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Actualités - Chronologie

Le Monténégro attend dans la crainte les élections fédérales

Le Monténégro attend les élections présidentielle, législatives et municipales de dimanche dans la crainte de voir se heurter partisans et adversaires du président yougoslave Slobodan Milosevic, candidat à sa propre succession. Les adversaires de M. Milosevic soutiennent la décision du président monténégrin réformateur Milo Djukanovic de boycotter les élections qui ont été convoquées après une réforme de la Constitution yougoslave opérée à Belgrade sans l’accord du Monténégro. «Participer à ces élections reviendrait à accepter que Milosevic puisse violer la Constitution au détriment du Monténégro», a averti M. Djukanovic. Cette Constitution, adoptée en 1992, confère au Monténégro (650 000 habitants) les mêmes droits qu’à son partenaire, la Serbie (8 millions d’habitants sans le Kosovo). Le document est resté lettre morte et le Monténégro aujourd’hui menace de faire sécession s’il continue d’être traité comme un subordonné. «Participer aux élections? Ce serait suicidaire pour le Monténégro», s’exclame l’analyste Milan Popovic. «Les élections sont une affaire privée pour M. Milosevic», renchérit Slobodan Franovic, le responsable local du Comité Helsinki pour les droits de l’homme. Si même le pouvoir changeait d’avis et appelait ses partisans à voter, «il est impossible que ces élections puissent être libres et honnêtes en l’absence d’observateurs occidentaux», ajoute-t-il. M. Djukanovic a déçu l’Opposition démocratique de Serbie (DOS) en décidant de boycotter les élections. Intransigeant, il n’en prodigue pas moins son soutien au candidat de la DOS à la présidentielle, Vojislav Kostunica, promis à la victoire, d’après divers sondages. «Une victoire de Kostunica augmenterait considérablement les chances de régler pacifiquement les problèmes entre le Monténégro et la Serbie», estime l’analyste Popovic. En revanche, l’allié politique de M. Milosevic au Monténégro le Premier ministre yougoslave Momir Bulatovic et son Parti populaire socialiste (SNP), prennent part aux élections. «Une participation massive des forces patriotiques conduites par Slobodan Milosevic prouverait que la majorité (des quelque 440 000 électeurs) approuve sa politique», souligne M. Bulatovic. Des sources indépendantes estiment que 40 % des Monténégrins sont favorables à une union avec la Serbie en dépit d’un sentiment hostile à M. Milosevic croissant parmi eux. L’histoire a voulu que Monténégrins et Serbes partagent la même langue, la même religion orthodoxe, la même culture, ce qui les rend proches les uns des autres. M. Bulatovic et ses partisans sont attachés à Belgrade et accusent M. Djukanovic de «menées séparatistes» sous l’impulsion de l’Occident. Depuis que M. Djukanovic a pris les rênes en janvier 1998, le Monténégro vit une autre vie. Le mark allemand est monnaie officielle, parallèle au dinar national malmené par les avatars économiques et les sanctions internationales. Les décisions prises à Belgrade par le gouvernement fédéral sont ignorées. Un commerce timide, mais autrefois florissant, reprend sur la côte entre le Monténégro et la Croatie, après les excuses présentées par M. Djukanovic pour les bombardements conduits contre cette ancienne république yougoslave par l’armée de l’ex-Yougoslavie. Grâce aux nombreux contacts de M. Djukanovic à l’étranger, le Monténégro jouit du soutien de l’Occident et en particulier des États-Unis. Il est exempté de la majorité des sanctions qui continuent d’affecter la Serbie. «Il est clair que nous ne pouvons supporter une nouvelle période de quatre années de politique destructrice. Nous serons obligés de suivre notre propre voie», avertit le Premier ministre monténégrin Filip Vujanovic en référence à une éventuelle victoire de M. Milosevic le 24 septembre.
Le Monténégro attend les élections présidentielle, législatives et municipales de dimanche dans la crainte de voir se heurter partisans et adversaires du président yougoslave Slobodan Milosevic, candidat à sa propre succession. Les adversaires de M. Milosevic soutiennent la décision du président monténégrin réformateur Milo Djukanovic de boycotter les élections qui ont été convoquées après une réforme de la Constitution yougoslave opérée à Belgrade sans l’accord du Monténégro. «Participer à ces élections reviendrait à accepter que Milosevic puisse violer la Constitution au détriment du Monténégro», a averti M. Djukanovic. Cette Constitution, adoptée en 1992, confère au Monténégro (650 000 habitants) les mêmes droits qu’à son partenaire, la Serbie (8 millions d’habitants sans le Kosovo). Le...