Trente années durant, Kenzo peaufinait son style : original mais sans excès, pratique, confortable et différent, il savait être en avance sur le temps sans effaroucher les classiques. Une poignée de fantaisie, de la rigueur technique, une liberté bien maîtrisée de la modernité mais sans fracas ni scandale. Trente ans d’évolution au service d’une image reconnaissable au premier regard... Imprimés, fleuris, mélanges insolites, heurts sans choc. Technique et fantaisie, confort et humour, brève liberté de création sans coups de poing et hautes flammes. Aujourd’hui, à sa place, après le départ du créateur, officie Gilles Rosier sans casser les miroirs ni renier le maître. Il reste fidèle à l’esprit de la griffe «en dosant» comme il l’a annoncé dès sa prise en charge «les audaces»... Si Kenzo, armé de ce large sourire d’enfant facétieux, pouvait se permettre des coups de pied dans la fourmilière, Gilles Rosier, désigné par Kenzo lui-même avant son départ, prendra son temps avant de lancer son grand feu d’artifice. Déjà, il annonce le désir d’une audace qui bouscule les étiquettes. Une agressivité qui fait partie de l’époque sans être étrangère à Kenzo. Une enfance voyageuse Fils d’un ingénieur au service d’une compagnie pétrolière, Gilles Rosier (38 ans), après une enfance en Afrique et des études poussées en économie, il pourra enfin suivre sa vocation et s’inscrire à l’École de la chambre syndicale de la couture, à Paris... Sa carrière commence en 1982, chez Pierre Balmain, où il est l’assistant de Peggy Huynh, puis chez Christian Dior aux côtés de Marc Bohan. À partir de 1987, c’est avec Jean-Paul Gaultier qu’il va collaborer jusqu’à 1992 en dirigeant le studio de la boîte. Années décisives dans sa carrière, auprès d’un maître qui fera naître chez lui de nouvelles ambitions... Il créera sa propre ligne «GR 816» qui, quelques saisons plus tard, deviendra «Gilles Rosier» qui aujourd’hui compte plus d’une dizaine de collaborateurs. Trois saisons durant, Rosier réalisera, parallèlement, en free-lance, la ligne Kenzo Paris. Le succès auprès des boutiques fut tel que Gilles Rosier, au départ annoncé de Kenzo, fut choisi comme son remplaçant pour l’ensemble des lignes Kenzo-Femme : Kenzo Paris, Jungle, Jeans et Accessoires. «Pour le moment, je cours. Mais les choses vont se structurer vite. La collection est plus longue à bâtir car il s’agit d’une ligne créative, fabriquée avec des contingences industrielles. Mais c’est ce qui donne, malgré les plannings trop serrés, une force que d’autres n’en ont pas...».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Trente années durant, Kenzo peaufinait son style : original mais sans excès, pratique, confortable et différent, il savait être en avance sur le temps sans effaroucher les classiques. Une poignée de fantaisie, de la rigueur technique, une liberté bien maîtrisée de la modernité mais sans fracas ni scandale. Trente ans d’évolution au service d’une image reconnaissable au premier regard... Imprimés, fleuris, mélanges insolites, heurts sans choc. Technique et fantaisie, confort et humour, brève liberté de création sans coups de poing et hautes flammes. Aujourd’hui, à sa place, après le départ du créateur, officie Gilles Rosier sans casser les miroirs ni renier le maître. Il reste fidèle à l’esprit de la griffe «en dosant» comme il l’a annoncé dès sa prise en charge «les audaces»... Si Kenzo, armé de ce...