La Russie a appelé hier à la levée des sanctions contre la Yougoslavie «quel que soit le vainqueur» de la présidentielle de dimanche qui s’est déroulée, selon elle, dans de bonnes conditions, une position qui tranche avec celle des Occidentaux. «Nous considérons que, qui que soit celui qui deviendra le président légitimement élu de la Yougoslavie, il est indispensable de sortir sans délai le pays de son isolement international et de lever les sanctions imposées par les pays occidentaux», a indiqué un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Le premier tour de l’élection présidentielle en Yougoslavie «a témoigné d’un important potentiel démocratique dans la société yougoslave» et il convient maintenant «de préserver la paix sociale et la stabilité du pays et de voir toutes les forces politiques s’abstenir d’actes pouvant mener à une confrontation», a ajouté le ministère. Les élections «se sont déroulées dans l’ensemble dans une atmosphère calme, avec une forte participation des électeurs», a poursuivi le ministère en se félicitant «de la présence d’observateurs étrangers aux élections» et notamment du travail des observateurs russes «qui ont pu suivre le déroulement du scrutin dans 150 bureaux de vote». Les pays occidentaux ont dénoncé des irrégularités lors du scrutin de dimanche et ont affirmé, en l’absence de résultats officiels, que le président Slobodan Milosevic avait perdu l’élection face à son adversaire Vojislav Kostunica. Paris, comme Moscou, a appelé à la levée des sanctions, mais en la justifiant par la victoire acquise, selon les autorités françaises, de M. Kostunica. Le président communiste de la Douma (Chambre basse du Parlement) Guennadi Seleznev a pour sa part dénoncé la position occidentale. «C’est une ingérence grossière dans les affaires intérieures, du chantage, de la provocation et un appel à la foule à descendre dans les rues», a-t-il déclaré. «Si l’Ouest estime que ce sera plus facile avec le nouveau président, je pense qu’il a tort. Cette personne sera peut-être pire que Milosevic» pour les pays occidentaux, a ajouté M. Seleznev. Le député et ancien diplomate Vladimir Loukine (Iabloko, opposition libérale) a pour sa part critiqué la position officielle de Moscou. L’affirmation par le ministère des Affaires étrangères du caractère démocratique des élections yougoslaves est «pour le moins prématurée», a déclaré M. Loukine. Soulignant que «la non-divulgation des résultats fait monter la tension d’heure en heure et pousse le pays vers la désintégration et la guerre civile», il a appelé Moscou à «faire preuve d’initiative». «La Russie pourrait jouer un rôle d’intermédiaire pour susciter un dialogue entre les deux parties, servir de garant à l’analyse objective des résultats électoraux et fournir si nécessaire des garanties de sécurité» à M. Milosevic dans le cas où il devrait abandonner le pouvoir, a-t-il déclaré. Les observateurs à Moscou ont souligné que Moscou s’était gardé de trancher mardi sur la situation en Yougoslavie. «La Russie est placée devant un choix difficile, elle ne peut pas soutenir le président yougoslave, et se compromettre dans d’éventuelles irrégularités, voire un coup de force, mais doit dans le même temps prendre ses distances avec les positions des Occidentaux», a déclaré un spécialiste des Balkans à l’Académie des sciences russe, Sergueï Romanenko.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie a appelé hier à la levée des sanctions contre la Yougoslavie «quel que soit le vainqueur» de la présidentielle de dimanche qui s’est déroulée, selon elle, dans de bonnes conditions, une position qui tranche avec celle des Occidentaux. «Nous considérons que, qui que soit celui qui deviendra le président légitimement élu de la Yougoslavie, il est indispensable de sortir sans délai le pays de son isolement international et de lever les sanctions imposées par les pays occidentaux», a indiqué un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Le premier tour de l’élection présidentielle en Yougoslavie «a témoigné d’un important potentiel démocratique dans la société yougoslave» et il convient maintenant «de préserver la paix sociale et la stabilité du pays et de voir toutes les forces...