Les protestations en Europe contre la hausse des prix de l’essence trouvent peu d’écho dans les riches monarchies du Golfe, dont les habitants sont dispensés de taxes et où le pétrole est moins cher que l’eau. «Il est certain que l’Opep n’y est pour rien. Les cours du brut sont universels. Mais c’est plutôt le système de taxes mis en place qui fait toute la différence et fait monter les prix», lance Ahmed Saleh, en faisant le plein de sa reluisante voiture américaine dans une station de Dubaï. «Les prix à Dubaï sont bons. Il n’y a pas de taxes et il n’y en aura pas, car les Émirats arabes unis sont un pays producteur de pétrole et nous en sommes fiers», ajoute-t-il avant de lancer aux journalistes occidentaux : «Demandez plutôt des comptes à vos propres gouvernements». Les pays producteurs de pétrole du Golfe ont fait savoir mercredi qu’ils regrettaient d’apparaître comme les responsables des prix élevés du brut dénonçant les «comportements spéculatifs et ceux des compagnies pétrolières», selon le ministre français de la Coopération Charles Josselin après une rencontre Union européenne-CCG (Conseil de coopération du Golfe). Alors qu’une bonne partie de l’Europe était touchée par des mouvements de protestation contre le prix du carburant, les habitants du Golfe défendaient l’Opep et mettaient en cause les taxes élevées prélevées par les gouvernements européens. «Je viens de rentrer de vacances en Grande-Bretagne», raconte une jeune automobiliste britannique résidant à Dubaï. «J’ai été horrifiée par les prix de l’essence là-bas. Ça coûte trois fois plus cher de faire là-bas le plein d’une voiture familiale que de remplir ici le réservoir de ma 4x4, pourtant gourmande», a-t-elle affirmé. Les prix de l’essence dans tous les pays du Golfe sont très bas et le plein pour une grosse cylindrée ne dépasse pas les 15 dollars. En outre, la plupart de ces riches monarchies sont des États-providence n’imposant que très peu de taxes à leurs habitants. Aux Émirats, le litre d’essence coûte 1 dirham (0,28 USD), alors qu’au Koweït il ne dépasse pas les 65 fils (0,21 USD). En Irak, soumis à un embargo de l’Onu depuis 1990, le prix d’un litre d’essence se situe entre 20 et 50 dinars (0,01 à 0,03 USD). Une bouteille d’eau minérale (1 litre et demi) coûte entre 1 et 2 dirhams à Dubaï. Le ministre irakien du Pétrole, Amer Mohamed Rachid, a récemment affirmé que son ministère «ne fait payer que le coût du raffinage et du transport, le pétrole lui-même étant gratuit puisque c’est une richesse qui appartient au peuple». Pour sa part, le ministre koweïtien des Finances, Ahmed Abdallah al-Sabah, a rejeté toute responsabilité dans la remontée des cours. «Nous ne sommes pas à l’origine de la montée des cours», a-t-il affirmé mettant en cause «les taxes élevées imposées au carburant dans les pays consommateurs». «Lorsque les cours sont tombés à 7 dollars le baril, aucun d’entre eux ne s’est occupé de nous. Cela est-il permis pour eux et interdit pour nous ?», s’est interrogé le ministre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les protestations en Europe contre la hausse des prix de l’essence trouvent peu d’écho dans les riches monarchies du Golfe, dont les habitants sont dispensés de taxes et où le pétrole est moins cher que l’eau. «Il est certain que l’Opep n’y est pour rien. Les cours du brut sont universels. Mais c’est plutôt le système de taxes mis en place qui fait toute la différence et fait monter les prix», lance Ahmed Saleh, en faisant le plein de sa reluisante voiture américaine dans une station de Dubaï. «Les prix à Dubaï sont bons. Il n’y a pas de taxes et il n’y en aura pas, car les Émirats arabes unis sont un pays producteur de pétrole et nous en sommes fiers», ajoute-t-il avant de lancer aux journalistes occidentaux : «Demandez plutôt des comptes à vos propres gouvernements». Les pays producteurs de pétrole...