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Actualités - Chronologie

Les sociétés françaises grignotent des parts de marché

La baisse de l’euro inquiète les responsables financiers européens mais fait le bonheur des sociétés françaises qui, malgré une vive concurrence internationale, grignotent des parts de marché un peu partout dans le monde. La baisse de l’euro a un impact à la fois positif et négatif sur les résultats des sociétés européennes, soulignent les économistes. Elle permet aux entreprises exportatrices de gagner des parts de marchés hors d’Europe, mais elle renchérit les importations et le prix des matières premières, contribuant ainsi largement à une relance de l’inflation. Henri Chermont, directeur actions chez Merrill Lynch à Paris, estimait récemment que la dépréciation du dollar allait cette année gonfler de 5 % les bénéfices des sociétés de la zone euro. Les entreprises européennes réalisent 35 % de leurs résultats hors de l’Europe, selon cet expert. Mais de nombreuses entreprises françaises font nettement mieux, avec des ventes hors Europe représentant entre 40 et 65 % de leur activité. La Société Générale a récemment dressé une liste des grandes valeurs boursières françaises qui bénéficient tout particulièrement de la faiblesse de l’euro. En tête figurent Zodiac, Imerys, Carbone Lorraine, Havas Advertising, Schneider, le secteur pétrolier et parapétrolier, Sodexho, Bic, Hermès, Alcatel, Thomson Multimédia et BNP-Paribas. Zodiac (équipements aéronautiques et nautiques) réalise 54 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, Imerys (ex-Le Nickel) 53 %, Sodexho (restauration collective) 48 %, Bic (stylos bille) et Essilor (verres optiques) 45 %, Sidel (machines pour soufflage d’emballages en plastique) 40%, Péchiney (quatrième producteur mondial d’aluminium) 35 %, Carbone Lorraine (électricité) 32 %, Michelin (pneumatiques) 31 %. Les sociétés ayant une forte implantation aux États-Unis et dont l’activité colle au cycle économique sont particulièrement favorisées par la force du dollar (qui dope les comptes consolidés), mais aussi par la santé éclatante de l’économie américaine, notait la Société Générale. Les résultats de Schneider, un des leaders mondiaux de la maîtrise de l’électricité, illustrent ce double impact : l’effet change a représenté 7 % du chiffre d’affaires au premier trimestre 2000, tandis que l’activité aux États-Unis (un tiers de l’activité du groupe) progressait de 5,4 %, constatait la Société Générale. Les valeurs du luxe sont également très sensibles à l’évolution des monnaies. L’envolée du dollar a fait exploser les résultats de LVMH, qui réalise 48 % de ses ventes hors d’Europe, et d’Hermès, dont le chiffre d’affaires hors Europe atteint 54 %. Les producteurs de matières premières et les compagnies pétrolières – ainsi que les parapétrolières – bénéficient d’un impact positif supplémentaire dans la mesure où leurs coûts sont exprimés en grande partie en monnaie locale et leurs revenus en dollar. Toutefois, l’optimisme soulevé par la baisse de l’euro dans certaines sphères industrielles est exagéré, selon Marc Touati, économiste à Natexis Banques Populaires. Les exportations ne représentent que 12 % du PIB de la France, souligne-t-il. Il rappelle également le cas des entreprises peu exportatrices, qui subissent de plein fouet la hausse des matières premières, sans pouvoir compenser cet impact négatif par des ventes hors d’Europe. Les sociétés françaises réalisent globalement plus de la moitié de leurs exportations dans la zone euro et 63 %, Royaume-Uni compris, souligne Luc Normand du CCF. La compétitivité des entreprises françaises ne serait menacée que si l’euro dépassait les 1,20 dollar, selon lui. La marge est grande : mardi dernier la monnaie européenne valait 0,8665 dollar.
La baisse de l’euro inquiète les responsables financiers européens mais fait le bonheur des sociétés françaises qui, malgré une vive concurrence internationale, grignotent des parts de marché un peu partout dans le monde. La baisse de l’euro a un impact à la fois positif et négatif sur les résultats des sociétés européennes, soulignent les économistes. Elle permet aux entreprises exportatrices de gagner des parts de marchés hors d’Europe, mais elle renchérit les importations et le prix des matières premières, contribuant ainsi largement à une relance de l’inflation. Henri Chermont, directeur actions chez Merrill Lynch à Paris, estimait récemment que la dépréciation du dollar allait cette année gonfler de 5 % les bénéfices des sociétés de la zone euro. Les entreprises européennes réalisent 35 % de...