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Actualités - Reportages

Les propriétaires prennent leur mal en patience

À louer. Si boutiques et entreprises ont commencé à s’installer au centre-ville, la grande majorité des volets restent clos et les vitrines sont encore vides, avec un simple panneau commercial, indiquant le numéro de téléphone du bureau des ventes. Car, malgré le commentaire de Solidere selon qui «personne n’a de problème pour trouver de locataires, même si, comme partout, il y a de bons et de mauvais commerciaux», l’humeur des propriétaires est beaucoup moins optimiste. L’offre excède de loin la demande, explique le représentant de l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat. «Sur nos trois immeubles, la moitié de la surface offerte à la location commerciale reste vide. Nous avons certes quelques demandes, mais les locataires ne se pressent pas à notre porte. La plupart essaient d’ailleurs de profiter de la situation pour obtenir un prix dérisoire». Le coût de l’investissement est disproportionné par rapport aux capacités d’absorption du marché, estime-t-il même s’il juge l’investissement excellent à long terme. «La question est de savoir quel horizon on vise et si on peut supporter l’attente». Un avis partagé par Youssef Chataoui. Ce chirurgien et sa famille ont acheté quatre immeubles en 1995. Cinquante millions de dollars investis dans le cœur de la capitale et «figés» depuis, dit-il. «Il faudrait louer les rez-de-chaussée à 1 000 dollars le mètre carré pour que ce soit rentable, or on est obligé de signer à 500 dollars». Au départ, Dr Chataoui tablait sur une attente de cinq ans, pour commencer à entrer dans ses fonds, mais il va devoir faire preuve de davantage de patience. «En tant que Libanais, c’est notre devoir d’investir et de patienter, mais on ne peut pas demander le même effort aux étrangers». Les difficultés des propriétaires d’immeubles n’incitent pas beaucoup d’investisseurs à entamer des projets au centre-ville, au grand dam de Solidere, dont les ventes immobilières ont représenté en 1999 moins du tiers de celles de l’année précédente. Les nouveaux chantiers, dont celui du Nahar et de L’Orient-Le Jour ou celui de la Banque Audi par exemple, sont rares. Certains en attribuent la responsabilité à Solidere qui aurait selon eux commis l’erreur de fixer l’incidence foncière à plus de 1 000 dollars le mètre carré. «1 000 dollars, plus un coût de construction de 750 dollars le mètre carré, c’est abordable pour un utilisateur final, mais pas pour un promoteur qui doit ajouter sa marge et vendre à au moins 2 500 dollars le mètre carré, ce qui est trop cher», explique un spécialiste du secteur. Critiquée depuis le début, la stratégie haut de gamme adoptée par Solidere montrerait-elle ses limites ?
À louer. Si boutiques et entreprises ont commencé à s’installer au centre-ville, la grande majorité des volets restent clos et les vitrines sont encore vides, avec un simple panneau commercial, indiquant le numéro de téléphone du bureau des ventes. Car, malgré le commentaire de Solidere selon qui «personne n’a de problème pour trouver de locataires, même si, comme partout, il y a de bons et de mauvais commerciaux», l’humeur des propriétaires est beaucoup moins optimiste. L’offre excède de loin la demande, explique le représentant de l’un d’entre eux, sous couvert d’anonymat. «Sur nos trois immeubles, la moitié de la surface offerte à la location commerciale reste vide. Nous avons certes quelques demandes, mais les locataires ne se pressent pas à notre porte. La plupart essaient d’ailleurs de profiter de...