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Actualités - Chronologie

Les étudiants déçus, mais pas encore en guerre

Le mouvement étudiant indonésien se montre déçu par le président Abdurrahman Wahid, accusé de ne pas lutter assez contre la corruption, mais ne souhaite pas lui réserver le même sort qu’à Suharto. Des responsables étudiants ont expliqué hier qu’ils ne prévoyaient pas de manifestations de masse – comme en 1998 contre l’ex-président Suharto – lors de l’Assemblée consultative du peuple. Plusieurs milliers de policiers sont en alerte à Jakarta pour protéger la réunion de la plus importante instance législative, qui doit évaluer la politique menée depuis neuf mois par M. Wahid. Le premier président démocratiquement élu a certes réduit le rôle des militaires dans la vie politique, jugent ces étudiants. Mais il n’a pas réussi jusqu’à présent à éradiquer la corruption. «Gus Dur (le surnom de M. Wahid) ne tente pas sérieusement d’instaurer la suprématie de la loi. Il préfère une approche politique», explique Adian Napitupulu, un responsable du Forkot, un groupe radical, et «il a échoué à s’en prendre à la corruption, aux collusions et au népotisme». Le responsable de ce groupe, réputé pour ses actions violentes contre Suharto, puis son successeur, Jusuf Habibie, ne prévoit pas cette fois de lancer ses troupes contre le chef de l’État. «Nous manifesterons seulement pour demander que Suharto soit jugé immédiatement», explique-t-il. Au cours des derniers mois, les étudiants radicaux ont organisé des dizaines de manifestations, parfois émaillées de heurts avec la police, près du domicile de M. Suharto pour réclamer le jugement de l’ex-président, inculpé jeudi pour corruption. Mais ces manifestations n’ont pas été marquées par une forte mobilisation. Le relatif effacement des étudiants est aussi lié à des problèmes internes. Autrefois unis contre Suharto, les étudiants d’aujourd’hui sont divisés. Ils n’ont plus de véritable leader, et plus d’ennemi à abattre. Pour un autre responsable étudiant, Dandi Kusumartono, le succès de M. Wahid à «faire rentrer les soldats dans leurs casernes mérite les éloges». Mais l’Indonésie doit maintenant apprendre à vivre, selon lui, avec un président «faible». M. Wahid, 60 ans, presque aveugle, se déplace difficilement après avoir subi deux attaques cardiaques. Sa gestion des affaires a été vivement critiquée par ses adversaires, et parfois ses amis politiques. «C’est le prix que nous avons à payer pour l’avoir élu», soupire Dandi Kusumartono.
Le mouvement étudiant indonésien se montre déçu par le président Abdurrahman Wahid, accusé de ne pas lutter assez contre la corruption, mais ne souhaite pas lui réserver le même sort qu’à Suharto. Des responsables étudiants ont expliqué hier qu’ils ne prévoyaient pas de manifestations de masse – comme en 1998 contre l’ex-président Suharto – lors de l’Assemblée consultative du peuple. Plusieurs milliers de policiers sont en alerte à Jakarta pour protéger la réunion de la plus importante instance législative, qui doit évaluer la politique menée depuis neuf mois par M. Wahid. Le premier président démocratiquement élu a certes réduit le rôle des militaires dans la vie politique, jugent ces étudiants. Mais il n’a pas réussi jusqu’à présent à éradiquer la corruption. «Gus Dur (le surnom de M....