Entre graphic-design, photo et peinture son cœur balance. Hania Rayess, 24 ans, est une jeune artiste touche-à-tout. Curieuse des gens et des pays, elle aime prendre des instantanés de lieux publics grouillants de monde, immortaliser des passants, croquer des portraits éloquents ou des silhouettes… de dos. Le plus de ses images : elles laissent l’imagination vagabonder. On se demande vers quelle destination se dirigent ces gens, que se cache-t-il derrière ce regard amusé, quel visage offre cet homme en keffié, ou encore cette petite fille qui regarde une devanture ? Autant d’interrogations qui font de ces inconnus fixés sur pellicule, en pleins mouvements l’espace d’un instant, les acteurs d’une multitude de scénarios échafaudés par les spectateurs. Cette propension à capter des scènes vivantes est sans doute due à la passion de la photographe pour le théâtre. Un intérêt qui l’a poussée à entreprendre des études de Communication arts au Beirut University College. «Que je n’ai cependant pas terminées, pour me diriger vers des études de graphic-design», indique-t-elle. Une formation qu’elle poursuit actuellement, tout en travaillant dans le département marketing d’une société d’habillement, et en s’adonnant parallèlement au dessin (au fusain) et à la photo. «J’ai découvert vraiment ce domaine artistique, il y a tout juste deux ans, grâce au mois de la photo, auquel j’ai collaboré indirectement en aidant des amis qui exposaient», dit-elle. C’est là que le déclic s’est produit. Galvanisée par la découverte de «cet autre mode d’expression», elle s’envole illico suivre à Londres un cours intensif (trois mois pleins) de photographie à la célèbre St-Martin School of Design. À son retour, c’est déjà un portfolio bien garni qu’elle rapporte avec elle. Des photos de rues, de gens dans les parcs de la capitale britannique, des portraits, quelques prises de vues architecturales et une singulière série de personnages pris de dos. «J’aime les portraits de dos. Ils ont ce quelque chose de singulier, de mystérieux qui captive», souligne-elle. Peu de retouches sur ordinateur pour Hania Rayess. Peu de sophistication (même dans ses appareils), des images en extérieur «plus naturelles, plus vivantes et instantanées», et toujours du noir et blanc, «pour donner une autre dimension à la vie, qui, elle, est en couleurs», signent la facture des clichés de cette jeune photographe-graphic designer, qui aime par-dessus «jouer sur le rapport ou le contraste de l’élément graphique et humain». Un coup d’œil intéressant, un regard à suivre…
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