Avec quatre titres mondiaux, les lauriers olympiques d’Atlanta et un record du monde du 400 m accroché à 43 sec 18/100, Michael Johnson entend bien montrer à Sydney qu’il reste le géant du tour de piste. Seul un «pépin» pourrait donc le priver d’un nouveau triomphe pour sa dernière sortie olympique annoncée. Les trois principaux échecs de sa carrière furent d’ailleurs provoqués par des ennuis physiques: une intoxication alimentaire le diminuait en demi-finales du 200 m des Jeux de Barcelone (1992), puis les blessures à une cuisse le foudroyaient, d’abord en 1997 lors d’un duel sur 150 m avec le Canadien Donovan Bailey, puis en juillet dernier en finale du 200 m des sélections américaines. Cette dernière l’a privé d’une nouvelle tentative de doublé 200-400 m quatre ans après Atlanta où, en l’espace d’une semaine, le Texan avait réalisé l’exploit inédit, agrémenté d’un record du monde du 200 m en 19 sec 32/100! Un chrono presque irréel pour celui qui avait déjà effacé des tablettes le vieux record de l’Italien Pietro Mennea (19’’72 en 1979) en courant en 19 sec 66/100 aux sélections nationales. Ce fils d’un camionneur et d’une institutrice de Waco devenait alors le Superman de l’athlétisme, statut qu’il consolidait l’an dernier aux Mondiaux de Séville, s’emparant enfin du record du 400 m qu’il bouclait dans l’incroyable temps de 43 sec 18/100. Au-delà de ses performances, c’est surtout son style unique qui a toujours étonné : un torse droit et rigide et des genoux qui montent à peine, loin des foulées amples de spécialistes, tel Harry Butch Reynolds qu’il a enfin dépassé dans les annales du 400 m. Une statue Son entraîneur de lycée Joel Ezar l’a décrit ainsi un jour: «Il court comme une statue, droit comme un i et ses pieds donnent l’impression de ne jamais quitter la piste». Clyde Hart, mentor de «M.J» depuis son passage à l’Université de Baylor, a expliqué par la suite que «le placement du pied est la véritable clé de la vitesse». Champion des champions, dont la bourse en réunion se négocie à 100 000 dollars et plus, Johnson est resté longtemps un athlète discret, peu enclin à la plaisanterie, ce qui lui valut le surnom de Buster Keaton. Mais l’homme est devenu plus loquace, fruit du travail de consultant avec NBC mené parallèlement à sa carrière sportive. Aux sélections américaines de Sacramento, il n’hésitait pas alors à répondre aux provocations de Maurice Greene concernant sa domination sur 200 m, s’engageant même dans les colonnes d’un quotidien américain à des pronostics et des remarques désobligeantes sur le clan HSI, celui de Greene and Co. À l’orée de ses 33 ans (le 13 septembre), Johnson tentera donc de clore sa carrière olympique avec les pépites du 400 m et du relais 4x400 m avec lequel il avait sauvé ses Jeux de 1992. Athlète le plus doré des Mondiaux (9 titres), il a prévu ensuite une ultime campagne l’an prochain avant de se consacrer à son travail de commentateur et à son rôle de nouveau père.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Avec quatre titres mondiaux, les lauriers olympiques d’Atlanta et un record du monde du 400 m accroché à 43 sec 18/100, Michael Johnson entend bien montrer à Sydney qu’il reste le géant du tour de piste. Seul un «pépin» pourrait donc le priver d’un nouveau triomphe pour sa dernière sortie olympique annoncée. Les trois principaux échecs de sa carrière furent d’ailleurs provoqués par des ennuis physiques: une intoxication alimentaire le diminuait en demi-finales du 200 m des Jeux de Barcelone (1992), puis les blessures à une cuisse le foudroyaient, d’abord en 1997 lors d’un duel sur 150 m avec le Canadien Donovan Bailey, puis en juillet dernier en finale du 200 m des sélections américaines. Cette dernière l’a privé d’une nouvelle tentative de doublé 200-400 m quatre ans après Atlanta où, en l’espace...