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Actualités - Chronologie

Un rituel controversé de la campagne américaine

L’ancien président George Bush les avait qualifiés de «foutaise». Pour Jimmy Carter, ce fut «l’un des défis les plus difficiles» à relever de sa vie, alors que Bill Clinton pense qu’ils ne «montrent pas vraiment» les qualités de dirigeant d’un candidat. Les débats présidentiels, dont le premier d’une série de trois cette année est programmé mardi prochain, remplissent une fonction d’information pour un électorat souvent apathique, estiment les politologues tout en relativisant leur importance quant à l’issue du duel présidentiel américain. «Je n’ai pas vraiment une haute opinion des débats... mais je pense qu’ils sont absolument essentiels dans un pays aussi désintéressé par la politique que le notre», affirme Stephen Hess, un spécialiste des présidents américains à la Brookings Institution. Après des mois de confrontation à coups de porte-parole interposés, de petites phrases et de communiqués, le démocrate Al Gore et le républicain George W. Bush vont se plier à ce rituel en espérant chacun en tirer un avantage décisif, dans leur course, pour l’instant serrée, à la Maison-Blanche. La tradition du débat à la télévision remonte au duel Nixon-Kennedy en 1960, qui avait tourné à l’avantage du second, le républicain ne s’étant pas maquillé et transpirant abondamment face à un Kennedy décontracté et sûr de lui. Compte tenu de l’expérience accumulée en 40 ans, la grande majorité des téléspectateurs ne fera que «renforcer le choix qu’ils ont déjà fait», selon Eric Davis, politologue au Middlebury College, dans le Vermont (nord-est). Mais le gouverneur du Texas et l’actuel vice-président se battront pour la frange des indécis qui feront pencher la balance le 7 novembre, tout en évitant de commettre des gaffes ou de succomber à une blague assassine. En 1992, George Bush père avait regardé sa montre pendant que son rival malheureux en 1988, Michael Dukakis, donnait une réponse rationnelle à la question de savoir s’il continuerait à être contre la peine de mort si quelqu’un violait et tuait sa femme. En 1999, lors d’un entretien sur la chaîne publique PBS, le même Bush avait qualifié d’«affreuse» son expérience des débats télévisés. «Je ne les aime pas. C’est peut-être pour ça que je la regardais (ma montre), en pensant : “plus que dix minutes de cette foutaise”». Interrogé pour savoir si les débats devaient être une partie obligée de la campagne, il avait répondu : «Non... je pense que vous devez faire ce qu’il y a de mieux pour vous faire élire, et si le mieux c’est de ne pas débattre, tant pis pour tous ceux qui en raffolent». Le président Clinton a récemment estimé que ces joutes oratoires «ne montrent pas vraiment si vous êtes un bon décideur, mais plutôt si vous pouvez comprendre une situation rapidement et y répondre». Mais, a-t-il ajouté, «il y a une substance» parce que les débats donnent aux électeurs une meilleure idée de la personnalité des candidats. En 1980, le candidat républicain Ronald Reagan avait marqué un point face au président sortant Jimmy Carter en lui lançant : «Vous n’allez pas recommencer, M. Carter», en parlant du programme de santé de son rival. Le même Jimmy Carter, se remémorant la campagne qu’il avait emportée de justesse contre un autre président sortant, Gerald Ford, en 1976, déclarait en 1989 que se trouver face au chef de l’État avait été «l’un des défis les plus difficiles» qu’il avait eu à relever dans sa vie.
L’ancien président George Bush les avait qualifiés de «foutaise». Pour Jimmy Carter, ce fut «l’un des défis les plus difficiles» à relever de sa vie, alors que Bill Clinton pense qu’ils ne «montrent pas vraiment» les qualités de dirigeant d’un candidat. Les débats présidentiels, dont le premier d’une série de trois cette année est programmé mardi prochain, remplissent une fonction d’information pour un électorat souvent apathique, estiment les politologues tout en relativisant leur importance quant à l’issue du duel présidentiel américain. «Je n’ai pas vraiment une haute opinion des débats... mais je pense qu’ils sont absolument essentiels dans un pays aussi désintéressé par la politique que le notre», affirme Stephen Hess, un spécialiste des présidents américains à la Brookings...