L’offre du dollar a presque disparu, hier, du marché des changes de Beyrouth, incitant la Banque du Liban (BDL) à intervenir pour satisfaire la demande qui n’a d’ailleurs pas dépassé le cadre des besoins commerciaux courants des opérateurs en cette monnaie. En procédant ainsi à la vente du billet vert à 1 514,00 LL tout en se déclarant prête à l’acheter à 1 501,00 LL, la BDL est parvenue à le maintenir jusqu’à la clôture au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis déjà un an. Mais compte tenu de l’absence d’autres contreparties à la vente du dollar en-dehors de la BDL, les établissements de crédit continuaient à le négocier pour le compte de leur clientèle au haut de la fourchette d’intervention de celle-ci, soit entre 1 513,75 et 1 514,25 LL de l’ouverture à la clôture des échanges interbancaires. Ce mouvement s’est toutefois produit dans un marché à activité très réduite, avec un volume d’affaires quotidien ne dépassant pas au total quelque cinq millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Reprise manquée de l’euro À l’étranger, l’euro s’est stabilisé finalement hier au-dessus du seuil de 0,86 dollar sur les marchés des changes internationaux, à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) et après le démenti des autorités françaises de rumeurs sur une demande de la France aux États-Unis pour soutenir la monnaie unique. Plus tôt dans la matinée, l’euro avait pourtant frôlé le seuil de 0,87 dollar en remontant à Londres jusqu’à 0,8699 dollar sur des informations citées par l’hebdomadaire allemand Focus-Money affirmant que la France, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, aurait demandé l’aide de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour mener une intervention concertée sur les marchés avec la BCE. La monnaie européenne a par la suite reculé à l’annonce d’un démenti officiel de ces rumeurs par les autorités françaises. «La présidence française dément totalement les allégations publiées par Focus-Money et s’en tient aux déclarations faites à Versailles, samedi dernier, à l’issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro», a indiqué le ministère français des Finances dans son communiqué. De plus, de l’avis unanime des professionnels, une intervention de la Fed reste peu probable dans un contexte d’élections présidentielles aux États-Unis. En outre, le marché semble hésiter à prendre le moindre risque à la veille de la réunion aujourd’hui du conseil des gouverneurs de la BCE sur les taux. Cela d’autant que la plupart des analystes tablaient hier sur un statu quo monétaire après la hausse d’un quart de point en pourcentage des taux directeurs européens intervenue le 31 août dernier. Par ailleurs, la livre sterling a effacé ses pertes de la veille face au billet vert, remontant la pente pour frôler le seuil de 1,41 dollar, après l’annonce d’un nouveau recul du chômage à 3,6 % de la population active au Royaume-Uni le mois dernier et du ralentissement de la hausse du salaire moyen à 3,9 % en glissement annuel pendant la même période. Quant à la devise nippone, elle a continué de battre en retraite après que les exportateurs japonais eurent soutenu le dollar contre elle, permettant au billet vert de casser le seuil de résistance de 107,00 yens. Cela étant, le dollar s’est montré généralement résistant face aux autres grandes monnaies, à l’exception du sterling, se négociant à New York, comme suit : – 0,8615 pour un euro contre 0,8635, la veille – 1,4085 pour un sterling contre 1,4065 – 2,2705 DM contre 2,2650 – 7,6140 FF contre 7,5965 – 1,7675 FS contre 1,7655 – 2 247,55 lires contre 2 242,35 – 107,10 yens contre 106,80. Bourse de Beyrouth : en hausse dans un marché étriqué À la Bourse de Beyrouth, la hausse des actions A de Solidere de 8,00 à 8 3/8 dollars, dans une proportion plus grande que la baisse des actions B de la même société de 8 1/8 à 7 7/8 dollars, a déterminé hier l’orientation d’un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,17 % à 66,21 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait invariablement à 141,32 points. Pour ce qui du volume d’affaires de la séance d’hier, il s’est nettement contracté avec 21 579 actions négociées d’une valeur globale de 154 978 dollars. Tendance mitigée sur les marchés américains Sur les places boursières internationales, les inquiétudes sur la performance financière des sociétés américaines ont continué à donner le ton aux marchés des valeurs mobilières aux États-Unis, mais la Bourse Nasdaq a tenté une certaine reprise après avoir cédé plus de 9 % depuis la semaine dernière. L’annonce de l’achat de la banque d’affaires américaine J.P. Morgan par la Chase Manhattan Bank a initialement donné lieu à des prises de bénéfices sur le titre de J.P. Morgan, une des 30 valeurs du Dow Jones des industrielles, qui avait progressé depuis plusieurs jours sur des rumeurs de rachat par la banque allemande Deutsche Bank. En effet, Wall Street s’est montrée plutôt déprimée par la hausse des prix du brut, qui entretient les craintes d’inflation, et les allègements de portefeuilles par les investisseurs soucieux de faire de la place pour l’important volumes d’obligations d’entreprises qui vont être adjugées dans les prochaines semaines. En revanche, les valeurs du Nasdaq semblent bénéficier de fondamentaux techniques ainsi que par les perspectives de bons résultats de sociétés de la haute technologie au troisième trimestre. Cela étant, l’indice Nasdaq s’est apprécié en s’approchant du seuil des 3 900 points, alors que l’indice Dow Jones fluctuait entre un plus haut à 11 231,01 points et un plus bas à 11 140,74 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure locale de Beyrouth, 11 159,42 points, en baisse de 73,81 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes Les marchés boursiers européens se sont maintenus dans leur orientation baissière mercredi jusqu’en fin d’après-midi, les valeurs américaines ayant de nouveau perdu du terrain dès l’ouverture, affectées par les inquiétudes sur le pétrole et les résultats des entreprises. Le nouveau repli du Nasdaq a encore une fois pesé sur les technologiques et les valeurs des télécommunications et des médias. À la clôture de la plupart des Bourses européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 affichait un repli de 16,46 points, soit 0,99 %, à 1 644,80, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, reculait de 68,56 points, soit 1,31 %, à 5 153,81. «Le climat général est de plus en plus négatif (...) il y a de nouveaux dégagements sur les télécoms et les technologiques car, dans un tel contexte, personne ne veut payer trop cher pour quoi que ce soit», a constaté un boursier parisien. «On serait tenté de croire que les marchés d’actions sont beaucoup plus souples et qu’ils pourraient s’accommoder d’une énorme poussée des prix du pétrole, mais on se souvient encore des effets du choc pétrolier du début des années 70», a dit l’analyste Kevin Gardiner. C’est le compartiment des technologiques européennes qui a le plus lourdement baissé, de 2,2 %, celui des télécoms perdant 1,8 % et celui des médias, 1,5 %. Des investisseurs craignent que les fabricants d’équipements de télécommunications ne soient amenés à proposer des accords de financement à leurs clients pour la fourniture de réseaux de la troisième génération de téléphone mobile, ce qui risque d’entamer encore leurs résultats. Dans ce domaine, les français Alcatel et France Télécom, particulièrement touchés, ont abandonné 4,72 % et 4,68 %, tandis que le suédois Ericsson reculait de 2,98 % et l’allemand Siemens, de 2,7 %. Le compartiment de l’énergie, en hausse depuis six semaines, a connu un renversement de tendance, les cours du pétrole s’étant un peu repliés à leur plus bas depuis une quinzaine de jours. Tokyo : reprise technique La Bourse a clôturé la séance de mercredi en hausse à Tokyo, où les investisseurs estiment le marché survendu et s’intéressent à l’amélioration des perspectives des technologiques, malgré le nouveau revers subi mardi par le Nasdaq. L’indice Nikkei a gagné 150,29 points à 16 190,52, soit une hausse de 0,94 %. L’indice Topix, qui regroupe toutes les valeurs de la première section, a gagné 12,11 points à 1 483,05 (+0,82 %). Le contrat de décembre sur le Nikkei a progressé de 120 points à 16 200. On comptait sur la première section 681 hausses pour 524 baisses et 196 inchangées, sur un volume de 559 millions de titres contre 495 millions mardi. C’est la première fois de la semaine que le marché nippon clôture en hausse et la deuxième fois en douze séances. Sur les 11 derniers jours, le Nikkei a régressé de 6,64 % en raison de ventes préalables à la clôture des comptes semestriels. Les analystes estiment toutefois que cette phase touche à sa fin. «Il semble que les investisseurs puissent finalement acheter au vu des fondamentaux», a commenté Takashi Miyazaki (Partners Asset Management). «Il y a eu toute une série de relèvements des prévisions de bénéfices par les sociétés pour l’exercice en cours, mais à mon avis, les investisseurs se concentrent déjà sur les perspectives de l’exercice suivant». «Nous savons que l’économie se rétablit, a déclaré par ailleurs Hidenori Karaki (Tokyo Mitsubishi Personal Securities). Les valeurs de haute technologie continueront d’être le principal moteur de la reprise japonaise, et nous assistons à de belles occasions d’achat».
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