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Actualités - Chronologie

Pérou Craintes d'un coup d'Etat après le départ de Fujimori

Deux jours après le choc créé par l’annonce du départ programmé du président Alberto Fujimori, le Pérou s’interroge sur l’attitude de l’armée, dont les commandants font preuve du mutisme le plus total. Âgé de soixante-deux ans, au pouvoir depuis 1990, le chef de l’État a annoncé samedi soir lors d’une allocution radiotélévisée la tenue prochaine d’élections présidentielles et législatives, ajoutant qu’il ne serait pas candidat. L’annonce a eu l’effet d’une bombe, quatre mois seulement après la réélection de Fujimori dans des conditions dénoncées par l’opposition et la communauté internationale. Alejandro Toledo, qui avait contraint «El Chino» à un deuxième tour avant de se retirer du scrutin en raison de fraudes massives, a regagné dimanche le Pérou. «Il y a de grandes choses à célébrer, c’est un pas gigantesque vers la restauration de la démocratie et de la liberté», a-t-il dit à son arrivée à l’aéroport Jorge-Chavez. Il a appelé ses partisans à se rassembler lundi soir sur la Plaza San Martin, dans le centre de Lima. Alberto Fujimori a réuni au palais présidentiel ses plus proches alliés politiques, parlementaires et ministres. S’il n’a donné aucune indication sur le calendrier des échéances électorales anticipées, son allocution s’inscrit visiblement aux dérives autocratiques marquées. Mais l’annonce a également suscité des inquiétudes sur les effets du vide du pouvoir vers lequel semble se diriger le Pérou. Le Premier ministre, Federico Salas, a assuré que Fujimori était «calme» et que son cabinet «continuait, et continuerait, de travailler». Mais il a aussi déclaré que son gouvernement, qui était jusqu’à samedi soir un «bateau pris dans une tempête», était désormais un «bateau dans un ouragan». Dans un pays latino-américain comme le Pérou, théâtre d’un putsch militaire en 1968 et gouverné par une junte jusqu’en 1980, les situations de vide politique suscitent immanquablement la crainte d’un coup d’État militaire. Aussi, les regards sont-ils tournés vers les forces armées du pays qui n’ont pour l’heure rien laissé transparaître. Accord secret ? «Dieu fasse que cela ne se produise pas parce que jusqu’à présent, tout s’est déroulé sans la violence dont personne, y compris, je l’espère, les forces armées, ne veut», a déclaré l’amiral de réserve Alfonzo Panizo. L’ancien commandant en chef de la marine péruvienne, qui s’est retiré en 1990, a dit espérer que l’état-major obtempérerait et respecterait le devoir de loyauté de l’armée. L’ancien général Daniel Mora estime que «les forces armées sont dans une posture de neutralité et de soutien au président, c’est leur rôle». «Je ne pense pas qu’il y aura de putsch parce que la hiérarchie militaire commande toutes les divisions des forces armées», ajoute-t-il, tout en notant : «Mais on ne peut rien exclure». Pour certains experts de la vie politique péruvienne, la décision de Fujimori a ouvert des divisions potentiellement dangereuses. L’annonce de nouvelles élections et le départ programmé du président péruvien, rappellent-ils, sont liés au scandale Montesinos. Vladimiro Montesinos, puissant chef du service national de renseignements (SIN), est accusé, enregistrement vidéo à l’appui, d’avoir offert 15 000 dollars à un élu de l’opposition pour qu’il rejoigne le camp gouvernemental. Mais l’ancien capitaine, considéré comme celui qui a rallié l’armée derrière Fujimori, possède des relais solides dans les rangs des forces armées. C’est un intime du chef d’état-major – les deux hommes se sont engagés la même année et le second aurait largement bénéficié de l’aide du premier pour gravir les échelons de la hiérarchie militaire. Montesinos, qui avait officiellement le titre de «conseiller» de la présidence, avait même, semble-t-il, toute latitude de nommer des officiers.
Deux jours après le choc créé par l’annonce du départ programmé du président Alberto Fujimori, le Pérou s’interroge sur l’attitude de l’armée, dont les commandants font preuve du mutisme le plus total. Âgé de soixante-deux ans, au pouvoir depuis 1990, le chef de l’État a annoncé samedi soir lors d’une allocution radiotélévisée la tenue prochaine d’élections présidentielles et législatives, ajoutant qu’il ne serait pas candidat. L’annonce a eu l’effet d’une bombe, quatre mois seulement après la réélection de Fujimori dans des conditions dénoncées par l’opposition et la communauté internationale. Alejandro Toledo, qui avait contraint «El Chino» à un deuxième tour avant de se retirer du scrutin en raison de fraudes massives, a regagné dimanche le Pérou. «Il y a de grandes choses à...