Le judoka français David Douillet, en gagnant son deuxième titre olympique hier à Sydney, le lendemain du jour où il annonçait sa retraite des tatamis, a écrit une de ces épopées dont se régale l’olympisme. À 31 ans, Douillet est devenu le judoka le plus titré de l’histoire – avec quatre titres mondiaux et deux titres olympiques – en battant le grand favori, le Japonais Shinichi Shinohara, par yuko. Il a laissé à une longueur un autre fameux Japonais, Yasuhiro Yamashita, avec lequel il partageait jusqu’à hier la première place. Dans la catégorie lourde féminine, c’est la Chinoise Yuan Hua qui s’est imposée par décision unanime face à la Cubaine Daima Beltram. La femme la plus forte du monde est aussi chinoise. Elle a 20 ans, mesure 1,68 m et pèse 104 kg : Ding Meiyuan est devenue championne olympique d’haltérophilie dans la catégorie des plus de 75 kg dames, parachevant le grand chelem de la Chine qui a remporté quatre médailles d’or sur quatre engagées en haltérophilie féminine. Ding a battu les records du monde qui venaient d’être établis par la Polonaise Agata Wrobel, en lutte avec elle pour la médaille d’or, et terminé avec un total olympique de 300 kg, devant Wrobel et l’Américaine Cheryl Haworth, connue aux États-Unis pour sa tendance à vouloir soulever des voitures dans les parkings. Double or La piscine, habituée aux superlatifs, n’a vibré que pour un seul record du monde hier, mais elle a tenu sa promesse de suspense avec la finale du 50 m libre messieurs. Inge de Bruijn a poursuivi la démonstration de sa suprématie sur la natation féminine en explosant, en 24 sec 13, en demi-finale du 50 m libre, son propre record du monde, son troisième depuis le début des Jeux. Le partage de la médaille d’or du 50 m nage libre entre les Américains Gary Hall et Anthony Ervin, arrivés à égalité parfaite au centième près devant le Néerlandais Pieter van den Hoogenband, a un seul précédent dans l’histoire des Jeux olympiques. En 1984, à Los Angeles, deux nageuses américaines, Carrie Steinseifer et Nancy Hogshead, avaient touché le mur en même temps, en 55 sec 92, après un 100 m palpitant. Gary Hall Jr et Anthony Ervin ont réalisé exactement le même temps (21’’98), devançant le Néerlandais Pieter van den Hoogenband qui doit, cette fois, se contenter du bronze (22’’03). Le Russe Alexandre Popov, après avoir fini deuxième derrière Van den Hoogenband sur 100 m, n’a pu faire mieux que sixième (22’’24), malgré une formidable ovation du public. Surprise Les épreuves d’athlétisme ont commencé par une surprise, avec la victoire au lancer du poids du Finlandais Arsi Harju, 26 ans, dont la meilleure performance n’était avant les Jeux que de 21,04 m réussis en 1998. En finale, le Finlandais prenait l’ascendant dès ses deux premiers lancers, avec 21,20 m puis 21,29 m, soit 10 cm de moins que son jet du matin en qualifications (21,39 m) et nouveau record personnel. Cela allait suffire à lui assurer le titre car le favori, l’Américain Adam Nelson, réagissait au troisième essai mais plafonnait à 21,21 m, près d’un mètre en deçà de son record (22,12 m), et devait se satisfaire d’une médaille d’argent. La première finale de cette journée inaugurale, le 20 km marche, était revenue auparavant à Robert Korzeniowski. Le Polonais avait franchi la ligne en deuxième position, une seconde derrière le Mexicain Bernardo Segura, mais ce dernier a été disqualifié. Il a reçu trois avertissements pour marche irrégulière au cours des 20 dernières minutes de course, le dernier, fatal, survenant 4 minutes avant l’arrivée. À 14h05, Segura s’est cru champion. À 14h20, il apprenait son déclassement et Korzeniowski récupérait l’or sur le tapis vert. Parmi les nombreuses stars ayant fait leur entrée en piste hier à l’occasion de tours qualificatifs, la plupart se sont contentées de promenades de santé... à deux champions olympiques sortant près : le Canadien Donovan Bailey (100 m) et l’Américain Charles Austin (saut en hauteur). Bailey a été éliminé au 2e tour des qualifications. Et dans le concours de qualification de la hauteur, Austin n’a pu faire mieux que 2,20 m, insuffisant pour passer en finale. Les autres, les Maurice Greene, Marion Jones, Michael Johnson, Javier Sotomayor, Hailé Gebreselassie, Gabriela Szabo, Sonia O’Sullivan ou Cathy Freeman, n’ont pas eu de problème. La dernière surtout, ovationnée par les quelque 100 000 spectateurs qui ont suivi, presque jusqu’au bout, cette première journée. La Russe Irina Karavaeva est devenue la première championne olympique de trampoline, devant l’Ukrainienne Oxana Tsyhuleva et la Canadienne Karen Cockburn. Au tableau des médailles, les États-Unis conservent la tête avec 40 médailles, dont 16 en or, devant la Chine 29 (dont 13) et la France 23 (dont 9), qui a repris la troisième place à l’Australie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le judoka français David Douillet, en gagnant son deuxième titre olympique hier à Sydney, le lendemain du jour où il annonçait sa retraite des tatamis, a écrit une de ces épopées dont se régale l’olympisme. À 31 ans, Douillet est devenu le judoka le plus titré de l’histoire – avec quatre titres mondiaux et deux titres olympiques – en battant le grand favori, le Japonais Shinichi Shinohara, par yuko. Il a laissé à une longueur un autre fameux Japonais, Yasuhiro Yamashita, avec lequel il partageait jusqu’à hier la première place. Dans la catégorie lourde féminine, c’est la Chinoise Yuan Hua qui s’est imposée par décision unanime face à la Cubaine Daima Beltram. La femme la plus forte du monde est aussi chinoise. Elle a 20 ans, mesure 1,68 m et pèse 104 kg : Ding Meiyuan est devenue championne olympique...