Si la Banque centrale européenne est intervenue hier pour la première fois sur les marchés des changes, elle a néanmoins gardé le mystère sur la façon dont a été effectuée cette action concertée avec la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon (BoJ). La BCE a déclaré que cette intervention était nécessaire en raison des «préoccupations communes» aux banques centrales sur les conséquences possibles des récents mouvements du taux de change de la monnaie européenne sur l’économie mondiale. Le président de la BCE, Wim Duisenberg, avait déclaré devant le Parlement européen, le 12 septembre dernier, que la Banque centrale consulterait les principaux intervenants – les autorités japonaises et américaines – avant d’agir. La BCE a finalement obtenu plus qu’une consultation, elle a obtenu leur aide, ainsi que celle de la Bundesbank, de la Banque de France, de la Banque du Canada, du Trésor britannique et d’autres probablement. La procédure Si une intervention concertée avec les États-Unis et le Japon était considérée depuis longtemps comme l’hypothèse la plus crédible, la BCE avait – et a toujours – plusieurs options à sa disposition : – Une intervention coordonnée impliquant un nombre restreint de banques centrales et peut-être des partenaires importants hors de la zone euro. C’est probablement l’option qui a été choisie. – Une intervention des onze banques centrales de la zone euro. Cela permet à la BCE de maximiser l’impact de l’intervention en surprenant les marchés et en impliquant le plus d’intervenants possible. – Une intervention des onze banques de la zone euro, selon des calendriers et des quotas particuliers à chacune. – Une intervention de la BCE seule. Réserves communes La BCE a précisé dans son rapport de janvier qu’en cas d’intervention unilatérale ou concertée, les réserves de change utilisées seraient celles regroupées par la banque européenne. Selon la décision prise, l’intervention peut être effectuée directement par la BCE ou/et par les banques centrales nationales en son nom. Cela signifie que les banques utilisent les réserves de la BCE et informent leurs partenaires sur les marchés que l’opération a été réalisée par la BCE. La BCE a aussi souligné qu’en cas de nécessité, elle pourrait financer son intervention par d’autres moyens, tels que des échanges de devises, notamment avec d’autres banques centrales. La BCE a probablement tenu au courant les dirigeants politiques de sa décision qui a été discutée et préparée par le Conseil des gouverneurs, lors d’une conférence téléphonique par exemple. Les opérations sur les changes figurent, selon l’article 107 du traité de Maastricht, parmi «les tâches de base» de la BCE et des onze Banques centrales qui forment «l’eurosystème». Ces opérations doivent respecter l’article 111 du traité, qui autorise les ministres des Finances de l’Union européenne – l’Ecofin – à créer «sans porter préjudice à la stabilité des prix» des cadres institutionnels en ce qui concerne les relations du taux de change de l’euro par rapport aux autres devises. Ces cadres peuvent être des accords officiels décidés par l’Ecofin sur un système de taux de change pour l’euro par rapport à d’autres devises ou des «orientations générales de la politique de change» mais aucune des deux possibilités n’a été utilisée jusqu’à maintenant. Les ministres des Finances et les banquiers centraux ont décidé en 1997 que les ministres ne fixeraient pas régulièrement d’objectifs pour guider les marchés et ne chercheraient à influencer les taux de change qu’en cas de «circonstances exceptionnelles».
Si la Banque centrale européenne est intervenue hier pour la première fois sur les marchés des changes, elle a néanmoins gardé le mystère sur la façon dont a été effectuée cette action concertée avec la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon (BoJ). La BCE a déclaré que cette intervention était nécessaire en raison des «préoccupations communes» aux banques centrales sur les conséquences possibles des récents mouvements du taux de change de la monnaie européenne sur l’économie mondiale. Le président de la BCE, Wim Duisenberg, avait déclaré devant le Parlement européen, le 12 septembre dernier, que la Banque centrale consulterait les principaux intervenants – les autorités japonaises et américaines – avant d’agir. La BCE a finalement obtenu plus qu’une consultation, elle a obtenu leur...
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