré comme l’un des plus corrompus d’Asie du Sud-Est. Certains analystes et des diplomates s’inquiétaient aussi des risques de nouvelles réactions violentes des réformistes, après les violentes manifestations de jeudi, alors qu’une hausse de 12 % des prix des carburants, dimanche, pourrait à son tour déclencher des troubles. La décision à l’égard de l’ex-président Suharto «pourrait détruire la campagne anticorruption du président Wahid», notait l’influent quotidien Djakarta Post dans un éditorial. Les juges ont abandonné les charges après qu’un rapport médical eut établi que Suharto, 79 ans, était inapte à être jugé. L’accusation a décidé de faire appel. «Juste ou pas, la décision a causé des dégâts irréparables à la recherche par la nation de la vérité et de la justice, de l’élimination de la corruption et, par-dessus tout, à la crédibilité et à l’image du gouvernement» de M. Wahid, estimait le journal. Pour Nasir Tamara, ancien patron de presse et membre de l’Association des intellectuels musulmans, la décision des juges est potentiellement dangereuse pour M. Wahid, élu en octobre 1999. «Cette décision a assurément déçu de nombreux réformistes, et il peut être très dangereux si elle se combine avec la hausse des prix des carburants et une détérioration de la sécurité», a-t-il expliqué. Les Indonésiens gardent en mémoire qu’une hausse des prix de l’essence avait contribué à accélérer la chute de Suharto en mai 1998. «Pour un gouvernement affaibli comme celui de M. Wahid, cette hausse va être un cap difficile à passer», note un diplomate occidental. Wahid, explique M. Tamara, va devoir prendre les problèmes, un par un, avec beaucoup de précaution et en coordination avec sa vice-présidente, Megawati Soekarnoputri, à qui il a transféré le mois dernier la gestion des affaires courantes, sous la pression du Parlement. Pour l’analyste politique Soejati Djiwandono, la décision des juges est une «grande défaite politique» pour Wahid. Pour le spécialiste des questions politiques Andi Mallarangeng, elle montre que les «forces du passé» (les partisans de Suharto) détiennent toujours le vrai pouvoir en Indonésie, une thèse qu’ont exprimé jeudi les étudiants radicaux qui manifestaient à Djakarta. M. Wahid, qui se trouve actuellement à Caracas pour le sommet de l’OPEP, est aussi sous la pression internationale. La communauté internationale a réclamé le désarmement des miliciens pro-indonésiens au Timor-Occidental, mais les opérations des forces de sécurité piétinent. M. Wahid apparaît aussi impuissant à enrayer la dégradation de la situation dans plusieurs régions, notamment dans l’archipel des Moluques et dans la province séparatiste d’Aceh. Enfin, les derniers attentats à la bombe à Djakarta ont encore un peu plus ébranlé la confiance des investisseurs étrangers, déjà inquiets des risques d’instabilité politique. Le quotidien Republika réclamait hier que le gouvernement se concentre désormais sur les «copains» et les six enfants de Suharto, qui ont amassé une fortune estimée à plusieurs milliards de dollars. «La population serait certainement en colère si tous les dossiers concernant Suharto étaient refermés», selon le journal. Les autorités veulent placer lundi en détention Tommy, le plus jeune fils de Suharto, condamné à 18 mois de prison par la Cour suprême dans une affaire de corruption. Ce serait la première fois qu’un membre de la famille Suharto irait en prison.
La décision des juges indonésiens d’abandonner les accusations contre l’ex-président Suharto mine la crédibilité du gouvernement d’Abdurrahman Wahid et sa volonté affichée de lutter contre la corruption, estimaient hier des analystes. Cette décision constitue aussi un revers symbolique, notaient certains quotidiens, dans un pays où le système judiciaire est considéré comme l’un des plus corrompus d’Asie du Sud-Est. Certains analystes et des diplomates s’inquiétaient aussi des risques de nouvelles réactions violentes des réformistes, après les violentes manifestations de jeudi, alors qu’une hausse de 12 % des prix des carburants, dimanche, pourrait à son tour déclencher des troubles. La décision à l’égard de l’ex-président Suharto «pourrait détruire la campagne anticorruption du président...