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Actualités - Chronologie

Chirurgie esthétique Le bonheur à la pointe du bistouri

Si la chirurgie esthétique accomplit aujourd’hui des miracles fabuleux, ses origines se perdent dans la nuit du temps. Paraître plus beau, effacer les ravages des ans, les faux pas de la nature ou les séquelles d’un accident faisaient partie depuis toujours des préoccupations humaines. Un des papyrus découverts en Asie, datant du VIIe siècle av. J-C témoigne des miracles du chirurgien indien Suschruta qui reconstruisait le nez, à l’aide de fragments de peau prélevés sur le front. Ce spécialiste exerçait son art au profit des condamnés pour adultère punis d’avoir le nez tranché par le bourreau. Les résultats obtenus, semble-t-il, étaient ahurissants... Quelques siècles plus tard, Paul d’Egine pratiquait, à Rome, une chirurgie réductrice, réservée aux hommes affublés d’une hypertrophie des seins. Il réussissait également «l’allègement de graisses» excédentaires accumulées à d’autres parties du corps. En Orient, aux alentours du XIIIe siècle, des chirurgiens turcs pratiquaient des interventions esthétiques du même genre. Le chirurgien Charaf Eddine décrivait, en 1465, «des excisions de la peau de l’abdomen afin de débarrasser le sujet de bourrelets graisseux inesthétiques». Des chroniqueurs rapportent qu’à Byzance, des opérations étaient pratiquées «autour de l’œil pour réduire les ptôses de la peau ; résultat d’un abaissement formant une poche sous l’œil...». En Italie, peu avant la Renaissance, Gaspare Tagliacozzi de Bologna réussit des réfections du nez, en prélevant de la peau sur le bras du sujet, fixé par une attelle sur la zone nasale, procurait à volonté «un nez de patricien». Tagliacozzi rafistolait, également, avec succès, les oreilles décolées. Mais sa grande renommée et ses tentatives de plus en plus audacieuses irritèrent les autorités religieuses de l’époque qui proclamèrent ses interventions interdites par l’Église qui décréta que : «L’homme étant créé à l’image de Dieu, vouloir modifier un détail de son corps représentait une tentative de modifier l’image sacrée de Dieu», péché gravissime aux yeux de l’Église. À sa mort, Tagliacozzi a été emporté par une foule hurlante et vociférante, qui déchiqueta son corps et dispersa ses restes... Trois siècles durant, après ses événements, toute chirurgie essayant de corriger un défaut de l’apparence du corps humain fut interdite pour des raisons religieuses. Seules, vers la fin de cette période, furent tolérées les réparations de certaines blessures et quelques malformations, tel le bec-de-lièvre (une malformation bucco-labiale), étaient permises. Il a fallu attendre le milieu du XIXe siècle et l’ouvrage d’un des pionniers de la chirurgie plastique actuelle, le chirurgien Jobert Lamballe, en 1849, pour que cette branche de la médecine se libère de toute consonance sacrilège. L’ouvrage du Dr Lamballe intitulé Traité de chirurgie plastique sur les lambeaux de peau définissait toute «plastie» comme «une intervention de la main du chirurgien pour créer ou réparer d’une façon, plus ou moins parfaite, l’œuvre du Créateur». Ce qui mit fin à l’ostracisme séculaire, offrant une nouvelle interprétation. Il serait bon de rappeler, à ce propos, que Jobert de Lamballe a été le premier chirurgien français à employer, le 15 décembre 1840, l’éther pour anesthésier un malade à opérer... L’utilisation, par la suite, d’un autre anésthésiant, issu de la cocaïne, employé pour les petites opérations, a permis à la chirurgie esthétique d’entamer son formidable essor...
Si la chirurgie esthétique accomplit aujourd’hui des miracles fabuleux, ses origines se perdent dans la nuit du temps. Paraître plus beau, effacer les ravages des ans, les faux pas de la nature ou les séquelles d’un accident faisaient partie depuis toujours des préoccupations humaines. Un des papyrus découverts en Asie, datant du VIIe siècle av. J-C témoigne des miracles du chirurgien indien Suschruta qui reconstruisait le nez, à l’aide de fragments de peau prélevés sur le front. Ce spécialiste exerçait son art au profit des condamnés pour adultère punis d’avoir le nez tranché par le bourreau. Les résultats obtenus, semble-t-il, étaient ahurissants... Quelques siècles plus tard, Paul d’Egine pratiquait, à Rome, une chirurgie réductrice, réservée aux hommes affublés d’une hypertrophie des seins. Il...