Le fantastique hymne à l’amour et à la beauté célébré dans le dernier film de Paul Cox, Innocence, fait la démonstration qu’il n’est jamais trop tard pour savourer les bonheurs de la chair. Ce film à petit budget, truffé de métaphores philosophiques simplement et justement exprimées par un magnifique trio d’acteurs, a su séduire le public de Cannes, Sydney, Montréal, et charme à présent les critiques et le public à Toronto. «La plupart de mes films travaillent en rétrospective, mais celui-ci a eu un impact immédiat sur le public», déclare le réalisateur, âgé de 60 ans. «C’est encourageant. Ça restaure un peu ma foi dans la race humaine», ajoute-t-il, la pipe à la main. En filmant avec tendresse et sensibilité deux vieux amants qui ont passé le cap de la soixantaine, Cox réussit l’exploit d’aborder un sujet délicat, jugé tabou par notre société prude. Clare et Andreas – superbement incarnés par les acteurs Julia Blake et Charles Tingwell, des géants du cinéma australien – se retrouvent cinquante ans après leur première grande histoire d’amour et, brisant toutes les conventions, reprennent leur romance là où ils l’avaient laissée. «Chaque personne a une vie interne et une vie externe et c’est dur de vivre sans être touché. (Dans le film), la peau de Clare crie de toutes ses forces : Touchez-moi», affirme Cox. Les scènes d’amour de Clare et Andreas, alternées avec le flash-back de leur première passion, montrent une tendresse toujours intacte et évitent habilement le piège du film à l’eau de rose. « Pour mes amis » «Innocence n’est pas un film sentimental. Il l’aurait été s’il avait été fait par Hollywood», dit Cox en expliquant comment il a rejeté l’offre d’une grosse compagnie américaine qui proposait de faire jouer Paul Newman dans son film. «J’ai écrit ce film pour mes amis, en pensant décrire (la vie) des petites gens, et puis je voulais garder un contrôle complet sur le film. Je ne veux plus qu’un idiot vienne me dire quoi faire». «Cette manière de faire des films, ça tue le cinéma. Alors je leur ai dit qu’ils pourraient acheter les droits pour en faire un remake mais que je ferai mon film moi-même». Innocence critique implicitement le diktat de notre société conditionnée, dont les principes rigides sont incarnés par le personnage de John, le mari de Clare, interprété par Terry Norris – qui dans la vie est également le compagnon de Julia Blake depuis une trentaine d’années. Le film est une célébration de la vie, dont les illuminations si rares éclairent parfois notre existence, dit Cox, les yeux dans le vague. En filigrane du film figure constamment le thème de la mort, ce qui rend encore plus urgente la nécessité de vivre à plein régime. «Si on examine notre vie, on a parfois vécu vraiment quelques minutes où on comprend et on ressent notre essence d’être humain. Tout le reste, c’est des tasses de thé et des discussions futiles», dit-il en récitant par cœur quelques vers de T.S. Eliot. «Il faut conserver un degré d’innocence pour vraiment vivre sa vie pleinement. Ça ne vaut vraiment pas la peine de vivre s’il n’y a pas d’amour et de beauté. Cela semble être une formule simple mais les gens qui croient que ce n’est pas vrai sont vraiment naïfs et je voulais dire cela très fort».
Le fantastique hymne à l’amour et à la beauté célébré dans le dernier film de Paul Cox, Innocence, fait la démonstration qu’il n’est jamais trop tard pour savourer les bonheurs de la chair. Ce film à petit budget, truffé de métaphores philosophiques simplement et justement exprimées par un magnifique trio d’acteurs, a su séduire le public de Cannes, Sydney, Montréal, et charme à présent les critiques et le public à Toronto. «La plupart de mes films travaillent en rétrospective, mais celui-ci a eu un impact immédiat sur le public», déclare le réalisateur, âgé de 60 ans. «C’est encourageant. Ça restaure un peu ma foi dans la race humaine», ajoute-t-il, la pipe à la main. En filmant avec tendresse et sensibilité deux vieux amants qui ont passé le cap de la soixantaine, Cox réussit l’exploit...
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